FORTUNAT
GCGXXXV.
La Résurrection de Jésus-Christ.
Salut, beau jour de fête, que vénéreront tous les âges et où Dieu a vaincu l'enfer et conquis le ciel! 0, Christ, salut du monde, notre créateur et notre rédempteur béni, voici revenu le troisième jour : lève-toi de ton sépulcre, ô mon Dieu! Il ne convient pasrque ton corps demeure caché dans un vil tombeau, et que de vils rochers pèsent sur celui qui est la rançon du monde. Rejette ton linceul, je t'en supplie; laisse ton suaire au sépulcre. Tu es tout pour nous et sans toi il n'y a rien ! Délivre les ombres enchaînées dans la prison des enfers, et rappelle en haut toutes celles qui se précipitent au fond de l'abîme. Rends-nous ta divine face pour que les siècles voient la lumière. Rends-nous le jour qui nous a fuis depuis ta mort. Que l'enfer insatiable, qui ouvre ses gorges profondes pour engloutir toujours les mortels, soit enfin ta conquête! Tu arraches un peuple innombrable à la prison de la mort, et ce peuple délivré suil son libérateur ià où il s'en va. Le monstre cruel vomit en tremblant la foule qu'il a dévorée, et l'agneau arrache les brebis à la
gueule du loup.
[Mélanges*]