AZOTE
qu’en présentant Tua à l’autre ces deux corps à l’état de gaz naissant.
Caractères essentiels. — On le reconnaît toujours à ce quel” il est incolore ; 2 ’ il éteint les corps en combustion; 3*^ il ne rougit pas la teinture de tournesol ; 4” il est insoluble dans l’eau; 5® enfin il ne précipite pas l’eau de chaux. L’azote est très répandu dans la nature , il fait partie des nitrates , de l’ammoniaque, de certaines matières végétales et de presque toutes les matières animales. Enfin il forme à peu près les U/ 5 du volume de l’air atmosphérique. O’est à Lavoisier qu’on en doit la découverte en 1775. Il avait été signalé dès 1772 par le botaniste Ruttefort.
Extraction. — On l’extrait de l’air atmosphérique. A cet effet, on fait brûler, dans une certaine quantité d’air, un léger excès de phosphore ; le phosphore s’empare de l’oxigène , forme de l’acide phosphorique et met en liberté le gaz azote dans lequel se trouve un peu de phosphore en vapeur; on le sépare en faisant passer dans le gaz quelques bulles de chlore qui forme du chlorure de phosphore. On ajoute dans le flacon un peu de potasse , on le bouche et l’on agite; la potasse dissout le chlorure, l’excès de chlore, ainsi qu’un peu d’acide carbonique ; quant à l’azote, il surnage le liquide et peut être considéré comme pur.
Une manière très simple pour se procurer l’azote , consiste à faire un mélange de chlore liquide et d’ammoniaque. Le chlore ayant plus d’affinité pour l’hydrogène que l’azote, s’empare de l’hydrogène de l’ammoniaque, forme de l’acide chlorhydrique , et l’azote est mis en liberté ; enfin l’acide formé se combine à l’ammoniaque non décomposée pour donner naissance à du chlorhydrate d’ammoniaque.
31. Pelouze a indiqué dernièrement un procédé très simple pour obtenir de l’azote. On fait absorber du deutoxide d’azote à de l’acide sulfurique du commerce , on y ajoute du sulfate d’ammoniaque. On introduit le mélange dans une cornue, on chauffe à une douce chaleur et on recueille
su
CHimE.
l’azote clans des cloches. L’appareil (lig. 21) convient pour cette opération.
Combinaisons de l’azote. — L’azote a des réactions cliimic|ües extrêmement faibles ; il ne se combine directement, dans les circonstances ordinaires , avec aucun corps simple; mais, ou à l’état naissant, ou dans d’autres conditions, il forme des combinaisons très intéressantes. Il s’unit avec riiydrogène pour former un gaz très remarquable, Vammoniaqitey que nous étudierons plus loin; avec le carbone , il constitue un corps des plus curieux, le cyanogène ;i[ s’unit également au phosphore. En se combinant à l’iode et au chlore, il se produit des azotures d’iode ou de chlore , qui sont des corps extrêmement dangereux à manier. Dulong, qui le premier a appelé l’attention des chimistes sur ces produits, a été gravement blessé par une explosion.
Azotüre de carbone. {Cyanogène.) — La découverte du cyanogène doit faire époque dans l’histoire de la science. C’est un des corps les plus intéressants que la chimie possède, et son étude approfondie a ouvert une voie nouvelle. La gloire de cette grande découverte appartient à M. Gay- Lussac. Ce qu’il y a surtout de spécial dans l’histoire du cyanogène, c’est que ce produit, quoique formé par la réunion de deux éléments de carbone et d’azote, un atome de chaque, C N, doit être rapproché par l’ensemble de ses réactions des corps simples. Il forme avec le chlore, l’iode, le brome et le fluor, une série des plus naturelles. Tous les composés que ces corps forment olïVent entre eux un air de famille qu’on ne peut méconnaître. Fig. 21.
Préparation. — On prépare le cyanogène en chauli'ant dans une petite cornue (fig. 21) de verre 20 à 30 grammes de cyanure de mer-
CYANOGÈNE.
cure bien sec. Le cyanure sec ne donne que du cyanogène , tandis que le cyanure Iminide produit de l’acide carbonique , de rainnioniaque et de l’acide cyanhydrique. On reçoit le cyanogène dans des cloches pleines de mercure.
Propriétés. — Le cyanogène est un gaz permanent, inllammable; sa densité est de 1,8()6’A; son odeur est extrêmement vive et pénétrante. Par un froid très grand on peut liquéfier et solidifier le cyanogène. Le cyanogène résiste à un haut degré de chaleur. Avec l’oxigène il ne se combine qu’à l’état naissant pour former un cyanate ; un mélange de CCS deux gaz, sous rinlluence d’un corps en ignition , détone , brûle avec une flamme bleue et produit du gaz acide carbonique. Le bore, le silicium, le carbone, le phosphore et l’azote sont sans action sur le cyanogène. Il se combine avec le gaz suif hydrique dans le rapport de 1 1^5; il en résulte une substance jaune cristalline. L’eau à la température ordinaire dissout U fois 1/2 son poids de cyanogène et devient très piquante; la dissolution, d’abord incolore, se colore, d’après Vauquelin, après quelques jours en jaune, puis en brun, et laisse, déposer une matière noirâtre; la liqueur contient du cyanhydratc d’ammoniaque. En recevant le cyanogène dans des solutions alcalines, elles se colorent en brun, quand ce gaz est en excès. Le cyanogène est sans usage.
Combinaisons du cyanogène. — Avec l’hydrogène le cyanogène forme un composé très intéressant, l’acide cyanhydrique , le plus dangereux des poisons, que nous étudierons plus loin. Il existe deux chlorures de cyanogène^ l’im gazeux, l’autre qui cristallise en aiguilles blanches. On prépare également un bromure de cyanogène qui se présente sous forme de beaux cristaux cubiques, et un iodure de cyanogène qui est sous forme de belles aiguilles blanches d’une odeur très vive.
AzotlTvE de phosphore. — Il se présente sous forme d’une poudre blanche légère; bien que formé de corps très
CHIMIE
volatils , il est fixe et infosible, du moins lorsqu’on l’expose à une chaleur rouge assez intense en excluant tout accès de l’air. On l’obtient en faisant rougir du chlorophosphure d’ammoniaque dans un milieu exempt d’oxigène. Il est formé de 2 atomes d’azote et 1 atome de phosphore, Ph.
lODURE d’azote. — L’iode et l’azote ne se combinent qu’en une seule proporlion , et cette combinaison se fait entre 3 atomes d’iode et 1 atome d’azote , d’où la formule Az P.
L’affinité de l’iode pour l’azote est très faible , aussi ces deux corps ne s’unissent-ils qu’autant c[ue l’azote est à l’état de gaz naissant. Pour l’obtenir, on met de l’iode en contact avec un excès d’ammoniaque liquide à la température ordinaire; bientôt il se forme im précipité noirâtre d’iodure d’azote. C’est cfue l’ammoniaque s’est décomposée en azote, qui s’est combiné avec l’iode pour former le produit ; et en hydrogène , qui , combiné avec de l’iode , forme de l’acide iodhydrique, lequel à son tour s’unit à de l’ammoniaque non décomposée. On recueille l’iodure sur un filtre et on le lave légèrement , autrement il se décomposerait spontanément.
Il est pulvérulent, noirâtre , et fulmine fortement; lorsqu’il est sec , la détonation est spontanée , aussi faut-il de grandes précautions pour le toucher.
Chlorure d’azote. — On ne connaît qu’une seule combinaison de chlore et d’azote; elle fut découverte en 1811
par M.
Ce chlorure est liquide, comme oléagineux, d’une couleur fauve, d’une odeur très piquante et insupportable. Sa saveur n’est pas connue. Sa pesanteur spécifique est plus grande que celle de feau. Chauffé, il se volatilise en formant une vapeur suffocante. Exposé à 30°, il détone tout-à-coup avec violence en se décomposant. Le phosphore, le soufre et c[uelques métaux le décomposent.