‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 21 sur 139 · HYDROGÈNE · texte numérisé non relu

HYDROGÈNE

que Davy a fondé sa lampe de sûreté , si utile aux mineurs.

Bibra a fait des expériences sur la couleur que différents sels coiuniuni([uent à la flamme de l’hydrogène. Les sels de potasse la colorent distinctement en violet , quoique faiblement; les sels de soude , en jaune intense; les sels de baryte, en vert clair; les sels de Sctrontianc, en rouge très intense ; les sels de chaux , en rose ; les sels de bismuth et de mercure, en bleuâtre; les sels de cuivre, en vert; les combinaisons d’arsenic et d’antimoine, en blanc.

Caractères essentiels. — Le gaz hydrogène est facile à reconnaître, 1° à sa légèreté; 2'’ à ce qu’une bougie l’enflamme en produisant une légère détonation et un peu d’eau ; S*" à ce qu’une bougie , plongée dans l’intérieur d’une cloche pleine de gaz, s’éteint après avoir mis le feu aux premières couches.

Usages. — On ne s’en sert guère que pour faire l’analyse de l’air, obtenir une haute température et remplir des ballons aérostatiques.

Préparation. — On prend de la tournure de zinc ou de fer, sur laquelle on verse de l’acide sulfurique étendu d’eau ; l’eau est décomposée , son oxigène se combine au métal, lequel, oxidé, s’unit à l’acide et forme du sulfate de fer ou de zinc, pendant que l’hydrogène de l’eau, mis en liberté , se dégage. Fig. 9.

L’appareil (fig. 9) consiste en un flacon bitubulé A , dans lequel on met du zinc distillé ; à l’une de ces tubulures est adapté un tube à trois courbures B, se rendant sous une cio-

CHIMIE

che C, pleine d*eau et disposée sur la cuve à eau E ; on verse peu à peu l’acide sulfurique étendu par le tube droit D.

On peut obtenir l’hydrogène en décomposant l’eau par la pile, comme nous l’avons exposé dans la Physique (p. 215).

L’hydrogène est un des corps les plus répandus de la nature^ puisque c’est lui qui, combiné avec l’oxigène, constitue l’eau. Sa découverte ne date cependant que des premières années du xvlp siècle ; Boyle , Boerhave , en parlent dans leurs ouvrages, mais il ne fut bien étudié que par Gavendish en 1766.

Si on met du zinc ou du fer dans un flacon auquel est adapté un bouchon contenant un tube droit effilé par le bout et qu’on y verse de l’acide sulfurique étendu, il se dégage du gaz hydrogène qu’on peut enflammer par l’approche d’un corps en ignition. On a ainsi la lampe philosophique (fig. 10). L’homme peut i comme l’a montré Scheele , respirer de l’hydrogène pur mêlé à l’air. Après plusieurs inspirations le timbre de la voix est tout-à-fait changé.

Des combinaisons de l’hydrogène. —L’hydrogène, en se combinant avec les métalloïdes, donne naissance à des composés dont les propriétés sont si différentes qu’on peut les diviser en trois séries bien tranchées.

La première comprendra les composés neutres.

La seconde comprendra ceux dont les propriétés sotit acides , on les nomme hydracides.

La troisième comprendra ceux dont les propriétés sont alcalines, telle est l’ammoniaque.

Les combinaisons neutres que forme l’hydrogène por-

DES COMBINAISONS DE l’HYDROGÈNE.

tent généralement le nom û'hydrures \ parmi elles, il n’en est que deux qui offrent quelque intérêt, ce sont celles qu’il forme avec le carbone et avec le phosphore.

BORE. — Découvert par MM, Gay-Lussac et Thénard. Il ne se trouve jamais à l’état de pureté dans la nature ; il fait partie de trois comhinaisons naturelles : ce sont l’acide borique , le borate de soude et le borate de magnésie.

Le bore est solide, pulvérulent, insipide, inodore, d’un brun verdâtre , d’une pesanteur spécifique plus grande que celle de l’eau. Soumis à l’action d’une forte chaleur, il n’éprouve aucune altération , si ce n’est qu’il se racornit un peu , d’où il suit qu’il est infusible.

L’oxigène à froid n’a aucune action sur le bore , mais à chaud la combinaison s’opère promptement; il en résulte de l’acide borique qui, en se fondant, recouvre toujours un peu de bore que l’on a pris, pendant quelque temps, pour de l’oxide de bore.

Le bore possède la singulière propriété de se diviser dans l’eau pure au point de filtrer avec elle ; mais pour peu que l’eau contienne des sels, ce phénomène n’a plus lieu. lien est de même si l’on chauffe fortement le bore. Ce corps est sans usages.

Préparation. — On l’obtient en décomposant l’acide borique avec du potassium ou du sodium. On réduit en fragments le métal et l’acide borique ; on les place , couche par couche, dans un tube de cuivre, que l’on chauffe ensuite avec la lampe à alcool. Bientôt le métal s’empare de l’oxigène de l’acide borique , forme de l’oxide qui se combine à une certaine quantité d’acide borique pour former du borate , pendant que le bore de l’acide décomposé devient libre ; l’eau bouillante dissout le borate et le filtre retient le bore.

SILICIUM. — C’est un corps qui existe en grande quantité dans la nature à l’état de combinaison avec l’oxigène, il a été découvert par MM. Gay-Lussac et Thénard, étudié pai*

CHIMIE

UB

M. Berzélius ; c’est un corps d’une couleur brune noirâtre, sans éclat métallique , sans odeur, sans saveur, infusible. Il s’obtient par Faction réduclive du potassium.

CARBONE. (Charton pur.) — Il est très répandu dans la nature à l’état de combinaison ; toutes les matières animales ou végétales en contiennent de grandes quantités ; il fait partie de l’acide carbonique et de tous les carbonates. A l’état de pureté on ne l’a trouvé que dans le diamant.

Au premier abord il semble difficile d’admettre que le diamant, le plus pur, le plus limpide des minéraux, est de même nature que ce corps noir opaque que nous appelons charbon ; mais les expériences les plus variées ont convaincu les chimistes de l’identité parfaite de ces deux corps d’aspect si différent et doués de propriétés physiques si opposées. Ce n’est que vers la fin du siècle dernier qu’on s’est fait une idée exacte de cette identité, et cette grande découverte est encore due à Lavoisier. Les anciens, qui connaissaient le diamant, le regardaient comme une matière incombustible. En 1A95 , Corne ni, grand-duc de Toscane, fit faire des expériences remarquables par les membres de l’xicadémie dei Cimento. Le diamant, placé au foyer d’un miroir ardent, disparut au bout d’un certain temps; on reconnut également la combustion complète du diamant à l’aide de fourneaux ordinaires, lorsque ce corps a le contact de l’air, et qu’il était indestructible par Faction du feu le plus violent lorsqu’il était parfaitement garanti du contact de l’air. Mais ce fut Lavoisier qui s’assura par la combustion du diamant en vases clos, que ce corps produisait ainsi de l’acide carbonique, qu’il en était de même du charbon de bois ; et il en tira la conséquence que le premier de ces corps devait contenir le même principe combustible que le second, c’est-àdire du carbone. Depuis, il a été parfaitement constaté que le diamant est du carbone pur, qu’il consume dans sa combustion la même quantité de gaz oxigène que le charbon pur pris sous le même poids, et qu’il fournit une égale quan-

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