BOUSSOLES
Les boussoles dont on fait usage dans les mines sont les suivantes :
1*» La boussole carrée à lunette excentrique est la plus employée en Belgique. Autrefois on se servait de trépieds très bas pour pouvoir travailler à la boussole dans des galeries de peu de hauteur.
L'opérateur devait se placer dans une position gênante et il en résultait une cause d'erreurs qui aujourd'hui est en grande partie évitée par suite de l'habitude de donner aux galeries de plus grandes sections. Quelquefois on emploie des trépieds dont l'un des pieds est de longueur variable, de manière à s'installer aisément sur la pente d'un montage.
Le réticule des boussoles de mines sera muni de fils blanchis pour les rendre plus visibles dans Tobscurité.
2» La boussole suspendue (lift. 81) est presqu'esclusivement employée en Allemagne depuis le XVII' siècle ( inventeur Baltbazar Rœssier); elle l'est également dans quelques mines de Belgique et de France. On la suspend à un cordon attachiâ aux "*■ "*■ boisages par des vis à
bois ou des clous en laiton. Les deux points d'attache étant k égale distance du sol, ce cordon se place parallèlement au sol delà gâterie, abstraction faite delà courbure qu'il prend à vertu de la pesanteur.
On fait les alignements aussi longs que possible, sans que le cordon touche les parois de ta galerie. Cependant on dépasse rarement 20"", pour éviter que la courbure ne soit trop pro-
La boussole carrée permet de faire des alignements de 40™ et plus.
II s'ensuit que les levers à la boussole suspendue sont moins rapides. La rupture du cordeau peut aussi interrompre le travail. C'est peut-être à la lenteur des opérations à la boussole suspendue qu'il faut attribuer la plus grande fréquence de l'usage du théodolite en Allemagne qu'en Belgique.
La bobssole suspendue ne permet pas l'élimination des erreurs dues à la force magnétique. On ne peut employer la méthode par coups d'avant et par coups d'arrière, parce que l'instrument ne stationne pas au sommet de l'angle, comme c'est le cas lorsqu'on emploie la boussole carrée.
0'auti*e part la boussole suspendue présente quelques avantages.
On peut la placer à une hauteur plus grande au-dessus des rails et par conséquent diminuer l'influence de ceux-ci, mais
il n'existe aucun moyen de s'en affranchir complètement. Dans les galeries très inclinées (20 à 25« de pente), il est très difficile d^employer la boussole carrée, tandis que remploi de la boussole suspendue ne présente pas de difficultés. Un autre avantage, c'est que le cordeau est dans la direction même de la ligne de foi de la boussole ; mais le lever ne se faisant pas dans l'axe de la galerie, on est obligé de mesurer les largeurs de part et d'autre du cordeau.
Les inclinaisons se prennent au moyen d'un clinomètre indépendant de la boussole et suspendu au milieu du cordeau.
Lorsque les alignements dépassent 4 à 5 mètres, on prend les inclinaisons à égales distances des extrémités. Il ne faut pas que ces inclinaisons diffèrent de plus de 2®; ce qui indiquerait que le cordeau est mal tendu. On opère deux fois en chaque point par retournement du clinomètre.
Emploi de la boussole carrée.
L'instrument est mis en station avec les mômes précautions qu'à la surface. Cette mise en station est plus longue.
L'instrument placé, l'aide prend la hauteur du milieu de l'alidade au-dessus du sol et va placer une lampe à la même hauteur à la station suivante. Si l'alignement a moins de 50", il faut tenir compte de l'excentricité de la lunette, en plaçant la lampe de telle sorte que la flamme s'écarte à droite de l'alignement d'une distance égale à l'excentricilé. On peut employer pour cela des trépieds spéciaux.
L'obscurité de la mine fait naître une petite difficulté pour viser le point lumineux, parce qu'on ne peut se guider d'après d'autres objets pour amener la flamme dans le champ de la lunette. Quand on opère avec une lunette en laiton, Ponson conseille d'abaisser celle-ci jusqu'à ce que le point lumineux vienne en éclairer toute une génératrice ; à ce moment la lunette se trouve approximativement dans le plan vertical de la lumière. En relevant la lunette, le point lumineux sera alors
dans le champ et il sera facile de Tamener au croisement des fils du réticule.
Le réticule doit pour cela être éclairé, ce qui se fait en approchant une lampe de l'objectif, de manière à envoyer dans la lunette un rayon de lumière. En Allemagne, certains instruments portent un miroir annulaire à 45 degrés, dit illuminateur et fixé devant Tobjectif.
Lorsque la visée a été faite, on laisse osciller Taiguille et on lit rincUnaison au clinomètre. On prend ensuite Tazimut. La lampe Hueseler éclaire difficilement le limbe à cause de Tombre portée par le fond du réservoir. C'est pourquoi l'on a imaginé de construire des lampes de sûreté avec réservoir d'huile annulaire dont les faces inférieure et supérieure sont en verre (lampe Bay-Thys), ou avec réservoir d'huile supérieur alimentant la mèche, comme dans les lampes qui éclairent les compartiments des wagons de chemin de fer (lampe Marka).
Le lever se fait généralement suivant Taxe des galeries, afin de ne pas avoir à prendre de largeurs.
Pour se mettre à Tabri des influences magnétiques, on opérera toujours par coup d'avant et par coup d'arrière dans les galeries à travers bancs et les voies principales. On n'opérera par simples coups d'avant que dans les tailles ou les galeries de moindre importance.
Il faut toujours chercher à lever des polygones fermés, en revenant par la galerie d'aérage et en descendant au point de départ par une voie ménagée dans les remblais. La fermeture des polygones fournit le meilleur contrôle d'un bon travail.
Dans le cas où Ton voudrait faire un lever très rapide, on pourrait opérer par coups d'avant et coups d'arrière, en sautant une station sur deux, mais cette manière d'opérer ne fournit aucun contrôle de la mesure des azimuts.
Lorsque, dans un lever total, on part du puits, on ne peut donner que le coup d'arrière sur le point initial. Il faut dans ce cas opérer avec les plus grandes précautions.
Avant et après chaque lever, on recommande de donner un coup de boussole sur une ligne d'orientation dont Tazimut par rapport au méridien vrai est connu.
Voici le modèle du carnet d'un lever de plans de mines à la boussole :
Date du levef.Valeu' de Tazimut, de la ligne d'orienta*'®"
DESCRIPTION du point