ABERRATION
Concluons en passant, quoique ce soit étranger au sujet qui nous occupe en ce moment, que le mouvement de la terre est de 292 lieues ; environ par seconde.
En comparant, pour un instant, les vitesses à des forces qui agissent constamment sur la molécule lumineuse qui arrive en T (fig. 69, planche XXIV), nous pourrons porter sur les directions ST et TT' des longueurs respectivement proportionnelles aux vitesses indiquées plus haut, et, pour trouver la résultante, nous imaginerons, appliquées en T, deux nouvelles forces de signes contraires , égales et parallèles à ST. L'une d'elles détruira celleci, et la résultante des trois se réduira à TS. Combinant ensuite cette dernière avec TT', la molécule lumineuse sera soumise à une force unique dirigée suivant TS' ; elle paraîtra donc venir à l’œil de l’observateur de S' et non de S, c’est-à-dire d’un point situé en avant de la position réelle, dans le sens du mouvement apparent de l’objet lumineux, soleil ou astre quelconque.
En considérant la terre comme un point, et en négligeant par conséquent , comme on le fait dans ce cas, sa rotation diurne, en raison du peu d’effet qu’elle produirait sur l’aberration, l’angle que forme le rayon solaire avec l'élément de l’orbite est toujours droit. Par le fait de l’aberration, il parait plus petit que l'angle TST'=20", 63. Ainsi, il se trouve également démontré que l'astre parait en arrière de sa position vraie, par rapport au mouvement réel de la terre, ou en avant si l’on considère le mouvement apparent du soleil.
Cette erreur angulaire est évidemment la même pour les étoiles et les planètes, puisque, quelle que soit leur distance à la terre, l’angle d’aben'ation est également la conséquence des deux vitesses qui sont toujours les mêmes, celles de la terre et de la lumière. En considérant l’immense éloignement des étoiles, on reconnaît que le rayon visuel, dirigé sur l’une d'entre elles, reste parallèle à lui-mème pour toutes les positions de notre planète dans son orbite.
Si, dans un cas tout particulier, l’étoile est située dans le plan de l’écliptique, elle parait, dans le cours d’une année, se mouvoir de e' en e“{fig. 60, planche XXIV), par un mouvement alternatif rectiligne : e' et e" étant symétriquement situés à 20", 263 de la véritable position e de l’étoile.
Si elle était placée au pèle de l’écliptique, la position apparente parcourrait, pendant l’année, une circonférence ayant un rayon de 20", 263 et le pèle pour centre. Puis enfin, l’étoile pa-
ASTItONOUlE.