‹ Cours de versions latinesChapitre 78 sur 214 · MOEURS DES GERMAINS · texte numérisé non relu

MOEURS DES GERMAINS

La plus grande gloire pour les tribus, c'est d'avoir les plus vastes solitudes autour d'elles et de leurs frontières ravagées. Ils pensent que le propre de la bravoure, c'est de forcer leurs voisins à abandonner leur territoire et de faire que personne n'ose s'établir tout près d'elles. Elles se croient ainsi plus en sûreté, parce qu'elles n'ont pas à craindre d'invasion soudaine. Lorsqu'une tribu fait une guerre défensive ou offensive, elle choisit, pour y présider, des magistrats qui ont droit de vie et de mort. En temps de paix, il n'y a point de chef commun : ce sont les principaux habitants des cantons et des bourgs qui rendent la justice à leurs concitoyens et vident leurs différends. Aucune infamie n'est atta-

chée au brigandage qui se commet en dehors des limites de chaque tribu. On le pratique, dit-on, pour exercer la jeunesse et la préserver de l'oisiveté ; aussi, lorsque, dans une assemblée, un des principaux citoyens s'annonce comme chef d'une expédition et demande que ceux qui veulent le suivre le déclarent, ceux qui acceptent l'entreprise et le chef se lèvent, lui promettent leur concours et sont applaudis par la multitude : ceux d'entre eux qui ne le suivent pas sont mis au nombre des déserteurs et des traîtres, et on leur refuse désormais toute confiance. Les Germains ne se croient jamais permis de violer l'hospitalité; ceux qui viennent chez eux, pour quelque motif que ce soit, sont à l'abri de toute injure, et on les regarde comme sacrés. Toutes les maisons leur sont ouvertes et on partage les vivres avec eux.

{Guerre des Gaules, liv. VI, ch. xxin.)

GXLVIII.

Le « De Bello Gallico. »

Page 1