‹ Cours de topographie: lever des plans de surface et des plans de minesChapitre 40 sur 58 · THÉODOLITE · texte numérisé non relu

THÉODOLITE

Le théodolite donne des résultats plus précis, mais à condition de consacrer beaucoup plus de temps au lever; c'est un appareil délicat, qui demande un grand entretien, surtout lorsqu'on l'emploie dans l'atmosphère des mines chargée d'humidité, de fumées et de poussières. Le théodolite ne peut être remis qu'entre des mains soigneuses. Rappelons en

ùntre que ai le théodolite est plus précis, il a d'autre part Tinconvénient de laisser s'accroître les erreurs, ce qui n'arrive pas en se servant de la boussole.

Ces inconvénients sont la cause de l'emploi moins fréquent du théodolite dans les mines.

Son usage est indispensable, là où des gisements magnétiques proscrivent absolument l'emploi de la boussole. En dehors de ces cas spéciaux, on s'en sert dans quelques mines métalliques de l'Allemagne et en général dans tous les cas où il s'agit de résoudre des problèmes exigeant des solutions très précises, tels que les problèmes de percement dans lesquels une galerie ou un puits doit nécessairement aboutir à un point parfai* tement déterminé. On remploiera par exemple dans les travaux

topographiques ayant pour objet le creusement d'un puits sous stot, le percement d'une galerie ou d'un tunnel attaqué par plusieurs chantiers, etc.

L'emploi du théodolite dans les mines date de la fin du siècle dernier (en 1798 dans Ie3 mines de Carinthie); mais c'est seulement vers 1835 que son usage se généralisa en Allemagne.Vers la même époque, Combes entreprit une campagne en France en faveur du théodolite, mais sans succès décisif (*). Aujourd'hui seulement on comprend mieux la 'nécessité de réagir contre le peu d'exactitude des anciens plans de mines, en employant, au moins dans les circonstances difficiles, un appareil plus exact que la boussole.

Autrefois, à une époque où les galeries des mines avaient des sections très restreintes , on redoutait l'emploi des appareils de grandes dimensions et Ton s'ingéniait à construire des théodolites peu volumineux.

Les théodolites do mines ne diffèrent plus aujourd'hui des théodolites de petit modèle employas à la surface. C'est un

(*) Ann. des Mines, 3« série, T. IX.

progrès, car les appareils de trop petites dimensions donnent en général peu d'exactitude et il est avantageux de pouvoir se servir du même appareil au fond et à la surface.

Les théodolites employés dans les mines ont un limbe horizontal de 8 à 18 centimètres et un objectif de 18 à 30 millimètres. La lunette donne un grossissement de 12 à 30 fois.

Us sont souvent munis d'une lunette excentrique et d'une boussole dont la ligne de foi est parallèle à la ligne de foi du limbe.

Dans ce cas, on peut s'en servir pour prendre des azimuts avec l'approximation donnée par le vernier. On a même construit des théodolites qui peuvent s'assembler avec la boussole suspendue, détachée de son cercle de suspension.

La lunette est quelquefois accompagnée d'un prisme triangulaire devant Toculaire pour viser suivant des pentes assez fortes.

L'emploi du théodolite dans les mines présente peif, de particularités. L'appareil s'installe sur un trépied ou sur un support à vis pénétrant dans un boisage ou simplement sur un madrier calé entre les parois de la galerie.

On a recours à ce dernier moyen dans les galeries peu élevées ou dans les galeries planchéiées qui existent dans quelques mines métalliques et sur le sol desquelles on ne pourrait établir le trépied avec une stabilité suffisante. Pour centrer le théodolite, on trace au compas sur ce madrier, un cercle capable du triangle dont les sommets sont donnés par les trois vis calantes de l'appareil.

La mise en station doit se faire avec le plus grand soin ; cette opération est longue, et l'on ne peut éviter les pertes de temps que par une grande habitude. On vise sur des lampes posées sur trépied et centrées avec le même soin que le théodolite.

On emploie aussi en Allemagne les signaux optiques en porcelaine dépolie (voir page 201) ou, pour les théodolites à lunette

excentrique, des signaux métalliques dont une arête excentrique fortement éclairée sert de point de mire.

La mesure des angles ne se fait par répétition que quand leurs côtés ont de très grandes dimensions ; pour les petites distances, il est préférable de mesurer plusieurs fois le même angle, en vérifiant à chaque reprise rhorizontalité et la centration du théodolite. Comme vérificationi on mesurera le complément à 360^.

Pour accélérer le travail, on peut employer trois trépieds semblables servant alternativement au théodolite et aux lampes. Ces trépieds étant une fois installés au centre de station, la mise en station du théodolite est accélérée; on emploie quelquefois en Allemagne de petits supports à vis calantes qui se posent sur ces trépieds pour recevoir alternativement le théodolite et les signaux optiques dont le centre se trouve exactement à la même hauteur que la lunette du théodolite. Ces supports étant centrés et mis de niveau par un aide, l'opérateur n'a plus qu'à corriger la centration et rhorizontalité des appareils, ce qui se fait rapidement.

Voici la disposition du carnet d'un levé de plans de mines au théodolite :

Numëros

Longueurs.

Inclinaisons

Hauteurs

Largeur

des stations.

Descendantes.

Au-dessous de l'appareil.

Au-dessus

de l'appareil.

es O

Il peut se faire qu'il se présente des points inaccessibles au théodolite. Il faut alors recourir à la boussole suspendue, en

s'assurant que la dernière indication du théodolite concorde avec le premier azimut déterminé par la boussole. On continue alors en déterminant par somme ou par différence d*azimut, les angles que font entre elles les directions du cordon de suspension.

M. J. Wuillaume, mécanicien à St-Etienne, a inventé un compas d'angle, destiné à mesurer directement Tangle formé par les cordeaux à Tintersection de deux directions successives. Cet appareil se compose de deux tiges à charnière ; Tune d'elles supporte à son extrémité un limbe horizontal; Tautre est solidaire d'un axe vertical tournant au centre du limbe .et portant une aiguille qui suit tous les mouvements de la tige en restant parallèle à celle-ci.

La ligne de foi du limbe reste parallèle à Tune des tiges, tandis que Faiguille est parallèle à l'autre.

Les tiges étant respectivement suspendues aux cordeaux, on lira directement, sur le limbe, l'angle de ceux-ci réduit à rhorizon (*).

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