‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 7 sur 139 · AFFINITÉ CHIMIQUE · texte numérisé non relu

AFFINITÉ CHIMIQUE

tio7i moléculaire ou atomique, dette attraction prend différents noms, selon qu’elle a lieu entre des atomes similaires ou des atomes de nature dilTérenle : dans le premier cas, on l’appelle cohésion, et, dans le second, alJinilé.

Cohésion. — La cohésion , comme nous Tenons de le dire, étant cette force qui unit les atomes de meme nature, c’est-à-dire les atomes intégrants d'un corps, doit être d’autant plus grande que l’effort nécessaire pour désunir les particules ou atomes de ce corps sera lui-même plus grand; il suit de là qu’elle est presque insensible dans les gaz, qu’elle est faible dans les liquides, et plus ou moins grande dans les solides. C’est cette force qui s’oppose le plus à la combinaison des corps. En effet, tant que la cohésion l’emporte sur l’alTniité, la combinaison ne peut avoir lieu; ce qui explique pourquoi les corps solides ne se combinent que très rarement. Soit du plomb et du soufre dont la cohésion pourra être représentée par 7, et dont l’affinité des particules du soufre pour celles du plomb ne le sera que par 6 ; il est évident que la combinaison n’aura pas lieu ; mais vient-on par un moyen quelconque à diminuer la cohésion , bientôt la combinaison s’opère. Aussi la chaleur, ayant pour effet de fondre le plomb , par conséquent de diminuer sa cohésion, devient-elle un excellent moyen pour favoriser sa combinaison avec le soufi e.

Affinité. — L’affinité est cette force qui agit sur les atomes de nature différente. Tous les corps ne jouissent pas les uns pour les autres du même degré d’affinité ; ainsi, par exemple, si l’on chauffe du cinabre (composé de soufre et de mercure) avec du fer, celui-ci s’emparera du soufre, et mettra à nu le mercure, qui se volatilisera ; ce qui prouve que le soufre a plus d’affinité pour le fer que pour le mercure. On nomme quelquefois cette affinité élective, en raison du choix que certains corps font de certains autres.

L’affinité peut être modifiée de différentes manières :

1® Par la quantité d'un corps mis en jmésence d'un

CHIMIE

autre. Exemple : si l’on fait passer un courant d’acide suifhydrique dans une dissolution de carbonate de potasse ( acide carbonique et potasse ), on voit bientôt se produire un dégagement d’acide carbonique pendant que le gaz suifhydrique se combine à la potasse. Fait-on l’opération inverse, on voit que le dégagement n’est plus que de l’acide sulfhydrique pendant que l’acide carbonique se combine à la potasse. Dans ce cas , il faut bien admettre une affinité plus grande de l’un des acides pour la potasse, et l’expérience prouve que c’est l’acide carbonique ; mais en raison du courant continu d’acide sulfhydrique, la décomposition a lieu , puisque l’acide carbonique se dégageant ne peut contre-balancer les effets du premier acide.

2^ La quantité relative des corps eïitre lesquels la combinaison peut avoir lieu influe beaucoup sur raflinité. Supposons un corps A capable de s’unir en trois proportions à un autre corps B de manière à former, 1” un corps AB, 2® un autre A B B , et un troisième A B B B. On remarque alors que le corps B tient d’autant plus au corps A qu’il y est en plus petite quantité par rapport à l’autre. Ainsi, dans de certaines circonstances, le corps A B BB pourra perdre du corpsBjusqifà ce que le corps soit devenu A B B. Ce dernier corps lui-même pourra perdre , mais plus difficilement, du corps B pour devenir AB. Enfin, ce n’est que très difficilement qu’on pourra défaire la combinaison A B ; ce qui se rapporte à ce que nous avons dit. L’eau et le bi-oxide d’hydrogène nous offrent un exemple de ce que nous venons d’avancer : dans l’eau, il y a un volume d’oxigène uni à deux d’hydrogène ; dans le bi-oxide d’hydrogène, il y a deux volumes d’oxigène pour deux d’hydrogène. Chauffe-t-on seulement ce dernier composé , que bientôt la moitié de l’oxigène quitte la combinaison , tandis qu’il ne reste que de l’eau, que la chaleur ne décompose plus.

3^ Lorsqu’un corps est combiné à un autre corps, son action sur un troisième corps est nulle ou presque nulle.

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