OT TS TB SC
Si nous prenons le rayon de la terre T B pour unité, SC, qui est la différence entre le.rayon du soleil et le rayon de la terre, sera égal à 444 (8150); d’ailleurs la distance TS du soleil à la terre est en moyenne égale à 24000 : on en conclut que la distance OT du, sommet du cône d'ombre au centre de la terre est égale à 216 rayons terrestres. Ce résultat nous montre que la lune peut pénétrer dans le cône d’ombre de la terre, puisque la distance qui existe entre son centre et celui de la terre est seulement de 60 rayons tèrrestres. On peut même ajouter que la lune, en pénétrant dans le cône d’ombre, peut y être contenue en totalité. Car, si l'on considère la section transversale de cône, au milieu de la distance OT, c’est-à-dire à une distance du point T égale à 408 rayons terrestres, le diamètre
ÉCLIPSES DE LUNE. m5
de cette section est égal à la moitié du diamètre'de la terre; le diamètre de la section faite à une distance du point T égale à 60 rayons terrestres seulement, est donc plus grand que la moitié du diamètre de la terre : or on sait que le diamètre de la lune n'est guère que le quart de celui de la terre, c’est-à-dire qu’il est beaucoup plus petit que celui de la section transversale du cône d'ombre, au point où la lune vient pénétrer dans ce côné. Ainsi non-seulement la lune, dans son mouvement autour de la terre, peut rencontrer le cône d'ombre projeté par ce globe, mais encore elle peut se placer tout entière à l’intérieur de ce cône.
8 228. Lorsque la lune ne pénètre qu'en partie dans le cône d'ombre de la terre, on dit que l’éclipse est partielle ; lorsqu'elle pénètre complétement à l'intérieur de ce cône, l’éclipse est totale.
Si l’on se représente la lune marchant d’un mouvement sensiblement uniforme, et suivant une direction à peu près perpendiculaire à cellé de l’axe du cône d’ombre, on se fera de suite une idée des circonstances principales que devra présenter une éclipse de lune, depuis le moment où elle commence jusqu’à celui où elle finit. Dans le cas d’une éclipse partielle, l’ombre de la terre s'étend de plus en plus sur la surface de la lune, jusqu’à l’instant où le centre de l’astre . se trouve au point de son orbite le plus rapproché de l’axe du cône; à partir de là, l’ombre abandonne la lune peu à peu, puis finit par disparaître complétement. La fig. 283 peut donner une idée de l’échancrure que présente le disque de la lune, lorsque l’ombre de la terre se projette ainsi sur une portion de sa surface.
Le bord a bc de cette échancrure est une partie du contour de la section transversale faite dans le cône d'ombre à l'endroit où se trouve la lune; la forme arrondie de ce bord, qu’il est impossible de ne pas remarquer lorsqu'on observe une éclipse, manifeste d'une manière évidente la rondeur de
Fig. 283. la surface de la terre, rondeur que
nous avons constatée tout d’abord au
moyen d'observations simples faites à la surface même du globe ($$ 53 et 54).
Dans le cas d’une éclipse totale, la lune pénètre d’abord peu à peu dans le cône d'ombre ; son disque présente une échancrure de plus en plus prononcée, jusqu’au moment où il est entièrement couvert par l’ombre de la terre. La lune reste dans cet état pendant
un certain temps, puis elle en sort en repassant successivement par les diverses apparences qu'elle avait présentées précédemment, mais en sens inverse.
8 229. L’échancrure du disque de la lune, au moment où cet astre n’est que partiellement éclipsé, est loin d’être aussi nette et aussi tranchée que la figure 283 semble l'indiquer. L'ombre projetée par la terre sûr la lune présente une pénombre ($ 447), comme cela a lieu nécessairement toutes les fois qu'il s’agit de l'ombre produite par un corps opaque exposé aux rayons du soleil.
Pour nous rendre compte de l’étendue de cette pénombre, imaginons un autre cône À O’A”, fig. 284, ayant son sommet O0’ entre
Ze
C Fig. 234. r le soleil et la terre, et enveloppant le soleil S et la terre T dans ses deux nappes opposées À O’ 4”, BO'B’, qui touchent les surfaces de ces deux corps par tout leur contour. Il est aisé de voir que tout point situé à l’intérieur de l'espace CB B'C, et en dehors'de l'ombre BOB, doit recevoir des rayons de lumière venant d’une portion seulement de l'hémisphère du soleil tourné de son côlé; d'un pareil point on ne doit apercevoir qu'une partie du disque du. soleil, l'autre partie étant masquée par la terre, qui se trouve interposée entre ce point et le soleil. On reconnaîtra de plus très-facilement que la portion du soleil qui envoie des rayons de lumière au point dont il s’agit, est d'autant plus grande que ce point est plus rapproché de la surface extérieure de l’espace CBB"C, et d'autant plus petite, au contraire, qu’il est plus rapproché de la surface de l'ombre pure BOB’. En sorte que, pendant que la lune s’avance de manière à pénétrer dans le cône d'ombre de la terre, une portion quelconque de sa surface doit commencer à perdre de son éclat au moment où elle entre dans le cône CB B' C'; la lumière doit aller ensuîte en diminuant progressivement, à mesure que cette portion de surface s’avance vers l'ombre pure, pour disparaître tout à fait à l'instant où elle franchit la limite extérieure de cette ombre pure. Les diverses parties du disque de la lune occupant, à un instant donné, des positions différentes à l'intérieur de cet espace qui cor-