‹ Cours de versions latinesChapitre 64 sur 214 · DE LA NAISSANCE DE LA TYRANNIE AU SEIN DE LA DÉMOCRATIE · texte numérisé non relu

DE LA NAISSANCE DE LA TYRANNIE AU SEIN DE LA DÉMOCRATIE

C'est de l'excès de la licence, qui seule, à leurs yeux, était la liberté, que, comme d'une tige funeste, naît et sort le tyran, au dire de Platon. Car, de même. que le pouvoir excessif des grands amène la chute de l'aristocratie, de même la liberté conduit ce peuple trop libre à la servitude. Ainsi tout excès qui se donne libre carrière, soit dans la température, soit dans le sol, soit dans nos corps, se tourne presque toujours en un mal contraire. C'est ce qui arrive surtout dans les Etats : l'excès de liberté aboutit pour les peuples et les individus à un excès de servitude. Ainsi d'une extrême liberté naissent un tyran et le plus injuste, le plus dur esclavage. En effet, du milieu de ce peuple indompté, ou plutôt effarouché, on choisit la plupart du temps contre les grands, déjà abattus et chassés de leur place, quelque chef audacieux, impur, persécuteur insolent des citoyens qui souvent ont le mieux mérité de la patrie, prodigue de son bien et de celui des autres pour gagner le peuple. Comme sa condition privée le laisse en butte à des craintes, on lui donne des commandements et on les lui continue. On l'environne de satellites, comme Pisistrate à Athènes ; enfin, de tels hommes deviennent les tyrans de ceux-là mêmes qui les ont élevés. Si les bons citoyens les renversent, comme il arrive souvenl, la cité renaît à la vie ; s'ils périssent victimes de quelques audacieux, une faction, c'est-à-dire un nouveau genre de tyrannie s'élève ; et tel est aussi souvent le résultat du régime si beau de l'aristocratie, lorsque quelque vice a détourné les grands du droit chemin. (Traité de la République, liv. Ier, ch. xuv.

GXXVI.

Le « De Legibus. »

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