‹ Cours des sciences physiques à l'usage des élèves de philosophieChapitre 95 sur 139 · A ^ A L Y 5 E E LE3J J A I E I · texte numérisé non relu

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011 a essayé à déteriiiiner la proporlioii d’azole contenue dans une matière organique en transformant à l’aide d’al calis cet azote en ammoniaque qu’on ajiprécie par son poids.

Précautions préliminaires de V analyse élémentaire. — Je vais indiquer brièvement les précautions qu’il faut prendre pour arriver à faire une analyse élémentaire. La première condition, et la plus difficile à remplir, est d’obtenir le principe immédiat qu’on veut analyser à l’état de pureté parfaite. On ne peut tracer de règles générales à cet égard. Voici cependant, d’après 31. Chevreul , une expérience qui donne de bonnes indications. Il faut traiter un certain poids du corps , à plusieurs reprises de suite , îiar de petites quantités du même dissolvant; conserver les dissolutions séparément, et continuer ainsi jusqu’à ce que tout soit dissous. Si le corps est pur, la meme quantité de dissolvant contient toujours la même quantité du corps dissous ; si , au contraire, le corps est mêlé avec un autre, 31. Chevreul assure qu’il arrive presque toujours que les premières et les dernières portions contiennent des quantités inégales du corps dissous , et qu’en évaporant les dissolutions on obtient des résidus qui possèdent des caractères dilférents , et font ainsi connaître la nature des matières mêlées avec la substance.

J)élermi?iation de l’eau. — Certains corps retiennent de l’eau hygrométrique. Avant de les analyser, il est indispensable de les en priver ; le meilleur moyen est de les dessécher dans le vide sec; ce moyen est encore plus parfait en unissant une température de 10ü“. Plusieurs corps retiennent une quantité déterminée d’eau de combinaison ; si on peut en fixer la proportion en la déduisant , on peut obtenir avec précision la composition du principe immédiat; quehiuefois on chauffe à une chaleur inférieure au terme de sa décom])osition, mais cependant suffisante pour chasser l’eau combinée.

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Détermination de la capacité de saturation. — Celte donnée est de la plus haute importance à obtenir atec exactitude, car on a ainsi un moyen de vérifier les résultats d’une analyse élémentaire. Pour déterminer la capacité de saturation , on choisit la combinaison avec un oxide binaire , qui est la plus facile à analyser et qui peut , autant que possible, produire plusieurs combinaisons à différents degrés de saturation pour avoir plusieurs moyens de contrôle. Le protoxide de plomb présente ces deux avantages réunis ; mais en faisant usage de cet oxide , il ne faut pas perdre de vue que les combinaisons doivent être produites de telle manière qu’elles se trouvent à un degré de saturation déterminé, et qu’elles ne contiennent pas en mélange d’autres degrés de combinaison ou de l’oxide de plomb non combiné.

On brûle une proportion déterminée de composé plombique. On obtient exactement la quantité d’oxide de plomb combinée avec le corps étudié , et on en déduit facilement sa capacité de saturation.

§ II. Acides organiques.

Historique. — De tous les principes qui entrent dans la composition des matières organiques , les acides ont les propriétés les plus tranchées : aussi sont-ils les mieux étudiés. On en connaît aujourd’hui un nombre considérable , qui dépasse cent , et cependant jusque vers la moitié du siècle précédent , c’est à peine si on en distinguait deux ou trois. C’est Schéele qui a ouvert cette voie féconde. On ne fait guère d’analyses soignées de parties végétales sans distinguer un acide nouveau : aussi devons-nous nous efforcer à faire connaître seulement les plus répandus et ceux qui sont employés dans les arts.

Composition. — Les acides dont nous avons à traiter dans ce paragraphe ne peuvent point être formés directe-

ACIDKS ORGANIQUES.

ment par la combinaison des éléments qui les composent ; ils ne sont tous produits que dans les organes des corps vivants et que par la transformation de substances organiques.

L’oxigène , l’hydrogène , le carbone en proportions différentes, sont les principes constants de ces corps. On peut les considérer comme des oxides à radicaux composés d’hydrogène et de carbone , ou bien , comme cela paraît démontré pour l’un d’eux, l’acide benzoïque, comme des oxides de radicaux formés de trois éléments : oxigène , hydrogène et carbone ; ex. : benzoile. On peut encore se rendre compte de plusieurs phénomènes en les considérant comme des bydracides à radicaux composés.

Ces trois suppositions peuvent être vraies dans des cas différents ; la dernière paraît être plus généralement adoptée, d’après les recherches de i\J. Liébig, sur les acides organiques. Voici comme il s’exprime sur ce sujet :« 1“ Les acides hydratés sont des combinaisons d’un ou de plusieurs éléments avec de l’hydrogène, dans lesquelles l’hydrogène peut être remplacé, totalement ou en partie, par des équivalents de métaux. La capacité de saturation de ces acides dépend par conséquent de la quantité d’hydrogène qui peut être remplacé. Ln envisageant comme radical la réunion des autres éléments , il est évident que la composition de ce radical n’exerce aucune influence sur la capacité de saturation. 2° La capacité de saturation de ces acides augmente ou diminue dans le même rapport que la quantité d’hydrogène , en dehors du radical , augmente ou diminue. 3“ Si , dans la composition du radical, il entre une quantité indéterminée d’éléments quelconques, sans que la quantité d’hydrogène en dehors du radical soit changée , le poids atomique de l’acide augmentera , mais sa capacité de saturation restera la même : dans le sens de cette théorie, les sels soiUdonc ou bien des combinaisons de métaux avec les corps siiqpjes, conune les sels haloïdes, ou bien ce sont des

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combinaisons de métaux avec des corps composés jouant le rôle de corps simples.

M. Liébig divise les acides organiques en trois séries : acides unibasiques , bihasiques et tribasiques. '

Les acides unibasiques forment des sels neutres en se combinant avec un équivalentdebase, qui , en entrant dans la combinaison , chasse un équivalent d’eau de l’acide hydraté.

Les sels acides unibasiques se combinent avec d’autres sels de la même espèce , pour former des sels doubles; ils s’unissent aussi avec l’hydrate de l’acide en donnant naissance à des sels acides. Ces derniers se décomposent quand on les neutralise par d’autres bases solubles en deux ou plusieurs sels neutres, qui peuvent être séparés l’un de l’autre par la cristallisation , s’ils possèdent une solubilité différente , ou s’ils ne sont pas isomorphes.

Les sels basiques des mêmes acides contiennent deux ou plusieurs équivalents de base , qui déplacent , en se combinant avec un atome d’acide hydraté , la même quantité d’eau qu’en déplacerait un seul équivalent de base.

Dans les sels neutres des acides bihasiques, chaque atome d’acide est toujours combiné avec deux é(|uivalentsde base, c{ui se substituent à deux équivalents d’eau de l’acide hydraté. Ces deux équivalents de base peuvent être deux équivalents du même oxide métallique, ou deux oxides différents ; ou bien encere un oxide métallique et une base volatile (eau ou oxide d’ammonium). Les sels acides de cette classe ne renferment qu’un atome d’acide, de sorte qu’ils ne se dédoublent pas lorsqu’on les neutralise par d’autres bases solubles.

Les acides tribasiques neutralisent trois équivalents de base , et chaque équivalent de base qui se combine à l’acide en déplace un équivalent d’eau.

Propriétés. — Les acides organiques sont généralement solides et cristallisés ; il en est de liquides , comme l’acide

ACIDKS OUCANIOUES.

foniiicfiie. L’action de la chaleur est très diverse sur ces corps ; les uns se fondent sans sid)ir aucune altération , comme les acides gras ; ex. : margarique , stéarique ; les uns se volatilisent et se condensent sans décomposition , tels que les acides formique , acétique ; d’autres sont en partie décomposés et en partie volatilisés sans décomposition, tel est l’acide oxalique ; d’autres, enfin , et c’est le cas le plus remarquable , se transforment sous l’influence delà chaleur en de nouveaux acides pyrogénés; on obtient aussi les acides pyrotartrique , pyromucique , etc. M. Pelouze a annoncé qa un acide ])yyo(jéné quelconque^ plus une certaine qvunUté d’eau et d'acide carbonique, ou seulement l'un de ces corps , présente toujours la constitution de l’acide qui leur adonné naissance.

Les acides organiques sont généralement inaltérables à l’air à la température ordinaire. — Ils sont tous plus ou moins solubles dans l’eau, si on en excepte les acides gras, qui forment à eux seuls un groupe bien caractérisé. Les acides d’origine organique sous le l apportde leurs propriétés acides sont divisés en deux classes, les forts et les faibles; les acides forts ont généralement une composition atomique plus simple ; quelques uns d’entre eux rivalisent avec les acides inorganiques les plus puissants.

Tous ont une saveur plus ou moins acide, rougissent le papier de tournesol , et , en se combinant avec les bases , forment des sels en jiroportions définies.

L’action des alcalis puissants transforme, sous l’influence de la chaleur, en acide oxalique tous ceux dont les sels ne sont pas facilement décomposés par la chaleur; l’acide oxalique est l’acide organique dont la composition est la plus simple ; il est tout-à-fait sur la limite de la nature organi- (jue et inorganique. L’acide nitrique transforme aussi les acides organiques en acide oxalique ; l’acide sulfurique concentré en détruit plusieurs en produisant de l’acide car-

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boqique, (le l’oxide de carbone, de l’eau, et (juelquefojsuu produit charbonné.

Etat. — Les acides organiques, qui existent tout formés dans les végélaux, sont ou libres ou combinés ; ils existent ordinairement à l’état delibertédans la chair des fruits, dans les feuilles qui tombent tous les ans; on ne les rencontre pas communément dans les graines ou dans les racines, ou dans les plantes acotylédones.

Prépçtratlou. — 1” Quand l’acide fonne avec l’oxide plopibique un composé insoluble, qu’il est fixe et susceptible de cristalliser, on forme un sel à base d’oxide plombique qu’on délaie dans l’eau. On y fait passée un courant de gaz sulfidhydrique ; il se précipite du sulfure de plomb; le liquide évaporé fournit des cristaux d’acide.

Quand l’acide forme avec la chaux un sel insoluble , on obtient facilement ce sel à l’état de pureté ; on le décompose par l’acide sulfurique ; il se forme du sulfate (le chaux; l’acide est mis en liberté, on l’obtient cristallisé par l’évaporation. Par ce procédé il retient Oi’dinairement de l’acide sulfurique dont il est difficile de le purger entièrement.

ACIDE OXALIQUE {acide du sucre). — Historique. — L’acide oxalique a été découvert par Bergmann.

Etat , préparation. — Cet acide existe dans la nature à l’état de liberté , dans les poils du pois chiche {cicer arietinum), et combiné avec la potasse à l’état de sursel dans les rumex et dans l’alleluia {oxalis acetosella] . Ce sursel cristallise par l’évaporation ménagée du suc de cette plante; on le purifie par plusieurs cristallisations. Pour en extraire l’acide on dissout le sel dans l’eau chaude , on ajoute dans la liqueur de l’acétate de plomb ; il se forme de l’oxalate de plomb et de l’acétate de potasse. L’oxalate de plomb est insoluble; on en prend 100 parties , on le mêle avec 33 d’acide sulfurique à 1,85; il se forme du sulfate de plomb insoluble; l’acitle oxalique est dissous par l’eau et obtenu par évaporation et cristallisation.

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