‹ Cours de topographie: lever des plans de surface et des plans de minesChapitre 48 sur 58 · EXÉCUTION DES PLANS DE MINES · texte numérisé non relu

EXÉCUTION DES PLANS DE MINES

Au point de vue du système de représentation, il existe deux manières de voir : ou bien l'on représente les excavations existant dans la mine, ou bien, comme le propose M. J. Van Scherpenzeel .Thim, on remplace le tracé des travaux proprement dits par celui de la projection horizontale du mur de la couche coté par rapport au niveau de la mer. Dans ce cas, les voies d'exploitation ne sont pas représentées, et l'on en remplace le tracé par celui d'une ligne abstraite, intersection du mur de la couche avec le plan de niveau de la galerie. Cette considération a l'inconvénient d'introduire une abstraction nouvelle dans le tracé des plans. C'est là un danger et il est plus intéressant, en somme, de connaître la position exacte des excavations par rapport aux choses de la surface que de connaître celle de certaines lignes actives, quelque rapprochées d'ailleurs qu'elles puissent être de t'axe des galeries.

L'avantage du système proposé, c'est que les coupes seront plus exactes. En effet, lorsrju'on se contente de représenter les

I voies, on admet généralement en traçant les coupes que l'axe de la voie au niveau du mur appartient à la couche; or celle-ci peut être assez éloignée de cet axe à ce niveau, comme dans la figure 90.

Il est clair qu'au point de vue de Texaclitude de la coupe,, il importe beaucoup de ne pas confondre les points a et h; mais on peut prévoir les cas où le mur de la couche est assez éloigné de Taxe de la galerie, au niveau considéré, pour fausser la coupe et il est facile d*en tenir note dans la colonne d'observations du carnet et du registre d'avancement.

Nous croyons préférable de représenter en plan, la galerie elle-même ou simplement son axe suivant lequel a généralement été fait le lever.

Dans le premier cas, la galerie est représentée par deux lignes parallèles ; dans le second cas, par une ligne unique.

Ce second procédé est le meilleur.

En effet, dans le premier cas^ il peut y avoir confusion lorsqu'il se présente au plan deux galeries superposées suivant à peu près la même direction. Dans les plans par couche, ces galeries sont teintées de même, ce qui augmente la confusion ; le dessin peut toutefois indiquer nettement laquelle des deux galeries est inférieure à l'autre.

Lorsque les galeries sont simplement représentées par leur axe^ il n*y a pas de confusion possible, mais pour reconnaître Tordre de superposition, il faut recourir aux cotes et au raisonnement.

Au surplus, les deux systèmes ont leurs avantages, mais nous accordons la préférence au second qui donne lieu à des dessins moins chargés.

Les indications suivantes, relatives aux conventions admises dans Texécution des plans souterrains sont en grande partie empruntées aux plans-types de M. J.Van Scherpenzeel Thim (*).

Mi7ie$ métalliques.

On figurera au plan les puits, bouxhtays et galeries. On y renseignera la nature, la direction et Tinclinaison des roches

( * ) Voir Note poar servir k rintelligence des plans-types des travaux de mines dressés par M. Van Scherpenzeel Thim. Bruxelles, 4875.

recoupées, la composition des gisements et la nature des roches encaissantes.

Pour les amas, on fera un plan coté de chaque étage d'exploitation et des coupes verticales en nombre suffisant pour faire saisir Tallure et la composition du gtte.

Pour les filons, on se contente d'un plan coté et d^une projection verticale suivant la direction générale; on aura de plus des coupes transversales à Téchelle de 1 à 100 pour montrer la composition des gisements, au moyen du système de teintes suivant :

Minerais de plomb oxydés — carmin.

Minerais de plomb sulfurés — carmin avec pointillé noir.

Minerais de zinc oxydés — jaune.

Id. id. sulfurés — jaune avec pointillé noir.

Minerais de fer oxydés — ocre.

Minerais de fer sulfurés — ocre avec pointillé noir.

Sable -* pointillé noir sans couleur.

Sable avec cailloux — pointillé avec cercles représentant les cailloux.

Terres de gîte — violet.

Quand les minerais sont mélangés, on divise la surface en losanges qui seront teintés d'après la nature du mélange proportionnellement aux éléments contenus.

Les parties exploitées sont hachurées.

Les roches encaissantes seront teintées comme suit au plan général :

Calcaire carbonifère — bleu de Prusse.

Dolomie carbonifère— bleu de Prusse, mêlé d'encre de Chine.

Schistes condrusiens — jaune.

Calcaire eifélien — violet.

Dolomie eifélienne — violet avec pointillé noir.

Eifélien quartzoschisteux supérieur — vermillon.

Eifélien quartzoschisteux inférieur -vermillon avec pointillé noir.

Terrain houiller — gris.

La texture des roches sera indiquée par des hachures ou par un pointillé.

Les plans seront accompagnés au besoin d'une légende explicative.

Charbonnages,

Plans. — Les plans indiqueront le périmètre de la concession avec la limite de Tesponte^ marquée par deux traits noirs dMnégale épaisseur. Les points-limites définis dans lacté de concession seront figurés par des carrés avec leurs diagonales.

Le périmètre de la concession sera liseré à Tintérieur en vert de chrome.

L'orifice des puits et des bouxhtays sera figuré à l'échelle : les premiers, avec une ombre intérieure ; les seconds, teintés en noir.

Les puits en réserve seront indiqués par une croix légèrement tracée; les puits abandonnés, par une croix en traits pleins et par une teinte d*encre de Chine adoucie représentant le terris.

Les galeries à travers bancs seront figurées par un trait plein en bleu de Prusse, de 1/2""" d'épaisseur. Les galeries principales et les plans automoteurs seront figurés en traits de 1/2"*"; les autres galeries en traits de l/4<"" et les limites de l'exploitation, c'est-à-dire l'état des tailles à la fin de Tannée, par un trait plus fin.

Le point de rencontre d'une bacnure avec le mur de la couche sera entouré d'une petite circonférence. Les galeries tracées d'après simples renseignements seront pointillées.

Si plusieurs couches sont figurées sur le même plan, les traits représentant les galeries de niveau en veine auront des teintes différentes. Le nom de chaque couche sera inscrit le long de ces galeries. Mais ce système tend à disparaître depuis l'adoption des plans par couche.

Dans ceux-ci, les traits représentant les galeries de niveau sont noirs et les surfaces exploitées sont teintées en couleur ou

en gris. Pour éviter le retrait du papier, on recommande de laver par petites portions à la fois.

On a souvent Thabitude de représenter par une teinte différente la partie exploitée pendant chaque année. On adopte pour cela un roulement de sept couleurs. Cela peut donner lieu à une confusion, lorsque deux portions de couches exploitées à sept années de distance se trouvent juxtaposées.

Il est préférable d'adopter pour les parties exploitées une ' teinte grise uniforme; le périmètre de Texploitation d'une anné# étant entouré d'un liseré gris foncé ; Tannée est inscrite en assez forts caractères à Tintérieur du périmètre.

S'il y avait un redoublement de couche, on pourrait adopter pour les liserés et Tinscription des dates, deux couleurs différentes.

Si l'on ne craignait pas de trop charger le plan, on pourrait y représenter les crochons et les ennoyages par des traits pointillés.

Les anciens travaux seront teintés en gris avec hachures recroisées en losanges. Si l'on n'a sur ceux-ci que des renseignements vagues, on les teintera en gris, en marquant leur limite hypothétique par un liseré noir adouci.

Les parties inexploitables, étreintes, étranglements, seront pointillées en noir, s*il n'y a qu'une couche figurée, et s'il y en a plusieurs, en une couleur correspondant à celle de la couche. Les cassures de terrain avec ou sans dénivellation sont représentées par un liseré bistre, et s'il y a remplissage, par une teinte bistre clair.

Dans les anciens plans de mines, on adoptait souvent la teinte bistre chaque fois qu'on arrivait à la pierre. On ne peut ainsi se rendre compte de la nature de l'accident, étreinte ou faille, qui affecte la couche et il peut en surgir des erreurs au point de vue de la composition du terrain houiller.

Les trous de sonde exécutés au front d'une taille abandonnée sont figurés au plan en grandeur et direction.

Coupas.— Dans les coupes, on convient de mettre le Nord en avant et TOuest à gauche; on y figure le profil du sol, les limites de concession.

Les coupes porteront deux lignes perpendiculaires : l'une horizontale tracée en bleu représente le niveau de la mer, la deuxième en carmin représente Taxe vertical passant par Torigine des coordonnées, point de départ du quadrillage.

Tous les points de rencontre du plan de coupe avec les galeries, crochons, fractures, etc., seront cotés. La projection du puits et des bacnures qui ont servi à exploiter la région où la coupe a été faite, sera figurée en pointillé. Si le puits se trouve dans le plan de coupe, sa section sera teintée en gris et ombrée du côté Nord.

L*altitude de Toriflce par rapport au niveau de la mer sera inscrite en bleu près de l'orifice.

Les couches exploitables sont figurées par deux traits espacés selon la puissance de la couche ; les parties exploitées sont teintées en noir.

Une coupe ne doit d'ailleurs représenter que ce qui est connu, les parties hypothétiques sujettes à être modifiées au fur et à mesure de l'avancement de l'exploitation ne doivent être tracées qu'au crayon.

Dans la coupe du puits ou des bacnures les couches inexploitables sont figurées par trait simple. Le nom et la puissance de chaque couche sont inscrits parallèlement à sa coupe.

La composition des morts-terrains, si elle est bien reconnue, sera indiquée par des teintes appropriées.

Les roches du terrain houiller peuvent aussi être figurées, mais là seulement où elles sont parfaitement reconnues, c'està-dire lorsque le profil d'un puits ou d'une bacnure se trouve dans le plan découpe. Le second cas sera d'ailleurs très exceptionnel.

On peut cependant figurer avec utilité dans la coupe le toit et le mur de la couche par des teintes appropriées à la nature des roches.

On doit réserver la représentation des stampes par des teintes appropriées pour les plans d^études ou pour les coupes des puits et le développement des bacnures que Ton doit toujours dessiner à Téchelle de 1 à 100 au fur et à mesure de leur exécution.

Lorsqu^on fait un profil suivant le développement d'une galerie, il faut indiquer par leurs coordonnées tous les points où la galerie change de direction.

On représentera alors par des couleurs différentes les roches principales du terrain houiller. Le grès sera teinté en jaune; le psammite en bleu grisâtre ; le schiste en gris ; le schiste bitumineux en gris avec hachures parallèles à la stratification.

Pour les puits, on peut adopter le môme système. M. J. Van Scherpenzeel Thim en propose un autre, consistant à développer sur un seul plan les parois des puits. On obtient les éléments de ce développement en relevant la cote des joints de stratification suivant des fils à plomb suspendus à égale distance les uns des autres contre les parois. LUnclinaison exacte des roches, très difficile à déterminer dans un puits en creusement, se déduit alors mathématiquement du tracé. En enroulant le dessin sur un mandrin en bois, de forme correspondante à la section du puits, on arrive à la représentation en relief du volume de terrain sorti du puits à rétatde déblai.

Ce système est très favorable à Tétude des failles et peut être avantageusement appliqué à Tétude des bacnures très obliques par rapport à la stratification.

Plans de surface. — Dans chaque exploitation, on aura un plan de surface au 7«oooi divisé en feuilles correspondantes aux feuilles du plan souterrain et portant les mêmes numéros.

Les plans de surface doivent indiquer tous les détails fournis par la triangulation et par les plans cadastraux.

On y indiquera la situation, le nom^Taltilude et la section des

puits en activité ou abandonnés, (es terris, les sondages, , les galeries, tant anciennes que nouvelles, aboutissant au jour et servant soit à Técoulement des eaux, soit au transport, les dépendances des exploitations, telles que voies de communication, raccordements, dépôts de charbon ou de minerai, embarcadères, affleurements des gîtes et des failles (mais sans introduire au plan d'hypothèses géologiques), les limites bien reconnues des assises géologiques, ainsi que les observations faites sur la nature, la direction et Tinclinaison des roches à la surface.

Ce plan sera dessiné sur du papier quadrillé au décimètre, Torigine des coordonnées étant la même qu^au plan souterrain. Le relief sera exprimé par des courbes de niveau à 5" d'équidistance, cotées par rapport au niveau de la mer.

Indépendamment de ces plans spéciaux,on indique d'ailleurs sur les plans souterrains les points intéressants de la surface avec leurs cotes : limites des concessions, chemins de fer,tunnels, routes, rivières, étangs, propriétés bâties, orifices des puits,terris, puits domestiques, etc.

On doit en effet toujours connaître la position des travaux par rapport aux propriétés bâties, aux limites, etc.

Si les objets de la surface à figurer sur le plan souterrain étaient trop nombreux, on pourrait se contenter d'appliquer sur le plan de la mine un calque du plan de la surface.

Calligraphie des plans, — La calligraphie des plans est un art tout spécial. Il faut toujours se proposer de faire le moins de légendes et le moins d'écritures possible. Les mêmes caractères seront toujours employés pour les mômes objets.

Co7iservation des plans, — Les plans doivent être conservés sans être roulés ni plies. Le mieux est de les conserver dans des cartons. A Freiberg, les plans sont conservés, enroulés sur des étagères s'élevant jusqu'au plafond de la salle, ce système est très encombrant. A Przibram, ils sont conservés dans

un meuble à tiroirs, chaqae tiroir forme le cadre d'une feuille placée entre deux glaces.

Les plans doivent être conservés à chaque siège d'exploitation et non au siège central, afin de pouvoir les consulter sans retard en cas d'accident.

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