‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 41 sur 139 · DISTILLATION · texte numérisé non relu

DISTILLATION

la surface échaiilTée et au peu d’épaisseur de la couche de liqueur étendue sur le fond chauffé , il suit de là ([ue la cucurbite doit abandonner d’autant plus facilement ce (jui peut se volatiliser qu’elle a un fond plus large et qu’elle présente moins de hauteur, et qu’en lui donnant ces deux qualités on épargne proi)ortiomiellement le temps et le ' combustible.

Il est cependant convenable qu’elle ait assez de hauteur pour que les matières qui y sont contenues ne puissent s’élever dans le chapiteau.

Le chapiteau I) a subi de nombreuses et importantes modifications; il était autrefois séparé de la cucurbite par des tubes tantôt droits , tantôt courbés en zigzag. On les suppi’ima et l’on fit reposer immédiatement le chapiteau sur la chaudière. Dans l’alamhic de Baumé, qu’on retrouve encore dans de vieux laboratoires, le chapiteau est conique et entouré d’un bain-marie propre à condenser les vapeurs.

A sa base est une rainure destinée à conduire dans le col du chapiteau les vajieurs condensées qui ruissellent sur ses parois internes. Oet appareil a deux grands défauts : le premier, c’est qu’une partie du liquide retombe dans la chaudière au lieu de couler dans le récipient. On y avait paré dans certains cas; ainsi l’expérience avait appris, dans la distillation du vin , à donner au chapiteau un certain degré d’inclinaison; une goutte d’eau-de-vie coulait alors à sa surface sans retomber dans la chaudière; mais il restait toujours un second inconvénient auquel il n’avait pas été remédié, c’est qu’une partie des vapeurs était refroidie à distance sans avoir le contact du métal , et retombait directement dans la cucurbite.

Depuis on a reconnu que le chapiteau n’a pas besoin d’ètre grand , et qu’il n’est pas nécessaire qu’il s’y opère la moindre condensation. C’est pourquoi on le fait très petit aujourd’hui^ où l’on ne prend qu’un tuyau en cuivre recourbé dont une extrémité plus large s’adapte exactement

CHIMIE

à l’ouverture de la chaudière , taudis que la plus petite A s’ajuste également dans le réfrigérant.

Le réfrigérant , connu en France sous le nom de serpentin , est la partie dans laquelle les vapeurs se condem sent et prennent l’étal liquide. Bans les anciennes chaudières, il ne consistait qu’en tuyaux droits, traversant un vase en bois plein d’eau et de glace , ordinairement au nombre de deux ou trois suivant que le chapiteau était garni de deux ou trois tuyaux d’écoulement. Le chemin que les vapeurs avaient alors à parcourir était fort court , et il résultait de là qu’aux époques de l’année où il était impossible d’avoir la glace , la distillation ne pouvait se faire sans une perte considérable , une grande partie des vapeurs traversant le tuyau sans se condenser. C’est pourquoi on modifia la forme du réfrigérant; au lieu de trois tuyaux on n’en prit qif un seul , mais tourné cinq fois et souvent plus en spirale , et allant toujours en se rétrécissant vers le bas. ïl est contenu dans un vase K , et le liquide distillé est versé par le robinet dans le récipient R.

Distillation à la cornue, — ^Une cornue est un vase de verre , de terre , de porcelaine ou de métal ; c’est à proprement parler un matras à col recourbé. On distingue la panse qui répond à la cucurbite d’un alambic, la coûte et leco^ qui correspondent au chapiteau (lig. 25). L’appareil de réfrigération varie suivant les opérations , mais c’est ordinairement une allonge et un ballon récipient tubulé qui a le double avantage de favoriser la condensation des vapeurs et de porter les gaz h une hauteur assez grande dans la cheminée. Pour refroidir ce matras on le plonge s’il est nécessaire dans un vase contenant de l’eau et de la glace. On peut encore faire tomber de l’eau goutte à goutte sur la

Page 1