LEVER DES PLANS DE MINES
La topographie souterraine s'occupe de Texécution des plans, projections verticales et coupes qui concourent à la représentation graphique des travaux des mines. Cette représentation doit être aussi exacte que possible, car il importe beaucoup que l'exploitant soit constamment renseigné sur la position des travaux par rapport aux choses de la surface et notamment par rapport aux limites des concessions d*où il lui est interdit de sortir. La solution de toutes les questions techniques relatives à Texploitation repose sur la bonne tenue des plans. Les plans et coupes peuvent seuls fournir des renseignements sur certaines allures difficiles et tourmentées. Enfin, en cas d'accident, les plans sont indispensables pour organiser un sauvetage avec efficacité.
La bonne tenue des plans de mines est une nécessité à un point de vue plus général. S'il s'agit de constituer une carie minière embrassant l'ensemble d'un bassin, on peut y parvenir en juxtaposant les plans partiels, à condition que ceux-ci présentent la plus grande exactitude. Les défauts d'orientation et d'exactitude que présentent les anciens plans de mines, ont créé en Belgique, pour l'établissement d'une carte générale des mines, des difficultés qui ne peuvent être surmontées que par des opérations topographiques nouvelles retardant considérablement l'exécution de ce travail d'ensemble.
Dans le principe, on ne faisait pas de plans de mines et l'on se contentait de tracer à la surface les limites des concessions et d'y rapporter les points principaux. C'est l'invention de la
boussole qui a permis de s'orienter au fond des mines, d*où le nom de soleil du mineur^ qui lui a été donné en Allemagne.
La tenue des plans de mines est prescrite en Belgique, en vertu de Tinstruction ministérielle du 3 août 1810, comme mesure de sûreté publique. Les plans doivent être dressés par un arpenteur- juré, mais par un arrêté royal du 3 juin 1852 obtenu par Tintervention de TÂssociation des Ingénieurs sortis de rÉcole de Liège, les ingénieurs sortis des Ecoles techniques de TEtat peuvent exercer la profession d'arpenteur et ont qualité pour dresser les plans de mines.
Les plans sont vérifiés et certifiés exacts par FAdministration des mines qui peut faire dresser d'office aux frais des exploitants les plans non fournis dans le délai voulu ou les plans reconnus vicieux. (Arrêté du préfet de l'Ourthe du 3 juin 1812.)
Dans le Hainaut, le règlement provincial relatif à la police des mines du 24 juillet 1841 et les instructions de la Députation pQrmanente du 13 novembre 1841 donnent, sur la tenue des plans, des prescriptions détaillées qui n'existent pas dans la province de Liège, mais qui y sont généralement suivies.
En Allemagne, il existe une classe spéciale de géomètres de mines (Markscheider/^ indépendante des arpenteurs [Feldrmesserj. Les ingénieurs, de quelque école qu'ils sortent, n'ont pas qualité pour lever les plans de mines. Les exploitants sont donc obligés de s'adresser à un géomètre de mines pour dresser les plans. Ces travaux sont vérifiés et contrôlés par un agent spécial de TAdministration des mines (géomètre inspecteur/ spécialement chargé de ce service.
Il est à remarquer que dans l'exécution des plans des mines, on suit un principe absolument différent de celui qui prévaut pour les plans de surface. On arrive à la représentation de l'ensemble par la juxtaposition des détails, c'est-à-dire par le lever des excavations au fur et à mesure qu'elles sont creusées. C'est évidemment une cause d'erreur qui n'existe pas à la surface.
Les procédés de lever sont toutefois les mêmes, mais le choix
des méthodes est plus limité. Les appareils étaient autrefois différents, mais aujourd'hui que Ton comprend de mieux en mieux la nécessité d'avoir des galeries assez vastes, les appareils employés dans les mines diffèrent de moins en moins de ceux que Ton emploie à la surface.