‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 126 sur 139 · ÉTHERS · texte numérisé non relu

ÉTHERS

nations commerciales, on ne peut évaluer qu’au volume, et non au poids, les variations de température introduisent encore une donnée nouvelle dans la solution du problème.

On se servait autrefois , en France , de l’aréomètre de Haumé , et dans le commerce on employait celui de Cartier ; ils étaient gradués d’après les mêmes principes. Celui de Cartier marquait 10” dans l’eau distillée, et 28® dans de l’esprit de vin , contenant 78 pour 100 d’alcool. Chaque degré était égal à 1/18 de la distance qui sépare ces deux points, et ils indiquaient d’autant moins l’augmentation et la (juantité d’alcool que les degrés étaient plus élevés. — Gilpiii lit, en Angleterre , une longue série de calculs et d’expériences pour arrivei* à la solution de cette question ; Tralles, à Berlin , étendit les expériences de Gilpin, et publia des tables d’un usage très commode ; mais le travail le plus parfait à cet égard est celui de M. Gay-Lussac, intitulé : Instruction pour Fusage de V alcoomètre centésimal et des tables qui raccompagnent. Ces tables sont construites de telle manière que, lorsque la température de l’eau-de-vie est déterminée, quel que soit d’ailleurs le degré centésimal auquel l’instrument s’arrête, la première table indi(jue combien, pour cent de son volume, l’eau-de-vie contient d’alcool , quand on la mesure à 15% et de combien 1000 p. d’alcool en volume se dilatent ou se contractent, quand on chauffe ou refroidit l’alcool de manière à l’amener à 15'’. Une autre table indique les mélanges qu’il faut effectuer lorsqu’on veut obtenir, par la dilution , l’eau-de-vie d’une certaine force.

Des éthers en général. — On a donné le nom d’éthers à des produits résultant de l’action des acides sur l’alcool. En 1537, Valerius Codrus donna un procédé pour préparer de l’éther, qu’il décrivit sous le nom d’huile douce de vitriol. Un grand nombre d’anciens naturalistes , lîogle , J. Newton, T. Wiliis , F. HolfmcDm, Stalh , II en lie t , Poot , etc. , ont décrit et obtenu l’éther , mais en employant divers procédés et lui donnant autant de noms.

«HIMÎK.

Ce fut en 1730 qu"un chimiste allemand , Fobrenius, Vétudia avec soin , et le premier lui donna le nom d’éther. Geoffroy, Duhamel, Hellot, Baumé, Marquer , etc., s’en occupèrent ensuite. Ün grand nombre de chimistes ont , de nos jours , attaché leurs noms à l’histoire des éthers.

Classification. — On divise les éthers en trois genres; le premier genre ne comprend qu’une espèce, l’éther hydratique, formé de 2 volumes de carbure bihydrique et de 1 volume de vapeur d’eau. On l’obtient par la réaction des acides sulfurique, arsénique, phosphorique , fluoborique sur l’alcool ; 2° les éthers du deuxième genre proviennent de la réaction des acides sur l’alcool et sont composés de volumes égaux d’hydrogène bicarboné et de l’acide employé à leur préparation ; tels sont les éthers des hydra- Ci(iLO.s, chlorhydrique , bromhydrique , etc. ; 3° enfin, dans le troisième genre se trouvent les éthers formés d’un acide oxigéné et d’éther hydratique, éther nitreux, acétique ^ oxalique, etc.

La classification précédente est l’expression de faits. On a voulu chercher à se rendre compte comment les élémeiKs sont combinés dans les éthers. Voici la théorie plus généralement admise. On associe les éléments de l’éther de manière à avoir d’un côté l’équivalent d’oxigène, et de l’autre un radical formé de h équivalents de carbone et de 5 équivalents d’hydrogène. Ce radical prend le nom d’rthyle , et l’éther sulfurique est Voæide d'éthyle. Alors les éthers du troisième genre sont des combinaisons de l’oxide d’éthyle avec un acide constituant un véritable oxisel, obéissant aux lois ordinaires de ce genre de composés et ne contenant pas d’eau de cristallisation. Les éthers du deuxième genre deviennent, dans cette hypothèse, des combinaisons analogues aux chlorures, aux cyanures, etc. On admet que quand un hydracide agit sur l’éthyle , l’hydrogène de l’acide et l’oxigène de l’oxide d’i thyle se combinent pour former de l’eau , et il reste une combinaison de l’étliyle avec le radical de l’acide (chlorure, iodure, bromur e d’é-

lliyle ). Dans cet ouvrage éJtMiienlairc nous devons nous borner à décrire l’éther sulfurique, (]ni est très employé.

I^Tin-R SULFURIOTE (éther hydratiqne , oxide d'éthylc, éther). — (l’est un liquid(' incolore, très tluide, d’une odeur particulière forte et pénétrante; d’une saveur d’abord hriilante puis fraîche; il est neutre, ne conduit point l’électricité et réfracte fortement la lumière. Sa densité à IJO'’ est de 0,713; il bout à 35,(36 à une pre.ssion de 0,67; à — 31", l’éther commence à cristalliseï* ; à — /4-^i°ilsc présente sous forme d’une masse blanche , solide , cristalline. L’éther brûle facilement avec une (lamine blanche très étendue; l’eau dissout 1^9 de son poids d’éther ; il se mêle en toutes proportions avec l’alcool. L’éther dissout un grand nombre de matières organiques.

Four obtenir l’éther, prenez : alcool à 36'\ 4 p. ; acide sulfurique à 66», 2 p. IMélangez exactement l’acide avec la moitié de l’alcool dans une terrine ou dans une cruche de grès; versez pour cela l’acide par petites portions sur l’alcool en agitant continuellement. Ayez d’une autre part un appareil composé d’une cornue tubulée en verre, d’une allonge et d’un hallon , ce dernier communiquant avec un serpentin en plomb rafraîchi par un courant d’eau ; la cornue sera posée sur un bain de sable. L’appareil ainsi monté, on versera dans la cornue le mélange encore chaud, et on le portera aussi rapidement que possible à l’ébullition; la tubulure de la cornue sera bouchée avec un bouchon de liège donnant passage à un tube en verre effilé à sa partie inférieure, qui plongera dans le liquide jusqu’à [\ ou 5 centimètres du fond; la partie supérieure de ce tube sera recourbée au-dessus du bouchon, sous un angle convenahh» pour pouvoir s’adapter au moyen d’un tube de caoutchouc à un vase contenant le reste de l’alcool , j)lacé h une certaine distance du fourneau. Le vase devra porter à sa partie inférieure un robinet qui permette d’introduire à volonté l’alcool dans la cornue. Dès qu’on aura recueilli par la dis-

CHIMIE

tillalion un volume de liquide égal au quaii; ou au cinquième environ de l’alcool intro.’uit dans la cornue, on le remplacera en ouvrant le robinet (pii fait communiquer le réservoir d’alcool avec la cornue , on règiera le jet d’alcoijl de manière à ce que l’ébullition ne soit jamais interrompue , et à remplacer aussi exactement que possible le liquide qui distille continuellement. Lorsqu’on aura ajouté ainsi tout l’alcool, et que le produit distillé sera égal aux trois quarts environ de la totalité de l’alcool employé, on arrêtera l’opération et l’on démontera l’appareil. Le produit de la distillation, qui est un mélange d’eau, d’éther, d’alcool, d’acides et d’huile douce, de vin, a besoin d’être rectifié. On y parvient en y ajoutant 15 grammes de potasse caustique à la chaux par litre d’éther; on agite le mélange à plusieurs reprises; après vingt-quatre heures de contact, on st^pare par décantation la solution alcaline de l’éther qui la surnage , et l’on distille celui-ci au bain-marie dans un alambic ordinaire. On fractionne les produits; ceux qui marquent moins de 56" sont mis de côté, et rectifiés par une nouvelle distillation h une très douce chaleur.

L’éther est un des médicaments le plus fréquemment employés comme antispasmodiques.

FERMENIMTION AOÎDE. — On comprend sous le nom de fermentation acide les transformations spontanées des matières organiques en acide acétique. Plusieurs matières peuvent donner ce produit par leur décomposition , mais 011 n’est point encore certain si on n’a pas souvent pris pour de l’acide acétique ce qui est de l’acide lactique.

Théorie de l’acétification i>e l’alcool. — {Influence de V alcool dans V acélijication. ] — Le principe qui paraît jouer le rôle principal dans l’acétification est sans contredit l’alcool. Examinons d’abord les conditions dans lesquelles l’alcool s’acidifie d’une manière incontestable. On a remarqué que le platine en éponge , mais surtout lo platine très divisé qu’on obtient parla précipitation chimique de ce métal , lorsqu’on riiumecte d’alcool e( qu’il

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