‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 105 sur 139 · CORPS GRAS · texte numérisé non relu

CORPS GRAS

dilier; elle sulïit cependant pour leur faire éprouver, avec le temps , un changement d’état qui leur donne la faculté d’absorber rapidement une quantité de gaz beaucoup plus grande, par laquelle elles tendent à se solidifier, ou seulement à se rancir si elles ne sont pas siccatives.

Veau ne dissout pas les huiles , l’alcool les dissout peu à froid ; il n’y en a qu’un petit nombre, tel que l’huile de ricin, qui soient solubles dans l’alcool à froid. L’éther, au contraire, est le dissolvant des huiles.

Les huiles grasses ne peuvent être distillées sans décomposition ; elle commence lorsqu’elles sont arrivées au point d’ébullition. Il se forme ainsi des acides oléique et stéarique.

Le soufre se dissout dans les huiles à l’aide de l’ébullition. 4 ]). d’huile de lin dissolvent 1 p. de soufre ; il se dégage du gaz sulfidhydrique. 1 p. de phosphore exige pour sa dissolution 36 p. d’huile froide et moins d’huile bouillante. La dissolution luit dans l’obscurité ; quelques gouttes d’huile essentielle empêchent cet elfet. Le chlore et X'iode se dissolvent dans les huiles et se transforment à leurs dépens en acide iodhydriqueet chlorhydrique, et l’huile durcit comme la cire, i.cs acides puissants détruisent les huiles en donnant des produits analogues à ceux que fournit leur distillation ou leur saponification.

Purification de l’huile à brider. — Plusieurs huiles grasses, mêlées avec 1 à 2 p. 0/0 d’acide sulfurique, se colorent à l’instant même en vert foncé ou en brun foncé , et si on les laisse ensuite reposer, la matière colorante se dépose peu à peu ; elle consiste en une combinaison chimique de l’acide sulfurique avec un corps qui se sépare par ce moven de l’huile ; la couleur de celle-ci devient ainsi beaucoup plus claire et elle brûle ensuite avec une flamme plus pure et sans obstruer les pores de la mèche. On n’a pas encore examiné ce corps, quoiqu’il eût été très facile de le séparer de l’acide sulfurique. On a tiré parti de cette pro-

CHIMIE

priété pour purifier les huiles employées dans l’éclairage ; il faut alors séparer le précipité et l’acide mis en excès, résultat auquel on parvient facilement , d’après Cognan , en faisant arriver de la vapeur d’eau dans l’huile , jusqu’à ce que le tout ait atteint une température de 100°, et laissant reposer le mélange ; le précipité se dépose alors au fond , ainsi qu’une eau acide , et l’huile s’éclaircit. Si l’huile décantée n’était pas parfaitement transparente, on pourrait la filtrer à travers une couche de tourteaux grossièrement pulvérisés. L’eau contenue dans l’huile est chassée par l’évaporation au bain-marie.

Action du nitrate acide de mercure sur les huiles. — M. Pontet indiqua le procédé suivant pour reconnaître la falsification de l'huile d'olive par des huiles étrangères. On dissout à froid 6 p. de mercure dans 7 1/2 p. d’acide nitrique d’une densité de 1,35. On mêle 2 p. de cette dissolution avec 96 p. d’huile et on agite bien le mélange toutes les quinze ou trente minutes. Si l’huile est pure , le mélange se prend , dans l’espace de sept heures , en une bouillie épaisse , et au bout de vingt-quatre heures , en une masse solide assez dure pour opposer de la résistance à une baguette de verre qu’on cherche à y enfoncer. D’autres huiles végétales grasses ne jouissent pas de cette propriété de se combiner avec le nitrate mercureux, et si l’on en a ajouté à l’huile d’olive , celle-ci se prend en bouillie, mais elle ne forme pas une masse dure et résistante. Si la quantité d’huile étrangère s’élève à plus de 1/8, cette huile se sépare de la masse et forme une couche particulière dont l’épaisseur dépend de la quantité d’huile ajoutée ; en sorte que si on a mêlé les deux huiles à parties égales, le volume de l’huile séparée est égal à celui de l’huile coagulée. Il convient de faire l’essai à 20*^, température h laquelle l’huile et le coagulum se séparent le mieux. Si l’huile d’olive est falsifiée avec de la graisse animale , le mélange se coagule ordinairement en cinq himres. Le coagulum consiste alors en

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