EAU
dans l’eau constitue le chlore liquide (voyez page 78). Cette dissolution est chargée de une fois et demie son volume de chlore, à 20", et sous la pression ordinaire; la chaleur ou la lumière solaire appliquée à cette dissolution détermine la décomposition de l’eau, la formation d’acide chlorhydrique, et la mise en liberté de l’oxigène, de plus la formation d’un peu d’acide chlorique par l’action de la lumière solaire.
Parmi les métaux, quelques uns décomposent l’eau, tantôt à la température ordinaire, tantôt à une température un j)eu plus élevée , d’autres fois à une température rouge. Aucun n’v est soluble.
La plupart des acides se dissolvent dans l’eau; en général, ceux qui ont beaucoup de saveur y sont très solubles.
Les alliages agissent sur l’eau de la meme manière que les métaux : ainsi ceux qui contiennent des métaux capables de la décomposer pourront tout aussi bien la décomposer. Quelques oxides métalliques se dissolvent dans l’eau ; tels sont ceux de la première section, et de mercure, etc.; la plupart, au contraire, y sont insolubles.
Etat naturel. — L’eau se trouve très abondamment dans la nature, à l’état solide, à l’état liquide, ou à l’état de vapeurs. A l’état solide elle constitue la glace , la grêle , la neige ; elle se trouve communément dans les pays froids , aux environs des pôles ; là elle constitue ce qu’on appelle les glaciers , qui , venant à fondre par un temps ])lus chaud, donnent lieu à des rivières plus ou moins considérables. A l’état liquide elle est infiniment plus abondante ; elle constitue les rivières, les lacs, les mers, mais elle n’est jamais pure ; elle contient plus ou moins de corps étrangers (sel marin , sels de chaux , quelquefois sels de fer, de magnésie, acide carbonique, suif hydrique, etc.). Quand l’eau contient une assez grande quantité de sel marin, elle est dite salée : telles sont celles des mers et de quekpies sources. Si la proportion des autres corps est assez forte pour agir sur réconomie animale , on lui donne le nom d'eau miné-
CHIMIE
raie. Quand, au contraire, elle a peu ou pas de saveur et ne contient cfue très peu de sels, on l’appelle eau douce ou eau potable : telles sont celles des rivières , de fontaines , etc. Enfin , à l’état de vapeurs elle se trouve en assez grande quantité dans l’atmosphère. (Voyez Physique, Hygrométrie, page IZiO.)
Nous allons faire connaître la composition des eaux potables, et pour cela nous choisirons pour exemple les analyses d’eaux de Seine et du canal de i’Ourcq que j’ai exécutées, il a douze ans, sous la direction de M. Vauquelin.
Tableau de C analyse des eaux de Paris , pour 1000 parties d’eau.
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— Vt,
'Ji
D^’signation.
^ P ro Ci
Ci* ^ Cfi
U CT5 f3
Canal de l’Ourcq.
Seine , avant son
entrée dans Paris, rive droite.
Seine , avant son
entrée dans Paris, rive gauche, avant l’embouchure de la Bièvre
Seine, au point de réunion des deux bras qui entourent la Cité.
Seine , au sortir
de Paris, rive gauche . . .
Seine, avant sa
jonction avec la Marne. . . .
Marne , avant sa
jonction avec la Seine ....
Ajoutons maintenant quelques notions sur les analyses
TAr.
qui n’ont point ti’ouvé leur place dans le tableau précédent. L’eau du canal de l’Ourcq contient 73 milligrammes d’acide carbonique, et l’eau de la Seine 51 milligrammes par litre ; l’eau de Seine contient plus d’air et surtout plus d’oxigène que l’eau du canal. Les eaux de Seine contiennent 6 milligrammes de silice , les eaux du canal 2 milligrammes. Les eaux de Seine avant leur jonction à la Marne, et les eaux de Seine prises sur la rive gauche, contiennent des nitrates ; les eaux de la rive droite et de la Marne n’en contiennent pas. Les eaux de la .Marne et les eaux de la Seine , sur la rive droite, conlieiment des sels de magnésie; celles delà rive gauche, et les eaux de la Seine avant sa Jonction, n’en contiennent pas. Les eaux du canal contiennent plus de matières organi({uesque celles de la Seine. Avant son entrée dans Paris la Seine en contient moins qu’à sa sortie. Mais cette proportion est quantitativement inappréciable.
Epreuve de Veau. — On regarde l’eau comme suffisamment pure et bonne pour les usages ordinaires lorsqu’elle est inodore, agréable au goût, qu’elle dissout le savon sans former de grumeaux et qu’elle ne forme pas des précipités trop abondants par l’addition des nitrates de baryte et d’argent et par l’oxalate d’ammoniaque, et qu’enfin, en la faisant évaporer, elle dégage au commencement de l’évaporaration des bulles nombreuses , et qu’elle ne laisse pas un résidu supérieur à quatre décigrammes par litre.
Préparation de Veau distillée. — Pour obtenir l’eau à l’état de pureté et privée d’air, on la distille, et l’on ne recueille le j)roduit qu’après avoir laissé perdre lesû/lÜO de la quantité employée ; alors on continue l’opération jusqu’aux O /h. Dans les premières parties se trouve souvent du carboiiate d’ammoniaque, provenant des matières animalisées que contient l’eau; au contraire, à la fin, en continuant le feu, certains sels que l’eau renferme pourraient réagir les uns sur les autres, et former des produits volatils, dont serait ciiargée l’eau que l’on veut purifier.
CHIMIE
Nous allons maintenant donner quelques notions générales sur la distillation.
Distillation. — La distillation est une opération qui a pour but de séparer un produit volatil de substances qui sont moins volatiles que lui. Il n’y a pas très long-temps que l’art de la distillation est connu ; les premières notions qu’on trouve sur cet art sont consignées dans les écrits d’un médecin arabe nommé Alrhasès. On distinguait autrefois trois espèces de distillations, la distillation per ascensum ou à l’alambic , per lattis ou à la cornue , et per descensiim. Cette dernière opération, qui était très vicieuse, est généralement abandonnée , elle avait pour but de forcer les liqueurs à distiller de haut en bas.
Distillation à l’alambic. — Cet instrument se compose de trois parties dont la forme exerce l’influence la plus essentielle sur le résultat; ces parties sont : la cucurbite, le chapiteau et le réfrigérant. (Voyez fig. 2U).
La cucurbite C était deux fois aussi profonde que large. Comme la rapidité avec laquelle un liquide s’évapore est en raison directe de l’étendue de sa surface , que la prom])titude avec laquelle il bout est proportionnée à l’étendue de