AIR ATMOSPHÉRIQUE
pour la partie respirable de l’air, ou plutôt pour sa base , n’est pas assez grande pour qu’elle puisse vaincre entièrement les obstacles qui s’opposent à cette combinaison. Ces obstacles sont l’adhérence des deux fluides constitutifs de l’air de l’atmosphère et la force d’affinité qui unit la base de l’air vital au calorique; en conséquence, la calcination du mercure finie , ou au moins portée aussi loin qu’elle peutl’étre, dans une quantité d’air déterminée, il reste encore un peu d’air respirable combiné avec le mofète , et le mercure ne peut en séparer cette dernière portion. »
Si nous cherchons maintenant à déterminer d’une manière exacte la proportion relative des deux gaz qui entrent dans la composition de fatmosphère, voici encore une expérience due à Lavoisier qui va nous donner des résultats, s’approchant de bien près de la vérité. Introduisons sous une cloche graduée , placée sur un bain de mercure, 100 parties d’air en volume , puis un peu d’eau et un bâton de phosphore attaché à un fil de fer souple. Si nous abandonnons la cloche pendant quelques heures , nous reconnaîtrons que l’absorption de l’oxigène est complète lorsque le phosphore ne paraîtra plus lumineux dans l’obscurité. Si alors nous retirons le cvlindre hors de la cloche, nous constaterons aisément que les 100 parties d’air ont été réduites à 79 environ, et que le résidu dans lequel on plonge une allumette enflammée s’éleint aussitôt , ce qui nous montre que ce n’est plus de l’air mais de l’azote qui constitue ce résidu : il y a donc eu vingt et une parties d’air absorbées, c’est le gaz oxigène dont le phosphore s’est emparé pour former avec lui un composé que nous étudierons bientôt. L’air serait donc composé de 21 volumes de gaz oxigène et de 79 de gaz azote.
MM. Dumas et Boussingault sont arrivés à des résultats très voisins des précédents en pesant l’oxigène et en pesant l’azote que l’air renferme. Voici comme ils s’expriment : « Nous étant procuré un ballon vide d’air, nous le mettons
CHIMIE
en rapport avec un tube plein de cuivre métallique réduit par rhydrogène et armé de robinets qui permettent d’y faire également le vide. On a d’ailleurs déterminé exactement le poids de ce tube ; le cuivre étant cbauffé au rouge, on ouvre celui des robinets par où doit arriver l’air qui se précipite alors dans le tube où il cède à l’instant son oxigène au métal. Au bout de quelques minutes on ouvre le second robinet, ainsi que celui du ballon, et le gaz azote se rend dans le ballon vide. Les robinets demeurés ouverts , l’air afflue, et à mesure qu’il passe dans le tube il y abandonne son oxigène; c’est donc de l’azote pur que le ballon reçoit. Quand il en est plein ou à peu près , on ferme tous les robinets. On pèse ensuite séparément le ballon et le tube pleins d’azote; puis on les pèse de nouveau après y avoir fait le vide. La différence de ces pesées donne le poids du gaz azote. Quant au poids de l’oxigène , il est fourni par l’excès de poids que le tube qui contient le cuivre a acquis pendant la durée de l’expérience. »
Ils ont aussi trouvé que l’air était formé en poids de 23 d’oxigène pour 77 d’azote, et en volume de 20,8 d’oxigène pour 79,2 d’azote. Ce rapport est invariable au millième près dans des latitudes éloignées à des époques assez distantes et à des hauteurs fort différentes.
L’air renferme en outre k à 6/10,000^ d’acide carbonique en volume; de plus il contient une quantité presque égale de ce gaz hydrogène carboné qu’on nomme gaz des marais et que les eaux stagnantes laissent dégager h chaque instant; il contient en plus des quantités variables de vapeur aqueuse et de carbonate et de nitrate d’ammoniaque qui n’ont dans l’air qu’une existence momentanée à cause de leur solubilité dans l’eau.
On peut encore analyser l’air au moyen de la combustion de l’hydrogène dans V eu diomètre de Volta. La fig. 3 ci-contre représente cet appareil ; voici comme on opère. On prend un eudiomètre h eau ou à mercure , on y intro*-