‹ Cours de versions latinesChapitre 63 sur 214 · DE LA CROYANCE AUX PRODIGES EN TEMPS DE GUERRE · texte numérisé non relu

DE LA CROYANCE AUX PRODIGES EN TEMPS DE GUERRE

On annonça au Sénat qu'il avait plu du sang ; qu'un fleuve avait aussi roulé des eaux noircies de sang, que les statues des dieux s'étaient couvertes de sueur. Pensez-vous que Thaïes, ou Anaxagore, ou un physicien quelconque eût ajouté foi à ces nouvelles? Le sang et la sueur ne sortent que d'un corps animé. Mais le contact de quelques matières terrestres peut colorer l'eau et la rendre semblable au sang ; une humidité extérieure peut imiter la sueur : c'est ce que nous voyons dans nos maisons, quand règne le vent du sud. En temps de guerre, ces phénomènes paraissent aux esprits effrayés plus nombreux et plus terribles; on ne fait pas autant d'attenlion à ces mêmes phénomènes en temps de paix : ajoutez que, dans la terreur et dans les dangers, la crédulité à ces faits étant plus grande, on en invente impunément. Nous sommes tellement légers, tellement inconsidérés, que quand les rats, dont c'est l'unique affaire, ont rongé un objet, nous regardons cela comme un prodige. Avant la guerre des Marses, comme vous l'avez raconté, les rats ayant rongé des boucliers à Lanuvium, les aruspices dirent que c'était un prodige extraordinaire ; comme s'il importait beaucoup que les rats, qui rongent nuit et jour, eussent rongé des boucliers ou des cribles ! Si je croyais à ces chimères, les rats m 'ayant rongé dernièrement la République de Platon, j'aurais dû trembler pour la

(t) Quelques lignes ont été omises par la Faculté. (2) Il s'agit de la pinne et de la petite squille, qui s'associent pour saisir les petits poissons.

république ; et s'ils avaient rongé le livre d'Epicure sur la Volupté, j'aurais dû croire que le blé allait enchérir sur le marché.

(De la Divination, hv^II, ch. xxvn.)

GXXV.

Le « De Republicâ. »

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