SONDES
profondetit pour y mettre du suif. A la hase supérieure est fixé tin crochet auquel on attache la ligne, qui a ordinairement 200” de longueur. Le plomb de sonde pèse de 5 à 100 livres. Le suif est destiné à prendre l’empreinte des roches, à retenir du sable ou de la vase, etù faire ainsi connaître la nature du fond. Pour avoir sur le plan les positions du canot, on peut prendre, au moyen de la boussole à réflexion ou de celle de Burnier, les angles que forment entre eux deux ou trois objets situés sur le rivage. Les oscillations qu’éprouve ordinairement l’embarcation rendent cette méthode peu sûre.
On obtient plus de précision par les opérations simultanées fbites par deux personnes à terre, et qui, à un signal donné par celui qui opère dans la barque, dirigent chacune un rayon visuel Sur un point de mire tel qu’un drapeau. Ici encore, il est asse* difficile de saisir l'instant précis du signal, et d'ailleurs il faudrait trois observateurs pour qu’il y eût vérification.
line autre méthode, préférable encore, consiste en ce qu’un observateur soit embarqué, muni de trois instruments à réflexion, trois sextants par exemple. A l’instant où le plomb desonde prend terre, il observe, avec l’un des instruments, l’angle entre deux points connus de la côte sans s’occuper do le lire ; il observe rapidement avec un autre sextant l’angle entre l’un de ces points et un troisième également connu ; le dernier instrument est, de la même manière, employé par lui à mesurer le troisième angle que fournissent les trois points visés combinés deux à deux. C’est alors seulement que l’observateur lit les angles et construit la position au moyen des segments capables. Si, comme il peut arriver, les deux circonférences se coupaient sous un angle trèsaigu, il devrait se rappeler que la ligne qui unit les deux centres est perpendiculaire à la corde commune aux deux circonférences et la partage en deux parties égales.
Les sondes ainsi obtenues ne sont pas celles que l'on inscrit sur les cartes hydrographiques, puisque la mer variant sans cesse de hauteur, il ne peut exister d’ensemble entj-e les opérations faites à des instants différents. On les ramène à la surface de basse, mer aux équinoxes. Pour opérer cette réduction, il faut connaître de combien la mer était élevée au-dessus de ce niveau au jour et à l’heure auxquels on a sondé. On fait usage pour cela de l’échelle des marées; c’est un long madrier disposé verticalement à l’entrée des ports, sur lequel est tracé le niveau de la basse mer des équinoxes et son élévation successive de quart
lOPOGKAPUIK.
• d’heure en quart d’heure, en sorte qu’en notant l’heure précise à laquelle on a mesuré chaque sonde , on aura de suite par l’échelle la plus voisine du lieu de l’opération la quantité qu’il faut ajouter. Quand on n’est pas à portée d’une telle échelle, on en fait élever une provisoire sur le rivage ; on y trace les hauteurs de la mer de 16 en 15 minutes, on rapporte les sondes mesurées au point le plus bas de cette échelle, et plus tard, on tient compte de la différence de hauteur de ce terme de comparaison à l’échelle des marées la plus voisine. Si l’on n’a pas de goniomètre à sa disposition, on pourra encore déterminer d’une manière approchée les stations par alignement, connaissant d’avance la position de quelque point remarquable en mer , comme une pointe de roc, une balise, un fort, etc. On s’y transportera, puis on avancera vers un point déterminé do la côte, en comptant les distances entre les stations au moyen du loch.
Si l'on voulait que les sondes du littoral de la France fussent d’accord avec celles inscrites sur la nouvelle carte, c’est-à-dire rapportées au même plan général de comparaison , le niveau moyen de la mer, il faudrait se rappeler que ce niveau, constant pour chaque jour de l'année, est précisément la moyenne entre la plus grande et la plus petite élévation quotidienne, quels que soient les heures de haute et basse mer , l’établissement du port qui varie d’un lieu à un autre en raison des circonstances locales, etc.
Les sondes, dans les cours d’eau, sont de la plus grande utilité, soit pour reconnaître les gués, soit pour calculer le volume d’eau, etc. Pour bien connaître le fond d’une rivière, on pratique un nivellement longitudinal et des nivellements transversaux. Le premier se fait suivant l’axe de la rivière, c’est-à-dire suivant la ligne qui est toujours à égale distance des deux rives ; ces distances se comptent et les profils transversaux se font sur les normales à la ligne milieu.
Si AD,AC {/ig. 170) sont respectivement perpendiculaires aux deux rives, l’angle de ces droites sera le même que celui des bords de la rivière. Soit a cet angle, la normale à l’axe fera avec
chacune des lignes AB,AC, un angle Faisant donc en A un angle égal à 100 — I avec le rivage , on aura la direction du profil
transversal dont le point milieu appartiendra au profil longitudinal. Ce que nous disons pour deux rives en ligne droite s'appli-
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que également à celles qui sont curvilignes, en les décomposant en petits côtés sensiblement rectilignes.
Pour exécuter le profil transversal, on tend une corde graduée de A en B et l’on sonde à chacune de ses divisions. Afin d’éviter autant que possible l’erreur due à la flexion de la corde, on suspend de forts poids à ses extrémités ou l’on emploie un treuil, si faire se peut. On abandonne ce moyen pour l’un de ceux indiqués précédemment, si le cours d’eau est trop large.
Comme la ligne peut être entraînée par le courant et éprouver une courbure qui donne une indication trop grande, il est bon de calculer la verticale (fig. 171) au moyen de la proportion
AB : AC ad ; ae d’où ae-^^^