‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 44 sur 139 · COMBINAISONS DU PHOSPHORE AVEC L’OXIGÈNE · texte numérisé non relu

COMBINAISONS DU PHOSPHORE AVEC L’OXIGÈNE

propriété de congeler promptement le mercure. Le potassium le décompose avec effervescence; le fer, le zinc, l’étain , n’ont aucune action sur lui.

Ilervy, jeune chimiste de la plus grande espérance, périt victime d’une explosion de cet appareil, qui jusque là avait été employé dans les cours publics pour faire la belle expérience de la solidification de l’acide carbonique.

^ ACIDE SILICÎQÜE. Silice. — Bergmann, le premier, a examiné les propriétés de la silice; elle fait la base d’un grand nombre de minéraux : le cristal de roche où elle est à l’état de pureté , les pierres à feu^ le grès , le sable , l’agate , l’opale , etc. Lorsqu’on veut l’avoir pure , on reçoit dans l’eau du fluoride silicique (lluorurede silicium) ; ce gaz s’y dissout en s’y décomposant ; il y a formation d’acide hydrofluorique et dépôt de silice qu’il suffit de calciner au rouge. L’acide silicique est blanc , pulvérulent, insoluble dans l’eau et dans les acides ; sa pesanteur spécifique est de 2,66. Infusible dans nos fourneaux, il ne fond qu’à la lampe alimentée par l’oxigène.

DES COMBINAISONS DU PHOSPHOExE ET DE L’OXIGÈNE. — On connaît cinq combinaisons de phosphore avec l’oxigène ; ce sont l’oxide de phosphore , l’acide hypo-phosphoreux , l’acide phosphoreux , l’acide phosphatique, l’acide phosphorique.

Oxide de phosphore. — Long-temps on a cru qu’il existait deux oxides de phosphore, un blanc et un rouge; mais M. Pelo.uze a démontré que le prétendu oxide blanc n’était qu’une combinaison de phosphore et d’eau.

L’oxide de phosphore est rouge, insipide, inodore, insoluble dans l’eau, l’alcool , l’élher et les builes; il n’est pas lumineux dans l’obscurité.

Chauffé dans un tube fermé, il se décompose en acide phosphorique et en phosphore; si le tube avait le contact de l’air, il ne se formerait (jue de l’acide phosphorique.

CHmiE.

On l’obtient en faisant passer un courant d’oxigène à travers du phosphore fondu dans de l’eau chaude,

Acides hypo - phosphoreux et phosphoreux. — Ces deux acides ont pour caractères communs d’être décomposables par la chaleur, et de donner lieu à de l’hydrogène protophosphoré, à du phosphore et à de l’acide phosphorique, Dans ce cas l’eau est décomposée ; son oxigène se porte sur l’acide , qui , abandonnant du phosphore, passe à l’état d’acide phosphorique ; en même temps, une partie du phosphore se volatilise , tandis que l’autre forme de l’hydrogène phosphoré par sa combinaison avec l’hydrogène de l’eau.

V acide hypo-phosphoreuœ est liquide, incristallisable , très sapide ; les sels qu’il forme sont tous très solubles.

Il est formé de quatre atomes de phosphore et de trois atomes d’oxigène nr: P+ OC

On l’obtient en traitant par l’eau le phosphure de barium : l’eau se décompose , l’hydrogène s’unit à une partie du phosphore; il en résulte de l’hydrogène sesqui-phosphoré , tandis que l’oxigène se combine avec une partie de phosphore pour former l’acide hypo-phosphoreux , qui se combine à la baryte. On dissout l’hypo-phosphite de baryte , on le décompose par l’acide sulfurique qui s’empare de la baryte et laisse à nu l’acide hypo-phosphoreux en dissolution ; on filtre et on concentre dans le vide,

V acide phosphoreux est solide, cristallisé, blanc, inodore et très sapide ; il forme avec les bases des sels qui sont en général moins solubles que les hypo-phosphites , quelques uns même ne le sont pas. Il est formé de deux atomes de phosphore, et de trois atomes d’oxigène OC

On l’obtient en traitant par l’eau le protochlorure de phosphore; l’hydrogène de l’eau se combine au chlore, forme de l’acide chlorhydrique , son oxigène au phosphore pour constituer l’acide phosphoreux ; en évaporant conve-

ACIDE PHOSPHORIQÜE. Ii5

nablemcnt, l’acide chlorhydrique se dégage et l’acide phosphoreux cristallise.

Acide hypo-piiospiioiuque ou phosphatique. — D’après Dulong, il paraît ii’être qu’un composé d’acide phosphoreux et d’acide phosphorique dans la proportion d’im atoîue du premier, et deux atomes du second, d’où la formule P'’ Ce qu’il y a de certain, c’est que cet acide, combiné avec les bases, donne lieu à des phosphates et à des phosphites.

(^et acide est toujours liquide, visqueux, incolore, très sapide, d’une odeur faible de phosphore, d’une densité plus grande que celle de l’eau. Exposé à la chaleur, il se décompose de la même manière que les deux acides précédents. L’eau le dissout en toutes proportions.

Cet acide est toujours un produit de l’art; pour l’obtenir on dispose plusieurs tubes de verre dans un entonnoir, qui repose sur un flacon. Dans chaque tube on place un bâton de phosphore , et l’on recouvre le tout d’une cloche percée pour donner accès à l’air. Peu à peu le phosphore brûle et forme l’acide phosphatique, qui , en raison d’un peu d’humidité que doit contenir l’air, coule dans l’entonnoir, et de là dans le flacon.

Acide phosphorique. — C’est le plus important des acides de phosphore; il fut découvert par Margraff, examiné par plusieurs chimistes, mais surtout par MM. Berzélius, Dulong, Gay-Lussac et Graham.

Cet acide est solide , très acide , inodore , incolore , rougissant fortement la teinture de tournesol, d’une pesanteur spécifique plus grande que celle de l’eau ; il peut cristalliser, mais difficilement. Exposé à une chaleur rouge, il fond et donne lieu à un verre transparent; à une température très élevée , il se vaporise ; exposé à l’action de la pile , il est décomposé en phosphore et en oxigène. L’air et l’oxigèiie n’ont aucune action sur l’acide phosphorique , si ce n’est quand ils sont humides ; alors l’acide absorbe leur hu-

midité. Parmi les métalloïdes on ne connaît bien que l’action du carbone ; à une température élevée , il décompose î’acide phosphorique en phosphore et en oxigène qui , combiné au charbon, constitue de l’acide carbonique ou de l’oxide de carbone.

L’eau dissout facilement l’acide phosphorique ; cette dissolution est appelée acide phosphorique liquide. L’alcool le dissout également.

La composition de l’acide phosphorique a été long-temps un sujet de contestation. Les plus habiles chimistes ne pouvaient pas tomber d’accord , soit pour expliquer sa composition , soit pour expliquer les raisons qui faisaient que telle ou telle circonstance déterminait en lui des propriétés nouvelles. En effet, tantôt l’acide phosphorique précipitait le nitrate d’argent en jaune , tantôt il le précipitait en blanc; mais pour explix{uer la cause inconnue de ce phénomène on créa le mot isomérie, et l’on disait que ces deux acides étaient isomères, c’est-à-dire que, possédant la même composition atomique , ils présentaient des propriétés différentes.

Des travaux furent entrepris par MM. Stromeyer, Clark, Enghellart et Gay-Lussac , et le résultat de ces travaux fut pour qu’on distinguât deux acides phosphoriques , l’un possédant une capacité de saturation plus grande que l’autre , et la propriété de précipiter le nitrate d’argent en jaune : c’est l’acide phosphorique; l’autre d’une capacité de saturation moindre, précipitant le sel d’argent en blanc : on donne à cet acide le nom d’acide paraphosphorique. Les connaissances en étaient là lorsque M. Graham , dans un fort beau Mémoire, vint jeter un jour tout nouveau sur cette question , et faire connaître quatre modifications de l’acide phosphorique , en même temps qu’il fit voir que les modifications étaient infiuencées par la présence d’une plus ou moins grande quantité d’eau , ou de base.

Selon M. Graham, quand on brûle du phosphore dans

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