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DÉFINITION DES « OPTIMATES » ET DES « POPULARES

11 y a toujours eu dans cette république deux classes de citoyens qui ont cherché à entrer dans le gouvernement et à y paraître avec éclat. Les uns se disaient les amis du peuple: les autres voulaient passer pour amis des grands et l'être en réalité. Ceux qui ne faisaient, ne disaient rien sans vouloir être agréables à la multitude, étaient les amis du peuple ; ceux, au contraire, qui se comportaient de manière à méri-

ter pour leurs actions l'estime des honnêtes gens, étaient regardés comme amis des grands. Quels sont donc les honnêtes gens? Si vous demandez leur nombre, ils sont innombrables, et s'il en était autrement, nous ne pourrions nous soutenir. Ce sont les chefs du conseil public, ce sont les citoyens qui les secondent; ce sont les membres des premiers ordres, à qui l'entrée du sénat est ouverte; ce sont les Romains établis dans les villes municipales ou qui vivent dans leurs terres ; ce sont les négociants ; ce ?ont même les fils de nos affranchis. Le nombre de ces hommes, je le répète, est immense ; il s'en trouve dans toutes les conditions. Mais pour ne laisser aucune équivoque, on peut d'un seul mot spécifier et définir cette classe tout entière de citoyens. Sont honnêtes gens tous ceux qui ne sont ni malfaiteurs, ni méchants par caractère, ni forcenés, ni dérangés dans leur fortune. Permis à vous d'appeler du nom de caste tous ceux que je viens de désigner, c'est-à-dire ceux dont la conduite est sans reproche, dont le cœur est pur, dont les affaires domestiques sont bien réglées. Tous les magistrats qui, dans leur administration, respectent la volonté, les intérêts et l'opinion de cette classe de citoyens, sont les défenseurs des honnêtes gens; ils comptent eux-mêmes parmi les personnages les plus considérés, les plus illustres, parmi les chefs de l'Etat. {Discours pour P. Sextius, ch. xlv )

GIX.

Péroraison du « Pro Milone. »

Pourquoi avez-vous voulu mon retour? Etait-ce pour exiler sous mes yeux ceux qui m'avaient rendu à ma patrie ? Ne souffrez pas, je vous en conjure, que ce retour soit plus douloureux pour moi que ne le fut mon départ lui-même. Puisje, en effet, me croire rappelé, si l'on m'arrache aux auteurs de mon rappel ?

Plût aux dieux immortels (pardonne, ô ma patrie; je crains de proférer un souhait criminel contre toi en émettant un vœu d'ami pour Milon), plût aux dieux que Clodius vécût, bien plus, qu'il fût préteur, consul, dictateur, et qu'à ce prix je ne fusse pas témoin d'un pareil spectacle ! O dieux immor-

tels ! quel courage et combien Milon, juges, mérite que vous le conserviez! « Non, non, s'écrie-t-il ; Clodius a subi un juste châtiment ; subissons, s'il le faut, une peine que nous ne méritons pas. » Ainsi donc un homme, né pour l'honneur de la patrie, mourra autre part qu'au sein de la patrie ! ou s'il meurt pour elle, vous conserverez les souvenirs de sa grandeur d'âme et vous ne souffrirez pas que ses cendres aient un tombeau dans l'Italie ! Quelqu'un de vous donnerat-il sa voix pour exiler de cette ville un citoyen que toutes les villes appelleront à elles aussitôt qu'il sera banni? Heureuse la terre qui recevra ce grand homme ! Ingrate sera Rome, si elle le chasse; malheureuse, si elle le perd! Mai? finissons : déjà les larmes étouffent ma voix et Milon ne veut pas être défendu par des larmes. Je vous supplie, je vous conjure, juges, d'oser, en prononçant votre arrêt, agir selon votre conscience. Votre courage, votre justice, votre impartialité, croyez-moi, n'auront pas de plus chaleureux approbateur que celui qui, dans le choix de nos juges, a préféré les hommes les plus intègres, les plus sages et les plus fermes. (Discours pour Milon, ch. xxxvn el xxxviii.)

Le « Pro Marcello. »

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