‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 51 sur 139 · POTASSIUM · texte numérisé non relu

POTASSIUM

la pile ayant été activée, le mercure contient assez de potassium, on distille l’amalgame avec de l’huile de naphte employée ici pour chasser, par sa volatilisation, l’air contenu dans la cornue. Bientôt après, le mercure se volatilise et le potassium reste h l’état de pureté.

On l’obtient en bien plus grande quantité en exposant à une haute température la potasse à l’action du fer ou du charbon ; ceux-ci s’emparent de l’oxigène et mettent à nu le potassium qui se volatilise.

Ce procédé présente les plus grandes difficultés d’exécution pour en obtenir des quantités notables. Nous allons donner, d’après M. Thénard, le détail de celui qu’il a indiqué avec M. Gay-Lussac.

Extract ion du potassium de V hydrate dépotasse par le fer (fig. 31 ). — On prend un canon de fusil; on le décape ou on le nettoie intérieurement , en le frottant avec du sable et de l’eau, et on le sèche en l’essuyant avec un linge ou du papier ; ensuite on le fait rougir successivement en c' et en b, pour le courber comme on le voit. Alors on le recouvre , depuis b" jusqu’en c'' , d’une couche d’environ 16 millimètres d’épaisseur d’un lut fait avec 5 parties de sable et 1 partie de terre à potier. On laisse sécher ce lut à

Fig. 31.

l’ombre pendant cinq à six jours, au bout desquels on l’ex-

CHIMIE

pose au soleil ou à une douce chaleur, pour en achever la dessiccation. S’il s’y fait quelques gerçures , on les répare avec du lut frais.

Le canon étant bien luté , on le remplit, depuis 6' jusqu’en c, de tournure de fer décapée par la trituration avec du sable ; on dispose ce canon dans un fourneau à réverbère, comme on le voit; on l’assujettit dans ce fourneau ayec des fragments de briques et d’un lut infusible , ou de même nature que celui qui recouvre le canon ; après quoi l’on met des fragments d’hydrate de potasse, depuis h' jusqu’en a', et l’on adapte, d’une part, à l’extrémité supérieure a, un tube de verre qu’on fait plonger dans le mercure , et , d’une autre part , à l’extrémité inférieure d , un récipient de cuivre g g' hh' , formé de deux pièces qui s’élargissent et entrent à frottement l’une dans l’autre. Ce récipient , placé sur un support ll\ reçoit par son ouverture g g' l’extrémité du canon d , et par son autre ouverture Il h' un bouchon portant un tube de verre recourbé i. Enfin 011 fait rendre la tuyère d’un bon soufflet dans le cendrier, par la porte r, qu’on bouche ensuite avec de la terre et des briques , et on établit une grille demi-cylindrique e' de fil de fer sous la partie a' h' du canon , de manière qu’elle l’enveloppe inférieurement et latéralement, et qu’elle en soit distante d’environ un pouce.

Lorsque l’appareil est ainsi disposé , que les portes du foyer et du cendrier sont bien bouchées , que toutes les fissures le sont également, et que les luts sont bien secs, on verse alternativement, par la cheminée, du charbon froid et du charbon incandescent dans le fourneau, jusqu’à ce qu’il en soit presque plein. On met un linge mouillé en b', de crainte que l’hydrate ne fonde, et l’on souffle lentement jusqu’à ce que la flamme apjiaraisse au-dessus du dôme. A cette époque, on augmente le courant d’air, de manière à le rendre bientôt le plus fort possible. Aussitôt que le canon du fusil est excessivement chaud , on enlève

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