‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 91 sur 139 · ARGENTURE SUR MÉTAUX · texte numérisé non relu

ARGENTURE SUR MÉTAUX

facilité. Nous avons constaté que divers objets de cette nature avaient été reçus avec une vive satisfaction par le commerce. L’emploi des couteaux dorés à l’usage habituel nous a fait voir d’ailleurs que cette application était de nature à résister à un long usage, quand la couche d’or était un peu épaisse.

» L’étain a été, sous ce rapport, l’objet d’expériences très intéressantes de M. de Ruolz. 11 s’est assuré ([u’il ne se dore pas très bien par lui-même; mais vient-on à le couvrir d’une pellicule infiniment mince de cuivre , au moyen de la pile et d’une dissolution cuivreuse , dès lors il se dore aussi aisément que l’argent. Le vermeil d’étain est meme d’une telle beauté , qu’on peut assurer que le commerce saura trouver d’utiles débouchés à ce nouveau produit , quoiqu’il soit de notre devoir d’ajouter qu’à raison du prix élevé de l’or il devient difficile de mettre sur des couverts d’étain une couche d’or suffisante pour les rendre durables, sans élever trop leur prix. »

Argenture sur métaux. — Nous allons continuer de citer le rapport de l’Académie des sciences : a Tout ce que nous venons de dire des applicalions de l’or, il faut le répéter de celles de l’argent. !M. de Ruolz est également parvenu , au moven du cvanure d’argent dissous dans le cvamire de potassium, à appliquer l’argent avec la plus grande facilité. L’argent peut s’appliquer sur l’or et sur le platine, (Comme affaire de goût et d’ornement. Il s’applique très ! bien aussi sur le laiton , bronze et cuivre , de manière à remplacer le plaqué. On argente aisément aussi l’étain , le [fer, l’acier. L’application de l’argent sur le cuivre ou sur Jaiton se fait avec luie telle facilité , qu’elle est destinée à n'emplacer toutes les méthodes d’argenture au pouce, d’argenture par voie humide et même, en bien des cas, la fa- Rrication du plaqué.

» En effet , l’argent peut s’appliquer en minces pellicules, comme cela se pratique pour garantir d’oxidalion une foule

CHiMir:.

d’objets de (juincaillerie , et en couches aussi épaisses ([u’on voudra , de manière à résister à l’iisure.

» Pour l’usage des chimistes, nous avons constaté qu’une capsule de laiton argentée peut remplacer une capsule d’argent jusqu’à résistera la fusion de la potasse hydratée; épreuve qu’il ne faudrait pas trop renouveler pourtant, puisque l’argent se dissout dans la potasse : d’où résulte évidemment qu’il sera de quelque intérêt de voir jusqu’où pourra s’étendre l’application de ces nouveaux procédés h la conservation des balances, à celle des machines de physique , à la préservation dos ustensiles employés dans nos ménages, chez les conhseurs ou les pharmaciens pour toutes préparations d’aliments ou de médicaments acides. L’argent s’applique très bien sur l’étain. Il fournit ainsi le moyen de faire disparaître , à bon marché , Podeur désagréable des couverts d’étain, en leur donnant d’ailleurs l’aspect et toutes les propriétés extérieures des couverts d’argent. Ce serait là, sans nul doute, une des circonstances les plus importantes des procédés qui nous occupent , si à la place de l’étain , comme corps de la pièce , on ne pouvait substituer un autre métal plus économique et plus solide. Il s’agit du fer ou même de la fonte. Ces métaux façonnés en couverts et revêtu ^ d’une couche d’argent , permettront de populariser en France , par leur bon marché , des objets déjà usuels en Angleterre. On fabrique, en effet, par d’autres procédés bien plus cliers et bien moins parfaits, beaucoup de couverts en fer argenté à Birmingham , et leur usage est habituel dans la plupart des familles en Angleterre.

»Plaîinvre. -- Au premier abord,, d’après l’analogie qui existe entre le platine et l’or à beaucoup d’égards, ou aurait pu croire que le platine s’appliquerait aussi facilement que l’or sur les divers métaux déjà cités. Cependant, ce résultat a offert de graves difficultés pendant long-temps, par la lenteur avec laquelle il obéissait à l’action de la pile.

PLATlMmr, — CriTUAGH SUR MKIALX.

Il fallait avec les dissoliilioiis dans les cyanures, pa?- exemple, donner à l’expéi-ience une durée cent on deux cents Ibis plus longue pour le platine que pour l’argent ou l’or, à égales épaisseurs; mais en faisant usage de chlorure double de platine et de potassium dissous dans la [)olasse causticpie, on obtient une liqueur (pii permet de plaliner avec la même facilité et la même promptitude (pie quand il s’agit de dorer ou d’argenter.

«Nous n’insisterons pas sur les applications très variées que le platine pourra recevoir dans cette nouvelle direction. Les chimistes y trouveront le moyen de se procurer de grandes capsules de laiton platinées qui réuniront au bon marché toute la résistance nécessaire aux dissolutions salines ou acides ; les armuriers mettront à jirofit sous diverses formes ce moyen de préservation des métaux oxidables ou siilfn râbles qui entrent dans la fabrication des armes; la bijouterie pourra faire entrer le platine dans ses décorations ; l’horlogerie y trouvera un excellent agent pour couvrir d’un vernis très durable les pièces dont elle redoute l’altération.

Cuivrage. — Vr. de Huolz ne s’est pas borné à l’appli-

les métaux utilisables, il a essayé de cuivrer, de zinquer, de [)lomber , cobaltiser, nickéliser , etc. , divers métaux usuels. Le cuivrage , appliqué sur t()le ou fonte , donne le moyen de faire à meilleur marché le doublage des navires, si l’expérience vient confirmer les idées qu’on peut se faire sur la résistance de ce produit. 11 est évident, en tout cas, (pie la t(jle , le fer, la fonte naturelle ou doucie, peuvent recevoir par le cuivrage toutes les propriétés du cuivre, en ce qui concerne la couleur, le poli, la résistance à l’air, et que , par la nature même de la matière intérieure , le bas prix du produit se trouve garanti. On cuivre comme on argente , au moyen du cyanure de cuivre dissous dans les cyanures alcalins; mais la précipitation du cuivre est plus

CHIMIE

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difficile que celles des métaux précieux. Du reste, ce que nous venons de dire du platine montre combien Finfluence de la dissolution peut être grande à cet égard.

))Zincage. — Le fer zinqué acquiert la faculté de résister aux actions oxidantes de l’air , et surtout de l’air humide ou de l’eau. C’est qu’en effet le zinc, qui est plus oxidable que le fer, préserve ce métal de l’oxidation , et ne s’oxide presque pas lui-même ; car, lorsqu’il est couvert d’une couche de sous-oxide, toute altération ultérieure s’arrête. Dans la plupart des applications essayées par M. de Ruolz, le métal déposé se trouve au contraire négatif par rapport au métal recouvert. Toute la garantie que le vernis métallique promet en pareil cas repose sur sa parfaite intégrité; car, s’il s’entame sur un point quelconque, et que l’air humide puisse arriver jusqu’au métal intérieur, la couche superficielle, bien loin de servir de préservateur, deviendra au contraire une cause déterminante d’oxidation. Le zinc appliqué sur le fer le préserve donc doublement : tant qu’il est intact, comme vernis; quand il est entamé, par une action galvanique. Cette particularité rend compte du succès qu’a obtenu le fer zinqué dans toutes les applications où le fer, la tôle, s’employaient à froid, n’avaient pas besoin de toute leur ténacité , et pouvaient supporter un supplément de dépense. En général, le fer zinqué ne doit pas être appliqué à contenir de l’eau chaude : faction galvanique des deux métaux détermine très rapidement i’oxidation du zinc, et le fer se ronge à son tour avec une singulière activité. » On le voit, on peut appliquer aussi bien les métaux économiques que les métaux précieux par la méthode galvanique. Nous devons seulement observer qu’une des conditions indispensables et générales du succès, c’est que les surfaces d’application soient bien nettes. Ainsi avant que d’appliquer for, l’argent ou le platine sur le cuivre, il faudra les soumettre à deux opérations. On les recuit , et on les déroche. Pour les recuire, on les place sur une tôle, et

DORLKE SUR METAUX.

011 les chauiïe au rouge, puis ou les plonge dans un mélange d’eau et d’acide sulfuricjue; et enfin on les décape en les plongeant dans l’acide nilriqu? à 36", puis dans un mélange d’acide nitritjue au meme degré, mêlé avec de la suie et du sel marin. On rince les pièces à l’eau , puis on les sèche dans de la sciure de buis chauffée. Le décapage est si parfait qu’au premier coup d’œil on peut le prendre pour de la dorure.

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