CHIMIE
Poids atomiques.
Poids atomiques
Bismuth
Bi
Zirconium
Zr
Etain
Sri
Yttrium
Plomb
Pb
Glucium
Cadmium
Cd
Aluniinium
Al
Zinc
Zn
Magnésium
Mg
Nickel
Ni
Calcium
Ca
Cobalt.
Co
Strontium
Sr
Fer
Fe
Barium
Ba
Manganèse
Mn
Lithium
Cérium
Ce
Sodium
Na
Thorium
Th
Potassium
Am ATMOSPHÉRIQUE. — Principes qui le composent. — On désigne communément sous le nom d’atmosphère la masse entière de l’air qui entoure la terre, et forme partout une couche d’une épaisseur considérable dans laquelle viennent se réunir toutes les substances qui se volatilisent à la surface du globe.
Nous avons étudié précédemment dans la partie physique de ce cours, particulièrement aux pages Z^8, 50, les propriétés physiques de l’air. Nous rappellerons seulement ici que l’air est un fluide invisible , transparent , ino^dore, insipide, compressible et très élastique. Un litre d’air à la température de 0 et à la pression de 0 mètre 76 pèse 1 gram. 2991. C’est à l’air pris pour unité que l’on compare le poids de tous les autres gaz. L’air, comme tous les gaz, est soumis à la loi de Mariette, c’est-à-dire qu’il se resserre en raison du poids qui le comprime, ou, ce qui revient au meme, que le volume qu’il occupe est en raison inverse de la pression qu’il éprouve. Il est mauvais conducteur de l’électricité, h moins qu’il ne soit humide. La pesanteur de l’air, d’abord soupçonnée , fut découverte par Galilée, en 1640, et mise hors de doute par Pascal et Torricelli. Ce fut en 1630 que Jean Rey publia des expériences qui prouvèrent que l’air contenait un corps susceptible de se fixer sur l’étain pendant sa calcination et d’en augmenter le poids.
Exposé à la plus forte chaleur ou au plus grand froid ,
ATR ATMOSPHKRIQL’E.
l’air iiY'prouve aucune altération. Sa puissance réfractive, à laquelle celle de tous les autres gaz est comparée = 1. Soumis à un courant d’étincelles électriques, il n’est altéré que lorsqu’il contient une certaine quantité d’eau ou une matière alcaline, alors il se forme de l’acide nitrique; ce qui explique pourquoi les pluies d’orage contiennent , souvent cet acide.
Cet air que nous connaissons dans ses propriétés physiques n’est point un élément, comme le pensaient les anciens. La composition de l’air n’a été connue que vers l’année 177/i. C’est à Lavoisier, né à Paris en 1743, que l’on doit cette découverte à jamais mémorable. Nous ne pouvons mieux faire que de rapporter textuellement le passage de l’ouvrage de Lavoisier où se trouvent relatées ces expériences fondamentales.
« La chimie présente en général deux moyens pour déterminer la nature des parties constituantes d’un corps , la composition et la décomposition. Lors , par exemple , que l’on a combiné ensemble de l’eau et de l’esprit-de-vin ou alcool, et que par le résultat de ce mélange on a formé l’espèce de liqueur qui porte le nom d’eau-de-vie dans le commerce, on a droit d’en conclure que l’eau-de-vie est un composé d’alcool et d’eau ; mais on peut arriver à la même conclusion par voie de décomposition, et en général on ne doit être pleinement satisfait en chimie qu’autant qu’on a pu réunir ces deux genres d’épreuves.
» On a cet avantage dans l’analyse de l’air de l’atmosphère : on peut le décomposer et le recomposer ; je me borneiai à rapporter ici les expériences les plus concluantes qui aient été faites à ce sujet. J’ai pris (fig. 1) un matras A de 36 pouces cubiques environ de capacité dont le col B G 1) E était très long et avait 6 à 7 lignes de grosseur intérieurement. Je l’ai courbé, comme on le voit représenté (fig. 2), de manière qu’il pût être placé dans un fourneau M 31 N N , tandis que l’extrémité E de son col
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irait s’engager sous la cloche F G placée dans un bain de mercure R R S S. J’ai introduit dans ce matras quatre onces de mercure très pur, puis en suçant avec un siphon que j’ai introduit sous la cloche F G, j’ai élevé le mercure jusqu’à L L : j’ai marqué soigneusement cette hauteur avec une bande de papier collé, et j’ai observé exactement le baromètre et le thermomètre.
Fig. 2. Fig. 1.
» J.es choses ainsi préparées, j’ai allumé du feu dans le fourneau M M N N , et je l’ai entretenu presque continuellement pendant douze jours, de manière que le mercure fût échauffé presque au degré nécessaire pour le faire bouillir. Il ne s’est rien passé de remarquable pendant tout le premier jour : le mercure, quoique non bouillant, était dans un état d’évaporation continuelle; il tapissait l’intérieur des vaisseaux de gouttelettes, d’abord très fines , qui allaient ensuite eu augmentant, et qui, lorsqu’elles avaient acquis un certain volume, retombaient d’elles-mêmes au fond du vase, et se réunissaient au reste du mercure. Le second jour, j’ai commencé à voir nager sur la surface du mercure de petites parcelles rouges qui pendant quatre ou cinq jours ont augmenté en nombre et en volume , après quoi elles ont cessé de grossir et sont restées absolument
AIR ATMOSPHRRIQUK.
• dans le meme état. Au bout de douze jours, voyant que la calcination du mercure ne faisait plus aucun ])rogrès, j’ai éteint le feu et j’ai laissé refroidir les vaisseaux. Le volume de l’air contenu tant dans le matras que dans son col et sous la partie vide de la cloche , réduit à une pression de vingt-huit pouces et à 10° du thermomètre, était avant l’opération de cinquante pouces cubiques environ. Lorsque l’opération a été finie, ce même volume, à pression et à température égales, ne s’est plus trouvé que de quarantedeux à quarante-trois pouces : il y avait eu par conséquent une diminution de volume d’un sixième environ. D’un autre côté , ayant rassemblé soigneusement les parcelles rouges qui s’étaient formées et les ayant séparées autant qu’il était possible du mercure coulant dont elles étaient baignées , leur poids s’est trouvé de quarante-cinq grains.
» L’air qui restait après cette opération et qui avait été réduit aux cinq sixièmes de son volume par la calcination du mercure, n’était plus propre .à la respiration ni à la combustion ; car les animaux qu’on y introduisait y périssaient en peu d’instants, et les lumières s’y éteignaient surle-champ comme si on les eût plongées dans de l’eau.
» D’un autre côté j’ai pris les quarante-cinq grains de matière rouge qui s’était formée pendant l’opération , je les ai introduits dans une très petite cornue de verre à laquelle était adapté un appareil propre à recevoir les produits liquides et aériformes qui pourraient se séparer : ayant allumé du feu dans le fourneau , j’ai observé qu’à mesure que la matière rouge était échauffée sa couleur augmentait d’intensité. Lorsqu’ensuite la cornue a approché de l’incandescence, la matière rouge a commencé à perdre peu à peu de son volume , et en quelques minutcL elle a disparu entièrement; en meme temps il s’est condensé dans le petit récipient quarante-un grains et demi de mercure coulant , et il a passé sous la cloche sept à huit pouces cubiques d’un fluide élastique beaucoup plus pro-*
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pre que l’air de l’atmosphère à entretenir la combustion et. la respiration des animaux.
» Ayant fait passer une portion de cet air dans un tube de verre d’un pouce de diamètre , et y ayant plongé une bougie, elle y répandait un éclat éblouissant; le charbon, au lien de s’y consommer paisiblement comme dans l’air ordinaire, y brûlait avec flamme et une sorte de décrépitalion à la manière du phosphore , et avec une vivacité de lumière que les yeux avaient peine à supporter. Cet air, que nous avons découvert presqu’en même temps M. Priestley, M. Scbéele et moi, a été nommé par le premier air dépJdogistiqué ; par le second, air empiréal. Je lui avais d’abord donné le nom d'air éminemment respirable; depuison y a substitué celui d'air vital, et enfin celui d'oœigène^
i) En réfléchissant sur les circonstances de cette expérience , on voit que le mercure en se calcinant absorbe la partie salubre et respirable de l’air, ou , pour parler d’une manière plus rigoureuse, la base de cette partie respirable; que la portion d’air qui'reste est une espèce de mofète, incapable d’entretenir la combustion et la respiration. L’air de l’atmosphère est donc composé de deux fluides élastiques de nature différente et pour ainsi dire opposée.
)) Une preuve de cette importante vérité , c’est qu’en recombinant les deux fluides élastiques qu’on a ainsi obtenus séparément , c’est-à-dire les quarante-deux pouces cubiques de mofète , ou air non respirable , et les huit pouces cubiques d’air respirable , on reforme de l’air en tout semblable à celui de l’atmosphère et qui est propre à peu près au même degré à la combustion, à la calcination des métaux et à la respiration des animaux.
» Quoique cette expérience fournisse un moyen infiniment simple d’obtenir séparément les deux principaux fluides élastiques qui entrent dans la composition de notre atmosphère, elle ne nous donne pas des idées exactes sur la proportion de ces deux fluides. L’affinité du mercure