ARGENT. OR
donne en totalité par le refroidissement spontané. Une très petite proportion d’or on de cuivre lui fait perdre cette propriété. L’acide nitrique l’atlaque facilement, l’acide sulfuri([ue ne l’attacfue que concentré. L’acide chlorhydrique l’attaque sensiblement. Les acides végétaux sont sans action sur lui. Les alcalis caustiques, les carbonates ou nitrates alcalins ne l’attaquent point lorsqu’il est pur. Il se combine directement avec le soufre, le phosphore, l’arsenic. A l’aide de la chaleur il décompose le ga^ sulfhydrique ; il s’allie avec un grand nombre de métaux, mais non avec le cobalt et avec le fer.
Usages. — En raison de la propriété qu’a l’argent d’être inaltérable, on en fait une foule de vases et de bijoux; il forme la majeure partie de notre monnaie. En médecine 011 l’emploie à l’état d’azotate.
Or. — Connu de tout temps, l’or est un métal solide, jaune, très brillant , inodore , insipide. C’est le plus ductile et le plus malléable de tous les corps. Réduit en lame de ü“, 00009 d’épaisseur, il est transparent et laisse passer une lumière d’un vert bleuâtre. Il est très tenace et peu dur. Sa pesanteur spécifique — 19,257. Il est moins fusible que l’argent. Il n’est pas volatil.
L’oxigène et l’air ne l’altèrent nullement, soit à chaud, soit à froid. Quelques chimistes pensent que par une forte décharge électrique on parvient à l’oxider ; du moins l’or, soumis à cette influence, se transforme-t-il en une poudre purpurine, qui n’est que de l’or divisé d’après Buisson.
Tous les métalloïdes ont été unis à l’or, à l’exception du bore, du silicium, du carbone et de l’azote. Un grand nombre de métaux peuvent se combiner à l’or et former des alliages dont quelques uns offrent de l’intérêt.
L’or ne se trouve qu’à l’état natif, ou combiné avec un peu d’ai'gent , de cuivre et de fer. On le rencontre assez souvent dans des sables (jui portent , à cause de cela , le nom de sables aurifères, Tour l’obtenir, on lave les sables
CHIMIE
aurifères , et Ton en sépare l’or que l’on amalgame et que l’on sépare du mercure par la distillation. Quand l’or est engagé dans une gangue , on la broie avec du mercure qui s’amalgame à l’or. On soumet ensuite l’amalgame à la distillation.
L’or sert à faire des vases et des bijoux plus précieux que ceux que l’on fait en argent ; il est employé à la fabrication de nos monnaies. En le précipitant de sa dissolution niîro-hydrochlorique par le chlorure d’étain, on obtient le Pourpre de Cassius ; et en traitant la même dissolution par le sulfate de protoxide de fer, on obtient la poudre d’or, avec laquelle on dore la porcelaine.
Platine. — Connu vers l’année 1735, ce n’est que depuis trente ans qu’on est parvenu k agglomérer et k forger le platine en éponge; avant cela on employait l’action de l’arsenic pour l’agglomérer. En 1752, Scheffer avait annoncé ce procédé , qui fut pratiqué et perfectionné par Willis, Margraf, Guy ton , etc. Ce fut l’orfèvre Zanetti qui exerça le premier en grand l’art de fabriquer des objets en platine. Le platine est un corps solide , presque aussi blanc que l’argent, très brillant, très ductile et très malléable; il est très mou , au point que l’ongle peut le rayer. Sa ténacité est grande, et sa pesanteur spécifique de 21,53 , pesanteur plus grande que celle de tous les corps connus. Il n’est fusible qu’k l’aide du chalumeau k gaz.
L’oxigène et l’air n’ont aucune action sur lui , ni k froid ni k chaud. Cependant, au moyen d’une forte décharge électrique, on parvient k l’oxider.
Le bore, le soufre, le sélénium, le phosphore, l’iode, le brome et le chlore se combinent facilement au platine ; il en est de même de la plupart des métaux: on remarque surtout que l’iridium et l’osmium le rendent très dur.
Nous ne reviendrons pas sur la propriété qu’il a d’enflammer l’hydrogène lorsqu’il est réduit en éponge (voy. art. hydrogène). Nous dirons seulement ici que M. Liebig