ACIDE BORIQUE
qu’à concentrer la liqueur au moyen de la machine pneumatique et de l’acide sulfurhiue.
Usages. — L’eau oxigénéc peut être employée à l’extérieur comme un excitant très énergique. On l’a indiquée pour restaurer les vieux dessins noircis par l’acide sulfhydrique ; dans ce cas, le sulfure noir de plomb qui s’est formé passe à l’état de sulfate blanc.
ACIDE BORIQUE (Acide horacique; sel sédatif de Homherg). — Il est solide, blanc, inodore, rougissant faiblement la «teinture de tournesol. Sa pesanteur spécifique = 1,803. Soumis à une température élevée, il fond et donne lieu à un verre incolore et transparent. En même temps il perd son eau de combinaison. L’air et l’oxigène ne l’altèrent pas. L’eau à 100° n’en dissout que la 35'^ partie de son poids. Quoique l’acide borique soit un des acides les plus fixes , cependant il se volatilise dans l’eau bouillante , mais alors c’est la vapeur de l’eau qui détermine sa volatilisation. Il a été découvert par Ilomberg.
Composition. — Il est formé de 2 atomes de bore et de 3 atomes d’oxigène, d’où OU II existe, dans plusieurs lacs de Toscane libre , et h l’état de combinaison avec la soude dans quelques lacs des Indes.
Préparation. — Pour l’obtenir, on fait dissoudre, à chaud, du borate de soude, et l’on y verse, pendant que la dissolution est encore chaude, de l’acide sulfurique qui s’empare de la soude , forme du sulfate de soude , et met l’acide borique en liberté , qui cristallise par le refroidissement de la liqueur.
Caract. essent. — Cet acide se reconnaît à ce que , dissous dans l’alcool , il communique à sa flamme une couleur verte.
Usages. — On s’en sert pour analyser les pierres gemmes, et en médecine comme calmant et antispasmodique.
COMBINAISONS DU CARBONE ET DE L’OXIGÈNE. — L’oxigène s’unit au carbone pour former cinq composés,
CHIMIE
savoir : V oxide de carbone, G O, Y acide carbonique G V acide oxalique, G^ 0^, V acide croconique, G^ O^, Y acide mellitique , G4 Nous ne traiterons ici que des deux premières combinaisons.
Oxide de carbone. ■ — ■ Historique. — En calcinant de l’oxide de zinc avec du carbone , Priestley obtint un gaz inflammable ; il crut que c’était de l’hydrogène carboné ; mais Gruickshank et Glément Désormes démontrèrent qu’il n’était formé que de carbone et d’oxigène.
Préparation. — Le gaz oxide de carbone se produit toutes les fois qu’on met en contact à une haute température un excès de carbone avec ou de i’oxigène , ou de l’acide carbonique, ou des corps qui cèdent difficilement l’oxigène ou l’acide carbonique qu’ils contiennent ; mais le procédé qui le donne le plus pur repose sur la propriété qu’a l’acide sulfurique de décomposer l’acide oxalique en volumes égaux de gaz oxide de carbone et de gaz acide carbonique. On fait un mélange de 1 partie de bi-oxalate de potasse ( sel d’oseille ) et de 5 parties d’acide sulfurique concentré ; on introduit ce mélange dans une cornue , on chaulîe peu à peu, on fait passer le gaz sur un excès de potasse caustique qui absorbe l’acide carbonique , et on reçoit le gaz oxide de carbone sous des cloches placées sur une cuve à eau.
Propriétés. — L’oxide de carbone est un gaz sans couleur ni odeur; sa densité est de 0,96783; il éteint les corps en combustion. Mis à une température rouge en contact avec le gaz oxigène, il se combine avec dégagement de calorique et de lumière avec 7 volume de ce gaz, et donne lieu h un volume égal au sien d’acide carbonique. L’eau ne dissout pas une quantité notable d’oxide de carbone. Formule :
Le chlore et l’oxide de carbone, exposés au soleil , en quantités égales , se contractent de moitié et forment une nouvelle combinaison que John Davy avait nommée phos-
ACIDE CARBONIOCE.
gène, nom que les chimistes français ont remplacé par celui de gaz acide chloroœi-carboniqye. Il est incolore, d’une odeur analogue au chlorure d’azote, rougissant la teinture de tournesol , et éteignant les corps en combustion.
Acide CxAKBONIQUE. — Historique. — Yanhelmont reconnut que les pierres calcaires laissaient quelquefois dégager un air qu’il nomma gaz. Haies démontra que cet air était une des parties constituantes de ces pierres. Biack vit que la chaux et les alcalis pouvaient l’absorber. Priestley en étudia avec soin les propriétés; mais il était réservé au génie de Lavoisier d’en faire connaître exactement la nature et la composition.
Etat naturel. — L’acide carbonique existe à l’état de gaz : 1° dans l’air atmosphérique , et à l’état de pureté dans plusieurs grottes , dont la plus connue est celle du Chien , près Pouzzoles en Italie ; cette grotte contient ordinairement une couche de 5 à 6 décimètres de gaz acide carbonique , de sorte qu’un homme peut y descendre sans danger et qu’un chien y est asphyxié; 2° dissous dans l’eau dans plusieurs eaux médicinales, dont les mieux connues sont celles de Seltz ; 3” en combinaison à l’état de carbonate avec plusieurs oxides. Il se forme constamment par la combustion du charbon et par la respiration.
Préparation. — La craie , les marbres sont des carbonates de chaux plus ou moins purs; mis en contact avec des acides puissants, l’acide carbonique est chassé par eux ; on peut facilement le recueillir. Pour le préparer on prend des fragments de marbre blanc , on
ilO CHÏMÏE.
l’iîltrüdiîît dans nn flacon à deux tubulures ( fig. 26 ) ; à l’une d’elles on adapté un tube se rendant dans un flacon de Wolf Contenant un peu d’eau légèrement alcaline ; à ce flacon est adapté un tube propre à recueillir le gaz sur une Clive à eau ou à mercure. A l’autre tubulure on adapte un tube surmonté d^un entonnoir ; on introduit par là de l’acide hydCochlociflUé ëU quantité suffisante pour décomposer le carbonate de chaux, et l’operation marche d’elle-même à la température ocdiiiairé.
PropHéîés. — L’acide carbonique est un gaz incolore ; sa sàVeUr Cst aigrelette , son odeur légèrement piquante ; il rougit faiblement la teinture de tournesol ; il éteint les corps en combustion , est U'on seulement impropre à la respirati’ou , mais asphyxie les animaux qui le respirent. Sa densité est de l,52ii5 ; cette pesanteur, plus grande que celle de l’aie, fait qù’Oil peut le transvaser comme un liquide ; à — 26 il ne châng'e pas d’état; mais si oii augmente la pression , on le liquéfie.
Aci'dv carhoniquè et eau. — A la température ordinaire l'eau dissout à petl pCès 1 fois 1/2 son volume de gaz ; mais en augmentant la pression et en diminuant la température on en fait aisément dissoudre 6 volumes. On se sert pour cela d’appareils à compression.
U'sâye's. — L’eau chargée de 5 fois son volume de gaz acide carboniqiVe constitue l’eau gazeuse qui sert de base à l’eau de Seltz arliflcielle qui est tant employée aujouiii’hui. t’est en décomposant le gaz acide carbonique que les plantes absorbent le carbone qui leur est nécessaire.
Co^positi'on.— Le gaz acide carboniqOe contient un Volume égal au sien de gaz oxigène. Voici la formule qui représente sa composition : G 0% et qui correspond à 200 d’oVigène et h 75 de carbone. On vérifie ce résultat en faisant brûler du carbone pur, ou mieux du diamant, avec une quantité connue de gaz oxigène.
M. Ooebereiner a cité comme expérience convenable à
ACIDE CARBOmQDE. IH
faire dans im cours la manière suivante de mettre la composition de l’acide carbonicpie en évidence : on introduit au fond d’un tube fermé à un des bouts un mélange cle carbonate de chaux avec un peu de sodium, et on chauffe à la lampe à esprit-de-vin. Le sodium brûle avec dégageaient de lumière, mais sans explosion, aux dépens de j’oxigène de l’acide carbonic[ue. Après le refroidissement on ajoute un peu d’eau, ce c[ui produit un petit dégagement d’hydrogène, et on dissout la chaux dans un peu d’acide chlorhydrique qui laisse un résidu de charbon qu’on recueille sur un filtre.
Acide caebomque liquide et solide. — L’acide carbonique gazeux, refroidi et comprimé, peut être lic{uérié; cette propriété, indiquée par M. Faraday, a été démontrée par M. Thilorier avec beaucoup de perfection. C’est une belle expérience qui, depuis trois ans, était répétée dans les cours publics, mais qui n’est plus exécutée actuellement à cause des dangers qui raccompagnent.
L’appareil de .M. Thilorier (fig. 27) pour la liquéfac
et la solidification de l’acide carbonique se compose d’un cylindre en fonte A, de 0"bû87 de hauteur, de 0’",271 de largeur, de Û“qü54 d’épaisseur. Ce cylindre est suspendu
CHIMIE
dans son milieu , sur son axe B ; on y place du bicarbonate de soude, qu’on tasse à l’aide d’un cylindre en bois. Lorsque le bicarbonate est introduit dans ce cylindre , on place de l’acide sulfurique dans un tube de cuivre G et G fermé à l’une de ses extrémités ; on fait entrer ce tube dans le cylindre de manière à ce qu’il soit fixé dans le bicarbonate. On ferme alors l’appareil à l’aide d’un obturateur à vis qui est surmonté d’un robinet en cuivre, destiné à laisser au besoin dégager l’acide. On fait osciller le cylindre suspendu comme nous l’avons dit sur son axe; l’acide sulfurique contenu dans le tube se répand sur le bicarbonate de soude, et la réaction a lieu instantanément.
L’appareil étant hermétiquement fermé , le gaz qui se dégage se comprime fortement. Sous cette compression , il se liquéfie, et il est amené même à l’état solide, sous forme de neige, lorsqu’on le laisse échapper par une petite ouverture. L’acide carbonique ainsi produit est conduit, quand on le veut , dans un cylindre récipient E, F, à l’aide d’un tube D , et, lorsqu’il est introduit dans ce réservoir, on recommence une deuxième opération de production d’acide qu’on accumule dans le second réservoir
La compression qui s’établit dans les cylindres et qui réagit contre leurs parois est de 75 atmosphères; au début de l’expérience elle croît de 2 atmosphères pour chaque degré de température. On peut évaluer la pression totale qui s’établit dans l’appareil à 150 atmosphères. En s’échappant sous forme de jet, cet acide liquide devient rapidement gazeux, aux dépens du calorique d’une portion d’acide carbonique , et absorbe tant de calorique que toujours une assez grande partie d’acide carbonique se solidifie.
L’acide solidifié est sous forme de flocons blancs , qui conservent cet état assez long-temps. La température qui produit la solidification de l’acide carbonique peut être évaluée à 100"^ au-dessous de 0°, L’acide solide possède la