‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 6 sur 139 · CHIMIE INORGANIQUE · texte numérisé non relu

CHIMIE INORGANIQUE

§ I. Notions générales.

Définition de la chimie. — Il est bien difficile de donner une définition exacte d’une science aussi vaste que celle qui va nous occuper ; cependant l’on peut dire que , dans l’état actuel de nos. connaissances , la Chimie est cette science qui nous fait connaître la nature des corps et la manière dont ils se comportent les uns à l’égard des autres. Le chimiste étudie la constitution intime des corps ; il pénètre pour ainsi dire dans leur intérieur pour en isoler les divers principes. Mais là ne se borne pas sa puissance ; il peut encore, par une série de merveilleuses transformations, reproduire les composés qu’il a détruits, faire sortir l’ordre du chaos, et donner ainsi une faible image de la puissance infinie de notre divin créateur. Ce qui peut augmenter encore l’irrésistible attrait que cette étude inspire, c’est le caractère d’utilité qui se rattache bien vite à toutes les recherches chimiques. L’hygiène publique, la médecine, un grand nombre d’industries , viennent h l’envi réclamer les secours et s’éclairer des lumières de la chimie.

Corps simples et corps composés. — Il existe dans la

CHIMIE

nature deux séries de corps : les corps simples , qui sont en plus petit nombre, et les corps coniposés, qui forment presque à eux seuls tous les corps de la nature.

Les corps simples sont ceux chez lesquels on n’est pas encore parvenu à retirer plus d’une seule substance ; tels sont le soufre, le fer, le plomb, î’oxigène, l’hydrogène, etc. Ces corps simples sont aujourd’hui au nombre de cinquante-quatre, et ce sont eux qui, combinés deux à deux, trois à trois , etc. , forment tous les corps composés.

Tous les corps simples et composés sont formés d’une muliitude de petites parties qu’on peut appeler molécules , atomes ou particules : faisons remarquer pourtant que cette dernière dénomination s’applique plus spécialement aux molécules des corps simples. Afin de ne pas confondre ces deux sortes de molécules, on a désigné sous le nom d’atomes intégrants ceux de tous les corps simples , et d’atomes constituants ceux de tous les corps composés.

DE L’AFFINITÉ CHIMIQUE. — Lorsqu’on met deux corps simples en contact F un avec l’autre dans de certaines circonstances, on remarque qu’ils s’unissent et que de cette union résulte un composé qui ne ressemble ni à l’un ni à l’autre des corps simples employés. C’est à cette union , à ce phénomène, qu’on donne le nom de combinaison. Ainsi, quand on fait chauffer dans un creuset quarante parties de plomb et dix de soufre, on obtient un composé homogène dans lequel on ne découvre plus ni le plomb, ni le soufre , mais dont chaque molécule , quelque fine qu’elle soit, contient proportionnellement la meme c[uantité de plomb et de soufre.

Tous les corps ne se combinent pas les uns avec les autres dans les circonstances ordinaires, parce que différentes causes s’y opposent ; seulement on peut dire que tous teildent à se combiner. On explique cette tendance à la combinaison en admettant une force inhérente aux molécules ou atomes de la matière , et qu’on a appelée attrac-

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