‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 36 sur 139 · DES OXIDES ET DES ACIDES NON MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

DES OXIDES ET DES ACIDES NON MÉTALLIQUES

On l’obtient en faisant passer nn courant de chlore dans une dissolution de chlorhydrate d’ammoniaque. C’est nn corps très dangereux à préparer.

^ III, Des oxides et «cides non métalliques.

Dans ce paragraphe nous traiterons de toutes les combinaisons de l’oxigène avec les métalloïdes. Aucun de ces composés ne possède de propriétés basiques , pendant , au contraire , que la plupart sont acides.

Il faut en excepter seulement les oxides d’hydrogène , l’oxide de phosphore et l’oxide de carbone ; les oxides d’azote peuvent s’unir en de certaines circonstances avec les bases, mais les combinaisons qui en résultent sont si faibles qu’on n’a point donné le nom d’acides à ces oxides.

Comment on distingue les oxides des acides. — Le principal caractère des acides est celui de pouvoir se combiner avec les oxides des métaux électro-positifs, c’est-à-dire les bases salifiables , et de produire des sels ; les caractères accessoires qu’on leur assigne ordinairement sont leur saveur aigre , la propriété de rougir la couleur bleue végétale ; mais quelques uns d’entre eux sont dépourvus de cette propriété, ceux par exemple qui sont insolubles dans l’eau.

Le principal caractère des bases ou oxides basiques est celui de pouvoir se combiner avec les oxides pour produire des sels. Les caractères accessoires qu’on leur assigne sont : leur saveur urineuse , la propriété de ramener au bleu le papier de tournesol rougi par un acide, de verdir le sirop de violettes, de rougir le papier jaune de curcuma , mais coriime la plupart sont insolubles dans l’eau, ils ne peuvent révéler ces propriétés accessoires. ]Nous allons actuellement fndîV/Mer la composition, lapréparation et les propriétés les plus saillantes des principaux acides et oxides rnélalloidiques.

COMBINAISONS DE L’OXIGÈNE AVEC L’IH DUO- GÈNE. — L’oxigène, en se combinant avec l’hydrogène.

CHIMIE

forme deux combinaisons , Teau et le suroxide d’hydrogène ou eau oxigénée.

Eau [Oxide d’hydrogène^ oxide hydrique). — L’eau, à raison de son importance dans la production de tous les phénomènes de la nature , de sa présence dans tous les lieux de notre globe, de ses applications de chaque instant, a fixé l’attention des philosophes de tous les temps. Dieu , en créant l’homme , les animaux et les plantes , a répandu à profusion l’eau qui leur est aussi insdipensahle que l’air. Une substance si intimement liée à notre histoire physique a dû être soumise à bien des investigations , et, chose extraordinaire , sa composition n’a été connue qu’à la fin du xs iiv siècle. Cette découverte immense est encore due au génie de Lavoisier. L’Angleterre a voulu revendiquer pour ses enfants la gloire de cette découverte à jamais mémorable ; mais un arbitre aussi élevé qu’impartial , M. Berzélius, a prononcé dans ce grand débat ; il s’exprime ainsi : « On peut dire avec toute justice que AVatt et Cavendish » s’étaient approchés bien près du but, mais que Lavoisier » seul l’a atteint. AUatt, Cavendish et Priestley envisageaient )) l’oxigène, l’hydrogène et l’eau comme des états différents )) d’un seul et même corps pondérable ; Lavoisier prouva » que l’eau est composée de deux corps pondérables parti- » culiers , et c’est préeisément en cela que consiste la dé- » couverte. »

Composition de Veau. ^ — Pour bien faire saisir à nos jeunes lecteurs tous les détails de ces expériences fondamentales, nous ne pouvons mieux faire que de transcrire le passage de l’ouvrage de Lavoisier où elles sont consignées :

(( Ire Expérience. — Préparation.— Ow prend un tube de verre EF, peu fusible, luté et entouré de clinquant (fig. 22), de 8 à 12 lignes de diamètre , qu’on fait passer à travers un fourneau, en lui donnant une légère inclinaison de E en F. A l’extrémité supérieure E de ce tube , on ajuste une cornue de verre A , qui contient une quantité

DÉCOMPOSITION DE l’EAU.

d’eaii distillée bien connue, et à son extrémité inférieure F, un serpentin SS' qui s’adapte en S' au gouleau d’un flacon n à deux tubulures; enfin à l’une des deux tubulures du flacon s’adapte un tube de verre recourbé K K , destiné à conduire les fluides aériformes ou gaz dans un appareil propre à en déterminer la qualité et la quantité.

«Lorsque tout a été ainsi disposé, on allume du feu dans le fourneau EFCD, et on l’entretient de manière à faire rougir le tube de verre EF, sans le fondre; en même temps on allume assez de feu dans le fourneau VVXX, pour entretenir toujours bouillante l’eau de la cornue A.

« Effet. — A mesure que l’eau de la cornue A se vaporise par l’ébullition, elle remplit l’intérieur du tube EF, et elle en chasse l’air qui s’évacue par le tube K K ; le gaz aqueux est ensuite condensé par le refroidissement dans le serpentin SS', et il tombe de l’eau goutte h goutte dans le flacon tu b U lé H.

«En continuant cette opération jusqu’à ce que toute l’eau de la cornue A soit évaporée , en laissant bien égoutter les vaisseaux , on retrouve dans le flacon H une quantité d’eau rigoureusement égale à celle qui était dans la cornue A , sans qu’il y ait eu dégagement d’aucun gaz ; en sorte que cette opération se réduit à une simple distillation ordinaire.

IP Expérience. — Préparation. — « On dispose tout comme dans l’expérience précédente, avec cette différence seulement qu’on introduit dans le tube EF 28 grains de cliarbon concassé en morceaux de médiocre grosseur, et qui préalablement a été long-temps exposé à une chaleur

CHIMIE

incandescente clans des vaisseaux fermés. On fait , comme dans rexpérieiîce précédente , bouillir l’eau de la cornue A juscju’à évaporation totale.

((Effet, — L’eau de la cornue A se distille dans cette expérience comme dans la précédente; elle se condense dans le serpeotiii, et coule goutte à goutte dans le flacon H ; mais en même temps il se dégage une quantité considérable de gaz , qui s’échappe par le tuyau K K , et qu’on recueille dans un appareil convenable.

» L’opération finie , on ne retrouve plus dans le tube E F que quelques atomes de cendre ; les 28 grains de charbon ont totalement disparu.

)) Les gaz qui se sont dégagés , examinés avec soin , se trouvent peser ensemble 113 grains 7/10 ; ils sont de deux espèces , savoir : 1^4 pouces cubiques de gaz acide carbonique, pesant 100 grains, et 380 pouces cubiques d’un gaz extrêmement léger, pesant 13 grains 7/10, et qui s’allume par l’approche d’un corps enflammé lorsqu’il a le contact de l’air. Si on vérifie ensuite le poids de l’eau passée dans le flacon , on la trouve diminuée de 85 grains 7/10.

«Ainsi dans cette expérience , 85 grains 7/10 d’eau, plus 28 grains de charbon, ont formé 100 grains d’acide carbonique, plus 13 grains 7/10 d’un gaz particulier susceptible de s’enflammer.

« Mais, pour former 100 grains de gaz acide carbonique, il faut unir 72 grains d’oxigène à 28 grains de charbon; donc les 28 grains de charbon placés dans le tube de verre ont enlevé à l’eau 72 grains d’oxigène ; donc 85 grains 7/10 d’eau sont composés de 72 grains d’oxigène et de 1 3 grains 7/10 d’un gaz susceptible de s’enflammer. »

«IIP Expérience.— Décomposition de l’eau. — Préparation.— On dispose tout l’appareil comme dans l’expérience précédente, avec cette différence seulement, qu’au lieu de 28 grains de charbon , on met dans le tube EF ( fig. 22 ), 274 grains de petites lames de fer très doux

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