PLAN1MÊTR1E. — ENSEMBLE DES OPÉRATIONS
Nous verrons bientôt d'après quel principe on devra se guider dans ce travail. On suivra autant que possible les principales communications, sans s'astreindre toutefois à marcher continuellement dans la voie tracée, et l'on fera les stations aussi longues que ppssible, eu égard h l’échelle.
On s’écartera peu, dans l'expression du détail, de la direction que l'on parcourt, et l’on fera en sorte d'aboutir de temps en temps à quelque point du canevas pour se vérifier.
Lorsque le pays sera découver t, on fera usage des méthodes d'intersection et de recoupement comme plus exactes et plus expéditives en ce quelles dispensent du chaînage.
Si, au contraire, le pays est couvert, on ne pourra guère employer que la méthode de cheminement.
Les parties que l'on doit arrêter avec le plus de soin, dans tous les travaux topographiques, quelle que soit l’échelle, sont :
1° Les grandes routes, grands chemins et percées de forêts;
2° Les fleuves, rivières, ruisseaux, lacs, étangs et fontaines;
3° Les rues et contours des villes et villages ;
4" Les habitations isolées, moulins, chapelles, châteaux, ponts, bacs, usines, carrières, etc.
Les grandes routes, grands chemins, etc., seront levés à la planchette autant que faire se pourra, et si parfois on y emploie la boussole, il faudra s'arrêter à chaque coude que l'on déterminera par tous les moyens possibles, chaînages, recoupements, etc.
Les deux bords d une rivière s'obtiendront en cheminant sur l'un d’eux et recoupant sur l'autre, soit des points remarquables tels que arbres, poteaux d'amarre, etc , soit des jalons que l'on y fera successivement placer. Les sinuosités entre deux stations se figureront à vue ou par des ordonnées, sur la direction principale. Les ruisseaux se détermineront comme les rivières, ou par des intersections, sur des points de leur cours assez rapprochés les uns des autres.
Pour les villes et villages, on commencera par en lever les contours avec beaucoup de soin : on amorcera en même temps les principales issues, puis on partira de l'une d'elles pour suivre les différentes rues; d’une station à l'autre, on abaissera sur le chaînage des perpendiculaires de tous les points remarquables, tant d'un côté que de l’autre, comme, angles de murs, portes cochères, etc., et l'on pénétrera ensuite dans les habitations pour figurer les massifs de maisons, cours, jardins, etc. Quand les murs
TOPOGRAPniE.
que l'on rencontrera ù l'intérieur auront quelque étendue, on en prendra les directions à la boussole.
Pour les habitations isolées : si les contours que l’on suit, en cheminant, n’y conduisent pas, et si l’on n’a pu de loin les placer par recoupement, on déterminera dans leur voisinage un point au moyen de plusieursautres, et l’on en partira pour faire le détail.
Les contours de bois se feront h la boussole, en ne s’arrêtant qu’à une station sur deux, si du moins les intermédiaires ne sont pas nécessaires au recoupement des points environnants ; ceux des forêts seront relevés avec beaucoup de précision, surtout par rapport aux amorces des routes droites dont elles sont percées; car, celles-ci se réunissant souvent à des carrefours, il n’en pourrait pas être de même de lours projections, s’il s’était glissé quelque erreur.
On représente de suite, en s'occupant de la pianimétrie, les petits accidents do terrain tels que les escarpements, ravins, carrières, mares, massifs de rochers et, en général, toutee qui se dessine à vue.
Nous terminerons en disant que la méthode la plus prompte consiste à lever avec exactitude. Si l’on tolère d’abord des erreurs assez légères, elles s’accumulent souvent et finissent par être telles que l’on ne peut plus s’y reconnaître, et, malgré soi, l’on est obligé de recommencer des parties souvent considérables. On fera donc bien do ne négliger aucune des vérifications possibles, et lorsque, malgré ces soins, quelque partie se trouvera altérée, il faudra do suite la reprendre en déterminant dans son intérieur un point au moyen de plusieurs autres dont on sera sûr.
Il est possible que l’étendue du terrain à lever ne permette pas, eu égard h l'échelle, de la représenter sur une seule feuille de papier, ou que l’on soit obligé d’en fairo le partage en feuilles, pour que le travail puisse être exécuté par plusieurs personnes à la fois. Dans ce cas, on divise lo canevas que l’on a fait à part à une échelle moindre, en plusieurs rectangles, et l’on construit chacun d’eux isolément sur une feuille do papier et à l’échelle adoptée pour la levée. Ensuite, on y reporte les points du canevas par leurs distances aux côtés du cadre. On fera en sorte que chaque feuille ait trois points au moins. On peut encore prendre pour côtés des cadres sur lesquels doivent se raccorder les levées contiguës, les droites qui unissent les clochers ou autre» objets remarquables faisant partio du canevas. Il serait superflu de reproduire ici les différents problèmes qui peuvent se présenter sur
NIVELLEMENT
!o terrain ; notre but était seulement de résumer la marche k suivre pour opérer avec méthode.