SYSTÈME DE COPERNIC
Si, aux mouvements des sept planètes autour de la terre, nous joignons le mouvement général de rotation dé l’ensemble de ces planètes et.des étoiles autour de l’axe du monde, dans l’espace d’un jour sidéral, nous aurons la représentation complète du système astronomique des anciens.
$ 259. Système de Copernic. — Plusieurs philosophes de l’antiquité avaient émis, sur la constitution de l'univers, des idées tout autres que celles qui étaient admises de leur temps: Les Pythagoriciens supposaient le soleil immobile au centre du monde, et attribuaient à la terre un double mouvement de rotation sur elle-même ot de révolution autour du soleil ; d’autres regardaient Mercure et Vénus comme se mouvant autour du soleil. Copernic, né en 4473, à Thorn; dans la Prusse polonaise, eut la gloire d'ouvrir une ère toute nouvelle à l'astronomie, en faisant revivre ces idées, et hasant sur elles un système que tous les travaux postérieurs des astronomes ont pleinement confirmé, en fournissant un grand nombre de preuves à son appui. ; |
Copernic reconnut , comme nous l'avons fait précédemment (S$ 253 et 256), non-seulement qu'on peut supposer que les centres des épicycles de Vénus et de Mercure coïncident avec le soleil, mais encore qu'on peut regarder Mars, Jupiter et Saturne comme se mouvant également autour de cet astre. Pour se rendre complétement compte des apparences que présentent les mouvements des cinq planètes, il n’y avait donc qu'à admettre qu'elles circulaient toutes autour du soleil, et que celui-ci emportait leurs orbites avec lui, dans son mouvement annuel autour de la terre, Mais il alla plus loin ; il vitque le mouvement annuel du soleil autour de la terre peut être considéré comme n’étant qu’une apparence due à ce que la terre elle-même tourne autour du soleil dans l’espace d’une année ($ 458). Dès lors les mouvements des planètes devinrent beaucoup plus simples : ces corps ne firent plus que circuler autour du soleil, qui resta immobile, et la terre, animée d’un mouvement analogue autour de. cet astre, put être elle-même regardée comme étant une planète, Enfin il compléta ces idées, eh admettant que le mouvernent diurne du ciel n’est qu'une apparence due à la rotation de la terre sur elle: même (S 74). ;
Nous avons dit que, dans le système de Ptolémée, les rapports des distances mutuelles des divers corps du système planétaire n'étaient déterminés par rien : ici il n’en est plus de même. Quand il ne s’agit qué de rendre compte des particularités du mouvement de-chaque planète, et notamment de ses stations et de ses rétro: gradations, il n'est pas nécessaire de donner.telle dimension plutôt
que telle autre à l'épicycle et au déférent au moyen desquels on explique ce mouvement ; on est seulement obligé d'établir entre les rayons de ces deux cercles un rapport déterminé, qui varie d’une planète à une autre. C’est ainsi que pour Vénus, par exemple, le rayon de l’épicycle doit être les 0,72 du rayon du déférent; et pour Mars, le rapport de ces deux rayons doit être égal à 0,66 : quant aux grandeurs des rayons des déférents de ces deux planètes, on peut les prendre comme on veut. Mais lorsque, en outre, on admet que le centre de l'épicycle de Vénus coïncide avec le soleil, on en conclut nécessairement que le rayon de cet épicycle, ou en d’autres termes la distance de Vénus au soleil, est les 0,72 de la distance du soleil à la terre. De même, quand, pour la planète Mars, on remplace l'hypothèse de l’épicvcle et du déférent par celle d'un excentrique dont le centre tourne autour de la terre, et qu’on admet ensuite que ce-centre de l’excentrique coïncide avec. le soleil, il en résulte que la distance du soleil à la terre est les 0,66 du rayon de l'orbite que Mars décrit autour du soleil ; ou bien encore ce rayon de l'orbite de Mars est égal à 4,52, si l’on prend la distance du s0eil à la terre pour unité.
On voit donc qu’on ne peut pas adopter les idées soutenues par Copernic, sans admettre en même temps que les rayons des orbites des planètes autour du soleil ont, par rapport à la distance du soleil à la terre, des valeurs entièrement déterminées par les circonstances du mouvement apparent de chacune d'elles. Ces valeurs, calculées en prenant la distance du soleil à la terre pour unité, sont les suivantes : pour Mercure, 0,39; pour Vénus, 0,72; pour Mars. 4,52; pour Jupiter, 5,20, et pour Saturne, 9,84. Il n'y a donc rien d’arbitraire dans l'ordre de succession des diverses planètes, à partir du soleil ; cet ordre est celui dans lequel nous venons de les énumérer, et. si l’on y joint la térre, considérée comme une sixième planète, elle devra se placer entre Vénus et Mars, puisque le rayon de son orbite autour du soleil est égal à 4.
Le Système de Copernic, tel qu’il résulte des explications dans lesquelles nous venons d'entrer, est représenté par la fig. 320 ; on y a-donné aux rayons des diverses orbites des valeurs proportionnelles à celles que nous venons d’indiquer. D'après l'échelle adoptée, on n’a pas pu tracer complétement les orbites de Jupiter et de Saturne, faute de place.
Dans ce système , la lune ne fait plus partie des planètes. L’observation montrant qu'elle se meut autour de la terre, on ne peut pas admettre que la terre tourne autour du soleil, sans admettre en mème temps qu'elle emporte avec elle l'orbite apparente de la lune,