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VISION

fois que l’objet que l'on regarde n'est pas placé très-près, il s’ensuit que l’on commet presque toujours des erreurs grossières en estimant une distance, si, du reste, on n'est pas guide par une connaissance préalable des dimensions de l’objet que l’on contemple. La dégradation de lumière due à l’interposition de l’air aide aussi à apprécier l’éloignement des corps.

320. Ettimation de la grandeur. On désigne sous le nom d’angle visuel celui que sous-tend un objet quelconque et dont le sommet est dans l'œil. Cet angle fait estimer la grandeur des corps. Il est évident que, relativement à des objets également éloignés de l’observateur, il les juge doubles, triples, etc., l’un de l’autre , suivant que les angles visuels correspondants sont dans ce rapport.

On peut dire que l’angle visuel sert aussi à estimer les distances, quand il embrasse un objet de dimensions connues à l’avancc. Ainsi l’on juge de l’éloignement d'un homme, d’un cheval , etc. , par la comparaison de l’angle sous lequel on le voit, avec celui sous lequel on l’a vu en mainte autre circonstance.

331. Défauts de la vue. La distance de la vision distincte varie évidemment d’un individu à un autre, en raison de la conformation des yeux. Les presbytes, chez lesquels le cristallin est trop peu convexe, sont obligés d’éloigner de leurs yeux l'objet qu’ils veulent voir distinctement, sans quoi l’image tendrait à se former au delà de la rétine. Les yeux des myopes, au contraire, font converger trop rapidement les rayons réfractés, de sorte que, pour bien voir un corps, ils doivent l’approcher beaucoup de leurs yeux.

332. Pour obvier à ces deux inconvénients, on emploie des lentilles convexes dans le premier cas, et concaves dans le second, et alors les presbytes et les myopes voient distinctement à la dislance ordinaire de la vision distincte.

L’dge, en diminuant la convexité du cristallin, ou la densité des humeurs, et peut-être l’une et l’autre à la fois, augmente la presbytie, tandis qu'il atténue la myopie. Chez les personnes affectées de la première de ces infirmités et chez tous les hommes sans doute, une autre cause affaiblit encore très-sensiblement la vue. La rétine devient moins sensible; il faut une lumière plus intense , pour qu’elle ressente et reporte au cerveau l’impression des objets.

Les gens âgés remarquent en effet qu’ils distinguent moins bien que plus jeunes les corps qui se présentent à eux , et qu’obligés de se servir de lunettes pour lire sous l’influence d’une lumière moyenne, ils lisent encore sans avoir besoin d’en faire usage lorsque la clarté est très-vive, comme en plein soleil ou auprès d'une forte lampe.

Nous terminerons ce qui est relatif à la vue en disant que les presbytes voient mieux que d’autres les objets très-éloignés, par la raison que le foyer se rapprochant, dans ce cas, du cristallin, tend aussi à se former sur la rétine, tandis qu’il est en deçà chez les autres hommes. Quant aux myopes, il est évident que, plus ils sont éloignés d’un corps, moins ils le voient.

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