LE VIN
Personne n'a jamais rien bu de plus exquis que le vin. C'est le remède qu'on a trouvé contre le chagrin ; c'est la source délicieuse de la gaieté; c'est le lien des banquets. (Fragments des Satires Mé nippées de Varron.)
(1) Et non pas tragique^ comme on le lit par erreur dans le texte, p. 429.
(2) Lire dans le texte perussit, au lieu de percussit.
(3) Lire dans le texte pupulœ, au lieu de populœ.
Les « Antiquités humaines et divines. »
Varron a écrit quarante et un livres d'Antiquités et il les a divisés en livres snr les choses humaines et livres sur les choses divines : il en a consacré vingt-cinq aux choses humaines et seize aux choses divines. En traitant des choses humaines, il a suivi une division en quatre parties de six livres chacune. 11 se place, en effet, au point de vue de ceux qui agissent, du lieu, du temps où ils agissent, et de ce qu'ils font. Ainsi, dans les six premiers livres, il traite des personnes ; dans les six suivants, des lieux ; dans les six autres, des temps, et dans les six derniers, des choses. Quatre fois six livres font vingt-quatre. Il y en a un de particulier, qui sert d'introduction générale à tous et que Varron a placé en tête de son ouvrage. Il a gardé la même division pour les choses divines, en ce qui touche le culte des dieux. Les sacrifices sont accomplis par les hommes, dans des lieux et des temps fixés : il y consacre douze livres, dont trois pour chacune des quatre choses dont j'ai parlé ; les trois premiers pour les hommes, les trois suivants pour les lieux, les trois antres pour les temps, les trois derniers pour les sacrifices ; il commente donc encore la distinction fort subtile de ceux qui sacrifient, du lieu où ils sacrifient, du temps où ils sacrifient, de ce qu'ils sacrifient. Mais parce qu'il fallait dire aussi à qui les hommes sacrifiaient et que c'est là l'objet le plus intéressant, Varron a écrit trois autres derniers livres sur les dieux. Cinq fois trois font quinze. 11 y en a en tout seize, parce qu'il en a mis un premier en tête pour servir d'introduction à tous. Après cette introduction, il donne, conformément à sa division en cinq parties, les trois premiers livres relatifs aux personnes : il les subdivise ainsi : le premier traite des pontifes, le second des augures, le troisième des quindécemvirs préposés aux sacrifices. Les trois livres suivants, qui regardent les lieux, parlent, Pan des autels privés, l'autre des temples, le troisième des lieux sacrés. Les trois autres livres qui suivent et qui regardent les temps, c'est-àdire les jours de fête, traitent, l'un des jours fériés, l'autre des jeux du cirque, le troisième des jeux scéniques.
{La Cité de Dieu, liv. VI, 3.)
GLXVI.
Le « De Linguâ Latinâ. » ÉTYMOLOGIES LATINES (CE QUI SE FAIT DANS LE TEMPS).
Je commencerai d'abord par rechercher ce qu'on entend par ago (je mets en mouvement). L'action est le résultai de la mise en mouvement : c'est pourquoi nous disons que l'acteur tragique agit gestum, gesticule; agitantur quadrigœ, que l'on conduit un char ; agitur pecus pastum, que l'on mène paître un troupeau. Delà vient angiportum, impasse, lieu où l'on peut à peine se mouvoir ; angulus, angle, lieu où tout mouvement est impossible, où l'espace est très étroit, angustissimas, d'où angulus. — H y a trois sortes d'actions : la première, l'action de l'esprit, parce que nous devons penser d'abord à ce que nous avons à faire ; il y a ensuite parler et faire. De ces trois choses, la pensée, aux yeux du vulgaire, n'est point du tout une action ; la troisième, faire quelque chose, est la plus importante. — Mais quand nous faisons quelque chose et que nous y pensons daus notre esprit, agimus, nous agissons, et quand nous en parlons, agimus, nous agissons aussi. C'est pour cela qu'on dit de l'orateur agere causom, plaider sa cause, et des augures, augurium agere, rendre leurs prédictions, quoiqu'ils parlent plus qu'ils n'agissent.
Cogitare, penser, dérive de cogère, rassembler; l'esprit, en effet, rassemble plusieurs choses pour pouvoir choisir entre elles. C'est ainsi que caseus, fromage, vient de lacté coacto, lait coagulé. C'est ainsi que de cogère les hommes ont fait les mots co?itio, assemblée, coemptio, achat, compitum, carrefour. De cogitatio on a tiré concilium, assemblée, puis consilium, conseil, délibération. Quand un habit est à la presse chez le foulon, on dit de lui conciliatur.
Reminisci, se ressouvenir, indique l'effort qu'on fait pour trouver par la pensée ce qu'ont vu l'esprit et la mémoire. Comminisci a été formé de cum et de mente, esprit, et s'applique aux cas où l'on imagine dans l'esprit des choses qui ne sont pas. Eminisci, énoncer sa pensée, vient aussi de mens. C'est de ce même mot mens qu'est tiré meminisse, se souvenir, et amens, déchu de sa raison. Meminisse dérive de
memoria, mémoire, et signifie que quelque chose est resté dans l'esprit el y est de nouveau mis en mouvement. Memoria, mémoire, peut aussi venir de manendo , demeurer, comme le mot manimoria. C'est de ce mot que vient monere, avertir; car celui qui avertit fait l'office de la mémoire. De là vient monimenta, les inscriptions sur les tombeaux ; et elles sont placées Je long de la voie Flaminienne, pour avertir les passants et que les défunts et qu'eux-mêmes sont mortels. Le mot monimenta désigne tout ce qu'on écrit ou fait pour transmettre des souvenirs.
(De la langue latine, liv..YI, ch. xli et suiv.)
CLXYII.
Les trois livres « Rerum Rusticarum. »