‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 104 sur 139 · COUPS GRAS · texte numérisé non relu

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mences avec précaution, jusqu’à ce qu’elles soient à la plus haute température qu’elles puissent supporter sans être décomposées , puis on les exprime entre les plaques métalliques préalablement chaulîées. En procédant ainsi l’huile acquiert plus de liquidité; l’albumine des semences émulsives se coagule et se sépare mieux de l’huile, et le mucilage contenu dans les semences mucilagineuses se dessèche. En revanche, ce procédé a l’inconvénient de fournir assez souvent une huile altérée, soit parce que la semence est légèrement brûlée, soit parce que l’huile chaude enlève à la semence des corps qui ne se trouvent pas dans l’huile exprimée à froid, et qui augmente la tendance de l’huile à devenir rance.

La quantité d’huile fournie j)ar les semences varie en raison des espèces, et peut-être dans la même espèce en raison de la saison et du climat. Les noix contiennent jusqu’à la moitié de leur poids d’huile ; les graines du brassica oleracea atcampeslris en renferment 1/3 ; la variété du hrassica campestris, qu’on appelle navette, 2/5; la graine de pavot, àV/lOO ; le chènevis, l/û, et la graine de lin ,1/5.

Préparation des graisses animales. — On sépare le tissu adipeux de la plus grande partie des membranes qui les enveloppent ; on les met ensuite avec de l’eau dans un mortier de porcelaine, où on les presse au moyen du pilon ; on renouvelle l’eau jusqu’à ce que les lavages soient incolores. Quand les graisses sont lavées on les fait égoutter ; puis ofi les fond au bain-marie, et on les passe à travers un hltre de papier joseph placé entre deux fourneaux allumés.

Propriétés des huiles. — Les huiles récentes n’ont presque point de saveur; la langue ne perçoit que la sensation d’onctuosité ; elles ont presque toutes l’odeur de la plante qui les fournit : leur densité varie de 0,913 à 0,936; leur consistance est très variable. La cire ne fond qu’à

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+ 68% et rimile de lin est encore fluide k — 20". Les huiles extraites du même végétal contiennent deux huiles au moins d’une fusibilité différente. V oléine est l’huile liquide, la stéarine est l’huile moins fusible qui ressemble pour cela à du suif. On a donné divers procédés pour séparer ces deux huiles. 1° On expose l’huile à un froid artificiel ; l’huile solide se sépare de l’huile liquide qui surnage. On exprime l’huile liquide entre des doubles de papier Joseph, successivement remplacés par d’autres, jus-* qu’à ce que le papier ne devienne plus gras ; la partie qui reste est la stéarine. 2“ On dissout l’huile dans l’alcool bouillant, et on laisse refroidir la dissolution ; la stéarine se précipite, et l’oléine reste avec un peu de stéarine dans la partie dissoute.

Les huiles ne conduisent point également l’électricité ; c’est d’après cette propriété que M. Rousseau a proposé une méthode pour reconnaître la pureté de l’huile d’olive, qui est fondée sur la propriété de l’iinilc d’olive d’être meilleur non-conducteur de l’électricité que les autres huiles végétales.

Action de l’air sur les Iniiles. — En vase parfaitement clos les huiles se conservent très long-temps sans altération; mais au contact de l’air elles s’altèrent peu à peu. Certaines huiles s’épaississent, et finissent par se dessécher en une substance transparente et flexible ; on les nomme siccatives : elles servent dans les peintures k l’huile. D’autres ne se dessèchent pas, mais s’épaississent, deviennent moins combustibles et prennent une odeur désagréable; on dit alors qu’elles sont rances. Relativement k la coloration, on remarque que l’oxigène, qui colore les huiles volatiles,

décolore les huiles fixes.

Les huiles fixes sont, immédiatement après leur extraction, dans une inaction presque complète sur le gaz oxigèiie, ou elles ne peuvent en absorber qu’une quantité très bornée. Cette petite quantité ne paraît pas d’abord les mo-

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