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AUTORITÉ DES DRUIDES CHEZ LES GAULOIS

Les Druides assistent aux cérémonies du culte divin, président aux sacrifices publics et particuliers, et interprètent les dogmes religieux. Un grand nombre de jeunes gens se rendent auprès d'eux pour s'instruire et les tiennent en grand honneur. Les Druides, en effet, jugent de toutes les contestations publiques et privées ; si quelque crime a été commis, si un meurtre a eu lieu, s'il s'élève un débat pour un héritage ou pour des limites, ce sont eux qui prononcent ; ils dispensent les récompenses et les peines ; si un particulier ou un homme public ne se soumet point à leur décision, ils lui interdisent les sacrifices. C'est là, chez eux, le châtiment le plus grave; ceux que frappe cet interdit sont regardés comme des impies et des scélérats; tout le monde les fuit et évite de les aborder et de leur parler, de peur que leur contact ne cause quelque malheur. S'ils demandent justice, elle leur est refusée, et ils n'ont part à aucun honneur. Tous les Druides n'ont qu'un seul chef, qui jouit parmi eux d'une autorité absolue. A sa mort, le plus éminent en dignité lui succède, ou, si plusieurs ont des titres égaux, l'élection a lieu par le suffrage des Druides ; quelquefois même la place est disputée par les armes.

Les Druides ont l'habitude de ne point aller à la guerre et ils ne paient point de tribut comme les autres Gaulois; ils sont exempts du service militaire et affranchis de toutes les charges. Attirés par d'aussi grands avantages, beaucoup de Gaulois viennent volontairement se mettre sous leur discipline ou y sont envoyés par leurs parents. Là, dit-on, ils

apprennent par cœur un grand nombre de vers, et c'est pour cela que plusieurs passent jusqu'à vingt années dan? ce noviciat. Les Druides pensent qu'il n'est pas permis d'écrire ces vers, quoique cependant, dans presque toutes les autres affaires publiques et dans leurs rapports avec les particuliers, ils se servent des lettres grecques. 11 y a, ce me semble, deux raisons de cet usage : l'une est d'empêcher que la doctrine des Druides ne se répande parmi le vulgaire; l'autre est d'éviter que leurs disciples, se reposant sur l'écriture, exercent leur mémoire avec moins de soin ; car il arrive la plupart du temps que le secours des livres fait qu'on ne prend plus soin d'apprendre par cœur et qu'on néglige sa mémoire. La croyance qu'ils cherchent surtout à établir, c'est que les âmes ne périssent pas et qu'après la mort elles passent d'un corps dans un autre : cette croyance leur paraît merveilleusement propre à exciter le courage, en éloignant la crainte de la mort. En outre, le mouvement des astres, la grandeur du monde et de la terre, la nature des choses, la force et le pouvoir des dieux immortels, tels sont les sujets de leurs nombreuses discussions et de l'enseignement qu'ils transmettent à la jeunesse.

{Guerre des Gaules, liv. VI, ch. xiv.)

Le « De Bello Gallico. »

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