DORURE SUR MÉTAUX
PROCÉDÉ GALVANO-PLASTIQlJK POCR DORER , ARGEM ER, PEATLNER, E IC. , LES MÉTACX. J)ans la partie physique de ce Cours (page 220) , j’ai donné le procédé de M. de La Rive pour dorer l’argent et le laiton ; depuis l’impression de ce volume , de nouveaux progrès ont été faits dans cette direction. Voici comme M. Dumas, rapporteur d’une commission de LAcadémie des sciences, s’exprime:» Un art nouveau, de la plus haute importance, car il tend à rendre générales les jouissances du luxe le mieux raisonné, vient, sinon de naître en France, du moins d’y recevoir des développements inattendus. C’est l’art d’appliquer à volonté les métaux les ])lus résistants, ou les plus beaux , en couches minces comme celles d’un vernis, ou en couches plus épaisses à volonté, sur des objets façonnés avec d’autres métaux moins chers et plus tenaces que ceux-ci.
» Ainsi des objets en fer, en acier, c’est-à-dire tenaces, durs ou tranchants , mais oxidables à l’air, peuvent, tout en conservant leurs anciennes propriétés, devenir inaltérables au moyen d’un vernis d’or, de platine ou d’argent, vernis si léger et si mince que leur prix s’en ressent à
peine.
» Des ustensiles en cuivre , laiton ou étain qui seraient dangereux ou désagréables, peuvent recevoir la meme préparation en couches plus épaisses, et devenir inaltérables à l’air , inodores et d’un emploi salubre. Et comtne l’agent ({ui opère de tels effets possède une puissance sans limites, il faut ajouter ([ue ce n’est pas seulement l’or, le platine et l’argent (ju’on peut applifiuer sur quelques métaux , mais le cuivre, le plomb, le zinc, le nickel, le cobalt, etc. , epii, mis à contribution selon les circonstances, viennent à leur tour changer l’aspect des objets sur lesciuels on les force à se déposer, ou bien leur communiquer des propriétés utiles et nouvelles.
» (]et art , ajoute le rapporteur, aura pour effet presque
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certain de détruire tous les ateliers si dangereux de dorure au mercure; il transportera jusque dans la plus humble chaumière l’usage agréable et utile de l’argenterie , il permettra d’appliquer le vermeil à une foule d’objets d’usage commun, et par cela même provoquant une déperdition considérable de métaux précieux , viendra ranimer l’exploitation des mines d’argent , rehausser le prix avili de ce métal , et faire équilibre à l’excès de production, qui, à son égard , se manifeste depuis long-temps d’une manière si frappante. »
Procédé de dorure par M. Elkmgton. — ■ « Il prend 31 grammes 25 centigrammes d’or converti en oxide , 5 hectogrammes de cyanure de potassium et k litres d’eau. Il fait bouillir le tout pendant une demi-heure; dès lors le liquide est prêt à servir. Bouillant , il dore très vite ; froid , il dore plus lentement. Dans les deux cas , on y plonge les deux pôles d’une pile à courant constant, l’objet à dorer étant suspendu au pôle négatif, où le métal de la dissolution vient se rendre.
') Voici la disj)osilion de l’appareil de ÎM. Elkington. C’est un vase cylindrique de cuivre , armé d’un long fil de ce métal , et d’un autre vase , également cylindrique , en terre poreuse, d’un diamètre moindre des deux tiers, que l’on place dans le vase en cuivre ; l’élément en zinc cylindrique solide , armé d’un long fil de cuivre, se loge entre les parois des deux vases inclus l’un dans l’autre. On verse le bain d’or dans le vase en terre, et une dissolution de sel marin dans le vase de cuivre ; on plonge les deux pôles dans le vase en terre , ainsi que les objets à dorer, qu’on place contre le pôle négatif, c’est-à-dire contre le long fil de cuivre qui part du zinc. »
Procédé de dorure par M. delhiolz. — « Il emploie une pile de ôO couples de 16 centimètres de large sur 8 de hauteur. Il arme le pôle positif d’un fil de platine , le pôle négatif d’un hl de cuivre , qui se rendent dans l’auge où se
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tr()uv(î le bain d’or ou autre. Les objets à dorer, arpenter, étanier, cuivrer, etc. , sont rangés sur le fil de cuiM'e; le lil de i)latine les longe sans les toucher.
» M. de Iluolz a é[)roiivé une telle variété de dissolutions d’or, qu’il lui a éié facile d’en trouver de moins chères et de plus convenables que celles dont M. Elkington fait usage lui-mème : ainsi il s’est servi , 1° du cyanure d’or dissous dans le cyanure simple de potassium ; 2” du cyanure d’or dissous dans le cyano-ferrure jaune; 3° du cyanure d’or dissous dans le cyano-ferrure rouge; h" du chlorure d’or dissous dans les mêmes cyanures; 5" du chlorure double d’or et de potassium dissous dans le cyanure de potassium; 6° du chlorure double d’or et de sodium dissous dans la soude; 7" du sulfure d’or dissous dans le sulfure de potassium neutre.
» Les chimistes seront étonnés, ajoute le rapporteur, en examinant tous ces procédés, que le dernier de tous, celui qui repose sur l’emploi des sulfures, soit le plus convenable, et qu’appliqué à dorer les métaux tels (|ue le bronze et le laiton, dont on connaît la sensibilité en ce qui concerne la sulfuration , il réussisse à merveille et en donnant la dorure la plus belle et la plus pure de ton.
J>u reste, tous ces procédés réussissent bien, et les trois derniers en particulier permettent de doi er tous les métaux en usage dans le commerce , et même des métaux qui jusqu’ici ii’y ont pas été employés. Ainsi l’on peut dorer le platine , soit sur toute sa surface, soit sur certaines parties, de manière à obtenir des dessins d’or sur un fond de platine.
» L’argent se dore si aisément, si régulièrement et avec des couleurs si pures et si belles, qu’il est permis de croire qu’à l’avenir tout le vermeil s’obtiendra de la sorte. On varie à volonté l’épaisseur de la couche d’or, sa couleur même. On peut faire sur la même pièce des mélanges de mal et de poli. Enfin, on dore avec une égale facilité les
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pièces à grande dimension, les pièces plates ou à relief, les pièces creuses ou gravées et les filaments les plus déliés.
» Tout ce qu’on vient de dire de l’argent , il faut le répéter du cuivre, du laiton, du bronze. Rien de plus aisé, de plus régulier que la dorure des objets de diverse nature que le commerce fabrique avec ces trois métaux. L’or, tantôt appliqué en pellicules excessivement minces , constitue un simple vernis propre à garantir ces objets de l’oxidation ; tantôt , appliqué en couches plus épaisses , il est destiné à résister, en outre , au frottement et à l’usage. Par un artifice très simple on peut varier l’épaisseur de la couche d’or, la laisser mince partout où l’action de l’air est seule à craindre , l’épaissir, au contraire , là Où il importe d’empêcher les dégradations dues au frottement. La bijouterie tirera grand parti de ces moyens, mais la science y trouvera aussi sa part d’avantages. Ainsi rien ne nous empêche à l’avenir de dorer à bon marché tous ces instruments de cuivre qui se dégradent si rapidement dans nos laboratoires, de nous procurer des tubes, des capsules, des creusets de cuivre doré qui remplaceront les vases d’or nécessaires quelquefois, et que nul chimiste ne possède aujourd’hui.
» Le packfong prend très bien la dorure par ce procédé, et il devient facile de convertir en vermeil les couverts en packfong , déjà^ assez répandus , et qui ne sont pas sans danger.
» L’acier et le fer se dorent bien et solidement par cette méthode qui n’a aucun rapport, à cet égard , avec les procédés si imparfaits de dorure sur fer ou acier ; seulement, il faut commencer par mettre sur le fer ou l’acier une pellicule cuivreuse. Les couteaux de dessert , les instruments de laboratoire , les instruments de chirurgie , les armes , les montures de lunettes et une foule d’objets en acier ou en fer recevront ce vernis d’or avec économie et