DE FUSION
ou
iLTMOSPHBRBS
BLANC DB BALEIXB
CIBB
STéARINB
80UFRB
Application à la géologie. — Les considérations qui précèdent ont une grande importance en géologie. Lorsqu'on descend de 10 mètres dans l'épaisseur de la couche terrestre, raccroissement de la pression est de 10 atmosphères. Si on descend de 1 kilomètre, Taccroissement est de 300 atmosphères, et pour 100 kilomètres de 30000 atmosphères. En extrapolant les résultats relatifs à la cire, on trouve qu'à 100 kilomètres à rintérieur de la terre, la cire ne fondrait que vers 600 degrés, c'est-à-dire au rouge.
On a des raisons de considérer la température de la masse intérieure du globe comme très élevée. On peut se demander quelles seraient les déformations d'un globe terrestre supposé liquide. Les attractions du soleil et de la lune sur les masses liquides qui sont àlasurface du globe produisent le phénomène des marées ; si le globe était liquide, toute sa masse participerait à ce phénomène. Si la plus grande partie du globe était liquide, Técorce terrestre serait soulevée par l'action de la marée intérieure. En supposant le globe soumis à ces attractions. Sir W. Thomson a calculé quelle devrait être sa rigidité
APPLlGAtlON A l'étude DE LA FUSION 189
pour qu'il pût résister à toute déformation ; il a trouvé qu'elle était supérieure à celle de Tacier. Donc, non seulement la masse terrestre n'est pas à Tétat liquide, mais le globe présente une rigidité plus grande que celle deFacier.
MODinCATlONS ALLOTROPIQUES
Expériences de MM. MaUard et Le Chatelier. — Un
corps peut changer tfe propriétés physiques sans changer d'état physique sous Tinfluence de la pression ou d'une élévation de température. MM. Mallard et Le Chatelier (i) ont étudié à ce point de vue l'iodure d'argent. A la température ordinaire ce corps se présente sous la forme de beaux cristaux jaunes biréfringents appartenant au système hexagonal. Lorsqu'on le chauffe èi 146'', il subit un changement allotropique, devient cubique et monoréfringent ; en même temps il change de couleur en passantdu jaune au rouge, et de volume en diminuant de densité. La température de 146° est pour ce corps une sorte de point de fusion ; au-dessous, on a la modification jaune, au-dessus, la modification rouge. Ce phénomène est donc comparable à celui de la fusion ; on peut se demander s'il serait possible d'abaisser la température de transformation par une variation de la pression.
Pour résoudre cette question, MM. Mallard et Le Chatelier ont enfermé de l'iodure d'argent hexagonal dans un cylindre d'acier analogue à celui de M. Mousson. Par la compression on abaisse la température de transformation jusqu'à la tem-
(t) Mallard et Li Chatelier. — Sur U dimorphisme de Viodure (f argent. {Journal de Phynque^ 2* série, t. IV, juillet 1S85, p. 305.)
pérature ordinaire ; la pression correspondante ne peul «re connue exactement, on sait seulement que cette pression est très considérable ; on l'a évaluée approiimativement à 3000 kilogrammes par centimètre c^iTi', iiii 3IJ0() almosphÊres. On ne peut voir co qui se passée l'intérieur rhi cylindre d'acier; mais on constaii' qii.' lorsqu'on a ^k-vê peu à peu In pression jusqu'à3llOO:ilmosphèrcs, SI on Rnfonce ensuite le pislonà vis, on Ti '«prouve plus aucun effort pour tourner la vis. on en conclut que la prcjftion reste conslanle.
On a même cherché à trouver la courbe qui relie les volumes et los pressions. Pour cela, devant la léte de la vis on déplace hori»ontalement un tableau noir d'une quantité proportionnelle au déplacement du piston. La variation de l'abscisse est alors la variation du volume de l'iodure. La variation de la pression élail donnée par un manomètre inscripteur qui inscrivait à chaque instant les ordonnées sur le tableau , on oblient d'abord une courbe inclinée ab, puis, quand on arrive au viiisinaffe de 3000 atmosphères, la courbe suit une ligne presque horirontale.
APPLICATION A l'ÉTUDE DE l'ALLOTROPIE 191
Le changement allotropique d'iodure jaune en iodure rouge est accompagné d'une absorption de chaleur de 6^', 8 par kilogramme.