‹ Cours de thérapeutique, professé à la Faculté de MédecineChapitre 64 sur 148 · CORRECTIFS · texte numérisé non relu

CORRECTIFS

les chlorures de potassium, de sodium, jouissent de la propriété de se combiner avec les sels analogues de mercure, de cuivre, en déterminant des sortes de sels nouveaux, dans lesquels ils jouent le rôle de base par rapport aux autres. De cette façon, avec du chlorure de sodium, plus du protochlorure de mercure, on a un chlorhydrate de chlorure sodomercuriel. Ces sels de composition plus complexe, jouissent d’une solubilité bien plus grande que les premiers. On associe donc du chlorure de potassium aux sels des dernières sections, pour faire des injections sous-cutanées avec des solutions plus concentrées.

Mais outre ces adjuvants, il faut avoir égard aussi à la nécessité d’employer certaines substances qu’on appelle des correctifs . Il ne suffit pas d’avoir obtenu une bonne dissolution; il faut savoir que les substances actives jouissent de qualités irritantes énergiques. Les sels de mercure sont dans ce cas. Quand vous en introduisez même de faibles proportions, vous déterminez des petits phlegmons, des furoncles, et même, dans certains cas, la gangrène. De sorte que ce serait à y renoncer, si ces accidents devaient être fréquents.

On a imaginé de combiner les sels de mercure avec l’albumine. On pourrait aussi employer d’autres substances albuminoïdes, le gluten, la légumine. Pour obtenir ce résultat, on introduit le bichlorure dans une solution albumineuse. Ici se présente une particularité chimique très intéressante, parce qu’elle fait comprendre comment certaines substances sont incorporées : il se fait un albuminate de proto ou de bichlorure, suivant le sel employé, et sous cette forme, les substances métalliques ont perdu presque toute leur nocivité.

Voilà quels sont les correctifs le plus employés. A l’étran-

INJECTIONS HYPODERMIQUES

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ger, à Vienne, par exemple, on use encore beaucoup de ces injections. Elles ont quelques avantages, par conséquent, elles méritent d’être conservées.

La quinine a aussi son correctif. Il semble qu’il suffise de combiner les alcaloïdes du quinquina avec l’acide bromhydrique pour leur enlever tout caractère irritant. J’ai, en effet, commencé à employer les injections de bromhydrate de quinine, il y a quelques années, et j’ai vu de suite que ces injections ne donnaient lieu à aucune irritation. Lorsqu’il y eut de petits foyers de suppuration, ce fut toujours parce que les injections avaient été faites par des novices, qui frayaient une sorte de tunnel dans l’épaisseur du derme, ou bien parce que les injections avaient été faites dans des conditions de santé telles, que toute espèce de petite plaie devait tourner à suppuration.

C’est ce qui arrive chez les tuberculeux. Dans certains cas j’ai cru devoir leur injecter du bromhydrate de quinine pour modérer leur fièvre vespérale, et j’ai eu quelques abcès. Mais ces accidents sont rares, et je puis dire que, sur des milliers d’injections, il n’y a eu que cinq ou six cas dans lesquels j’aie vu des abcès.

Ce que l’acide bromhydrique fait pour la quinine, il le fait pour les autres alcaloïdes du quinquina. C’est ainsi que, dans ces derniers temps, j’ai beaucoup employé les injections de bromhydrate de cinchonidine, parce que certains quinquinas de Sumatra et des Indes en fournissent beaucoup.

Lorsque l’on récoll a les cinchona succirubra poussés dans ces pays, on s’aperçut qu’ils donnaient surtout de la cinchonine; les médecins du pays virent qu’on obtenait de bons résultats, et je voulus savoir si les injections seraient inotïensives. J’en fis et je constatai qu’il en était bien ainsi.

leçon.] ACIDE BROMHYDRIQUE. ' 209

J’ai en ce moment dans mon service un certain nombre de malades chez lesquels il votf£ serait impossible, par le toucher, de savoir où ont été faites les injections : on voit simplement, à leur place, quelque chose qui ressemble aune piqûre de puce.

J’ai fait également des injections de ce qu’on appelle du quinetum. On devient si pauvre en quinquina, qu’on s’est vu obligé de tout utiliser, et alors on a imaginé d’employer l’ensemble de tous les alcaloïdes fournis par les quinquinas cultivés dans les Indes orientales ; c’est là ce qu’on emploie sous le nom de quinetum.

Ces bromhydrates réunis sont tout aussi inoffensifs que ceux de cinchonine et de quinine. J’ai même été plus loin, car il faut tout utiliser, surtout depuis que pour l’armée russe décimée par le typhus et par des formes fébriles intermittentes, on accapare d’énormes quantités de sulfate de quinine.

J’ai encore employé ce qu’on appelle la quinoïdine ; c’est ce qui reste lorsque l’on a traité les écorces de quinquina de façon à en extraire toute la somme des alcaloïdes cristallisables. C’est ce quelque chose de brunâtre que j’ai injecté, et j’ai obtenu d’assez bons résultats.

Ces effets n’étaient évidemment pas comparables à ceux des alcaloïdes, comme toniques et modérateurs de la fièvre. Mais enfin, mes injections furent sans inconvénients, bien que la substance employée ne me donnât pas beaucoup de confiance, en raison de sa coloration assez foncée et du trouble qu’elle présentait, car elle n’est pas limpide.

Vous voyez que l’acide bromhydrique semble enlever, par sa combinaison, les propriétés irritantes qui avaient, pendant longtemps, fait renoncer à l’emploi de ces alcaloïdes par la méthode hypodermique.

gubler . Thérapeutique. 14

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Quels sont les titres des solutions qu’il faut employer? D’abord il faut nécessairement des solutions titrées, car si vous avez des solutions faites ad libitum , vous ne saurez jamais la valeur du moyen que vous employez. Gomment nous diriger pour le titre de ces solutions? Il faut, messieurs, vous rappeler ceci : c’est qu’il y a obligation morale et matérielle à n’employer qu’une seringuée à chaque fois ; c’est-à-dire, qu’une dose doit pouvoir être contenue dans un centimètre cube. Répéter la piqûre, c’est sur un sujet un peu pusillanime répéter la douleur. Et puis, si vous êtes obligés de faire durer le traitement, vous ne trouverez plus un coin de peau qui n’ait été traversé.

La seringue elle-même présente une capacité qui n’est pas très grande, elle ne contient qu’un gramme d’eau distillée. Il est bon que l’on sache que toutes les seringues sont calibrées de la même façon.

Pourquoi, me direz-vous, ne sont-elles pas plus grandes? parce que l’outillage de médecin est déjà trop considérable. La seringue ne contenant donc qu’un centimètre cube d’eau distillée, il faut y faire entrer une dose de médicament suffisamment active ; par exemple, 20 centigrammes de bromhydrate de quinine, 2 milligrammes d’atropine.

Quels sont les titres qui répondent à ces exigences? On peut distinguer quatre degrés de concentration des solutions qui servent en injections, et je vous prie de tenir note de ces degrés, parce qu’ils sont faciles à retenir et qu’ils répondent à peu près à toutes les exigences.

Vous avez d’abord les solutions très massives, celles d’ergotine, de bromhydrate de quinine, de cinchonidine, qui se font au 5e, parce que l’on ne peut pas aller au delà. Il est clair qu’il serait bon de pouvoir le faire, mais la

leçon.]

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