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UNE RETRAITE INQUIÉTÉE

Cette résolution une fois approuvée, les ennemis partent du camp. César envoie en avant sa cavalerie pour harceler leur arrière-garde et en retarder la marche ; lui-même suit avec les légions. Il ne se passait pas un moment sans que les derniers soldats d'Afranius ne combattissent contre nos cavaliers. Voici comment on combattait : des cohortes de troupes légères fermaient l'arrière-garde de l'ennemi et faisaient souvent face dans la plaine. Fallait-il gravir une hauteur, la nature même du terrain les mettait à l'abri du danger, parce que les premiers arrivés défendaient, d'en haut, ceux des leurs qui montaient encore ; lorsqu'il y avait un vallon ou une colline à descendre, les premiers rangs ne pouvaient pas secourir ceux qui venaient après eux, et nos cavaliers, les prenant à dos, leur lançaient des hauteurs une grêle de

(1) César est en Espagne. Afranius. qui manque d'eau et de fourrages, voit ses soldats déserter chaque jour. Il peut opérer une retraite soit sur Herda, soit sur Tarragone. Herda étant plus rapprochée, Afranius préfère se diriger sur ce point.

traits : leur situation était alors très périlleuse. Il ne leur restait d'autre ressource, quand ils approchaient de semblables lieux, que d'ordonner à leurs légions de faire halte et de repousser notre cavalerie par une charge vigoureuse. Après l'avoir éloignée, soudain, tous ensemble, ils descendaient au pas de course dans les vallées, les franchissaient et allaient se reformer sur les hauteurs. Leur cavalerie, qui était très nombreuse, loin de leur être d'aucun secours, était si effrayée des combats précédents qu'ils étaient obligés de la recevoir au milieu de leurs bataillons et de la défendre : aucun cavalier ne pouvait s'écarter de la route sans être enlevé par la cavalerie de César.

[Guerre civile, liv. Ier, ch. lxxviii et lxxix.)

Le « De Bello Civili. »

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