SAINT AVITE OU AVIT
GGGXXXIII.
Satan.
Longtemps il avait été un ange ; mais après qu'excité par son propre crime, il se fut exalté jusqu'à une orgueilleuse audace, en s'imaginant qu'il s'était fait lui-même, qu'il était son propre créateur, il conçut en son cœur une rage furieuse et niant l'auteur de son être : « Je conquerrai, dit-il, le nom de Dieu et je placerai au-dessus des astres mon trône éternel : semblable au Très-Haut, mes forces égaleront ses forces suprêmes. » Il parlait ainsi, quand le Tout-Puissant le précipita du ciel et le dépouilla dans sa chute de son ancienne gloiie. Celui qui brilla au premier rang des créatures est le
premier à subir les châtiments infligés par le juge du siècle à venir. Chose horrible à dire ! des signes manifestes le découvrent à nos regards. Tout ce qui se commet de forfaits dans le monde entier, c'est Satan qui l'enseigne et qui dirige les mains et les traits des scélérats; c'est lui qui se cache comme un voleur et qui inspire les crimes publics. Il prend tantôt et le plus souvent les traits des hommes, tantôt l'aspect terrible des bêtes féroces; il renouvelle et varie ses formes pour nous abuser. Parfois il revêt tout à coup l'apparence trompeuse de l'oiseau ailé; puis il se compose de nouveau un extérieur honnête. Il apparaît sous la forme d'une belle jeune fille et sollicite à des joies obscènes nos regards enflammés. Souvent même il brille aux yeux des avares sous l'aspect d'une immense quantité d'argent ; il enflamme les âmes de l'amour d'un or trompeur, et, comme un vain fantôme, il échappe aux mains déçues qui le poursuivent.
{Poèmes Bibliques.)
SEDULIUS
CCGXXXIV.
Hymne à Marie.
Quelle nouvelle lumière se leva sur le monde ! Quelle grâce illumina le ciel entier ! Quel éclat ne vit-on pas rayonner, quand le Christ sortit avec une splendeur inconnue du sein de Marie. Il était comme l'époux qui se lève triomphant de son lit magnifique; sa beauté charmante l'emportait sur celle des enfants des hommes et une grâce, plus aimable que sa figure rayonnante, était répandue sur ses lèvres si belles I 0 miséricordieuse bonté ! Pour que le joug de la servitude ne nous retînt plus sous la domination du péché, notre souverain Seigneur a pris des membres d'esclave, et celui qui depuis les premiers jours du monde revêt tous les êtres naissants de ses propres dons, a eu pour se couvrir et se voiler de pauvres haillons. Celui que ne peuvent contenir ni les . flot» mobiles de l'océan orageux, ni le sol de la terre entière,
ni la cour spacieuse du ciel immense, habita avec toute sa majesté dans un corps d'enfant, et Dieu reposa dans une étroite crèche ! Salut, ô Mère sainte, qui avez mis au monde l'Ehfant-Roi, qui gouverne à travers les siècles ïe ciel et la terre, et dont la puissance et Tempire, embrassant l'univers dans son éternel ressort, subsistent sans fin ! Salut, ô vous, dont le sein heureux a tout ensemble les joies de la maternité et la gloire de la virginité; vous n'avez eu de semblable ni avant, ni après vous ! Seule et sans égale parmi les femmes, vous avez plu au Christ.
{Chant Pascal, n, v. 48.)