‹ Cours de versions latinesChapitre 54 sur 214 · ÉLOGE DE POMPÉE · texte numérisé non relu

ÉLOGE DE POMPÉE

Qui fut jamais ou qui dut être plus consommé dans la science militaire que Cnéius Pompée, qui passa des jeux et des exercices de l'enfance à l'armée de son père et fit l'apprentissage des armes dans une guerre acharnée contre les ennemis les plus redoutables; qui, aux derniers jours de son enfance, fut le soldat d'un éminent général ; qui, dès le commencement de son adolescence, commanda lui-même une très forte armée ; qui a plus souvent combattu les ennemis de la république que n'importe qui n'a eu de démêlés avec ses ennemis personnels ; qui a fait plus de guerres que les autres n'en ont lu, plus conquis de provinces que les autres n'en ont convoité ; qui passa sa jeunesse à se former à la science de l'art militaire, non par les leçons d'autrui, mais par ses propres commandements; non par des revers, mais par des victoires ; non par des années de service, mais par des triomphes? Quelle espèce de guerre peut-il y avoir laquelle la fortune de la république ne l'ait exercé? Guerre civile, guerre d'Afrique, guerre transalpine, guerre d'Espagne contre les cités et les nations les plus belliqueuses, guerre des esclaves, guerre navale, tant de guerres de toutes sortes contre des ennemis différents, non seulement soutenues, mais terminées par lui seul, attestent qu'il n'est aucun secret dans l'art militaire qui puisse échapper à la science de ce héros.

(Discours en faveur de la loi Manilia, ch. x.)

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