BOUGIES STÉARIQUES
dans cette partie de notre travail , le Mémoire intéressant de M. Gollier-Besseyre.
Bougies stéariques. Blanchiment et durcissement des suifs. Eœcraciion de la stéarine et de l’oléine, et des acides stéarique et oléique et leurs diverses a implications. — Les bougies que l’on désigne dans le commerce sous les noms de bougies stéariques , bougies de l’étoile , du phénix , du soleil , etc. , sont préparées avec les acides margarique et stéari([ue retirés du suif. Cette fabrication a pris , depuis 1839, un grand développement. On en fabrique annuellement à Paris plus de 100,000 kilogrammes. Cette industrie est née en France , elle est fondée sur les résultats des belles recherches de M. (dievreul , sur les corps gras. La bougie stéarique a une très belle apparence extérieure; elle est parfaitement lisse , aussi blanche , aussi sèche et aussi inodore que la cire. La blancheur et l’éclat de sa lumière ne le cèdent en rien aux mêmes elTets de la bougie ordinaire. Elle brûle seulement un peu plus vite. Mais d’un autre côté elle est moins chère , et en réalité son emploi est plus économique. Toutes ces circonstances militent en faveur de ce beau produit des sciences chimiques.
Les travaux de 31. Chevreul nous avaient très bien fait connaître la nature des principes immédiats fournis par les corps gras; mais il restait à trouver des moyens manufacturiers pour arriver aux lins de diverses applications dont ils sont susceptibles. Nous dirons d’abord quels moyens manufacturiers ont été employés pour séparer directement l’oléine et la stéarine des corps gras; nous développerons ensuite, dans tous leurs détails, les moyens employés pour transformer les corps gras en acides oléique et stéarique , puis les procédés pour séparer et purifier ces acides ; nous terminerons par les détails relatifs à l’emploi de ces acides.
Extraction de la stéarine. — Î1 faut quelquefois bien peu de chose pour déterminer la séparation de l’oléine et
CHIMIE
de la stéarine mélangée dans les corps gras. On reconnaît que cette séparation est facile par un moyen bien simple ; s’il s’agit d’une graisse consistante comme du suif, de l’axonge , etc. , on en prend une parcelle , que l’on comprime entre les doigts, après l’avoir enveloppée dans plusieurs doubles de papier buvard : si la matière peut être pressée , l’oléine seule est absorbée et la stéarine reste dans le papier; on change la stéarine de place pour qu’un nouveau papier puisse lui enlever une nouvelle quantité d’oléine, et l’on obtient par ce moyen de petites lentilles de stéarine très pures. La pression, appliquée dans des circonstances convenables, est le meilleur agent qu’on puisse employer dans les ma nifactures pour la séparation des corps gras solides mélangés aux liquides. C’est le procédé primitif indiqué par MM. Clievreul et Eraconnot. Mais l’opération ne s’exécute pas toujours aussi facilement. Ce qu’il convient de faire pour déterminer une pression facile, c’est de placer la stéarine dans des conditions favorables h la cristallisation , et dans une multitude cas , des agents ([ui paraissent insignifiants produisent ce résultat. Ainsi la température à laquelle on fond les suifs, la pression atmosphérique, la vapeur d’eau, un grand nombre de sels, d’acides, d’alcalis, nn peu d’alcool ou d’une huile essentielle quelconque, déterminent cette séparation : on peut môme de cette manière faire servir l’épuration de certaines huiles à l’extraction de la stéarine.
On fabrique des bougies avec la stéarine soit pure , soit mêlée de cire ou de suif. Les bougies de stéarine ne sont point aussi parfaites que celles d’acide stéarique pressé seulement à froid : avec les mêmes mèches l’intensité de la lumière esCmoins grande.
Fabrication de F acide üéarique. — Nous allons indiquer maintenant les procédés manufacturiers pour obtenir l’acide stéarique nécessaire à la fabrication des bougies. Pour 100 parties d’une graisse quelconque , soit du suif, de l’axonge ,
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de l’huile de coco, ou de l’huile de palme, on prend 16 ou 17 parties de chaux vive : on met dans une cuve en sapin le suif avec un peu d’eau au fond; la cuve doit être disposée de manière qu’un tuyau, communiquant à une chaudière à vapeur, la puisse dégorger au fond au moyen d’un robinet; il est encore important que la vapeur puisse sortir du tuyau en un grand nombre de petits jets.
Pendant (|ue le suif fond , on délite la chaux, puis on lui ajoute une certaine quantité d’eau pour en faire un lait qu’on verse dans la cuve quand le suif est fondu, en le faisant passer à travers un crible, parce que, dans le cas très ordinaire où la chaux contiendrait des pierres, on les recueillerait, et leur poids indiquerait la quantité de chaux à restituer à la cuve.
Les choses étant ainsi disposées, le courant de vapeur doit continuer sans interruption jusqu’à la lin de l’opération , dont la durée est de six heures quand on opère sur 50 kilogrammes. D’ailleurs, on reconnaît très facilement que l’opération est terminée à ce ({uc le savon se granule presque tout-à-coup, et prend un aspect tout différent de celui qu’il a conservé jusque-là.
Alors on procède à la décomposition du savon, et pour cela on le porte au moyen d’une grande écumoire dans une cuve placée exprès à côté de celle où l’on a fait la saponification , et dans laquelle 011 a mélangé une quantité d’acide sulfurique à 660, double de celle de la chaux employée, avec deux fois son volume d’eau , et l’on fait passer la vapeur dans cette cuve; la décomposition ne tarde pas à s’opérer, et les acides gras viennent se rassembler à la surface du bain , tandis que le sulfate de chaux à mesure qu’il se forme déchire constamment la surface des grains de savon, et agite si bien le bain que l’opération marche très rapidement.
Quand on juge que l’opération est terminée, on ferme le robinet de vapeur, et après un petit repos, on enlève le
CHIMIE
corps gras qu’on verse clans une cuve; on l’y lave avec de l’eau , et toujours au moyen du courant de vapeur qui fait fonction de chauffage et d’agitation ; quand quelques essais des eaux laissent supposer que le lavage est complet , on recueille le produit , qu’on verse dans des cristallisoirs où on les laisse jusqu’au lendemain.
La matière refroidie est divisée pour en former des tourteaux qui sont rangés entre les surfaces d’une presse hydraulique. On fait un châssis en bois, qui renferme toutes les limites de grandeur et d’épaisseur cpie doivent avoir les tourteaux; un homme prend la matière divisée, et au moyen d’une batte en bois , en fait entrer rapidement dans le châssis autant qu’il est possible; puis il le pose, rempli de matière, sur une planche fixée à la même table, et qui est taillée de manière à remplir exactement le châssis , de façon qu’elle a pour objet de déplacer la matière qui le remplit , afin de pouvoir facilement la déposer , avec sa forme de table quadrangulaire allongée, dans la toile taillée et pliée d’avance pour la recevoir.
Les tourteaux sont enveloppés dans des treillis de chanvre croisés de Klimmerath de Strasbourg , ou clans des étoffes de laine qu’on nomme malfil. Ces toiles , recouvrant des quatre côtés la matière à presser, sont généralement nommées sac.?, et sont rangées trois de front sur la largeur ordinaire d’une presse, en ayant préalablement soin de placer une claie en osier sur la plate-forme inférieure ; on recouvre les trois premiers sacs d’une plaque en forte tôle sur laquelle on pose encore une claie , puis trois autres sacs, et ainsi de suite , autant qu’on peut en placer entre les surfaces pressantes, en ayant toujours le soin d’alterner une claie , un rang de sacs , et une plaque de tôle. Quand la presse est garnie , on donne quelques coups de piston à la grosse pompe pour diminuer le volume de tout ce qu’on vient de mettre en presse; après qu’en plusieurs fois on a fait monter le cylindre d’une certaine quantité , on ouvre