LE SOLEIL FAIT PARTIE D'UNE NÉBULEUSE RÉSOLUBLE
d'étoiles réunies dans un petit espace ; 2° les nébuleuses non résolubles, ou nébuleuses proprement dites, formées d’une matière diffuse , à laquelle on donne souvent le nom de matiere nébuleuse.
S 333. Le soleil fait partie d’une nébuleuse résotuble, — Nous avons dit ($ 325) que la voie lactée s’explique naturellement, en admettant que le soleil se trouve au milieu d’un amas d'étoiles réunies.en très-grand nombre, de manière à former, par leur ensemble, un immense disque aplali. Cet amas d'étoiles est entièrement analogue à ceux dont nous venons de parler et qui constituent les nébuleuses résolubles. On peut donc dire que le soleil est une des étoiles composantes d’une nébuleuse résoluble.
Nous ne pouvons nous dispenser de signaler ici l'analogie frappante qui existe entre cette nébuleuse, dont nous faisons partie, et la nébuleuse représentée par la fig. 367. Un observateur, qui.se trouverait placé vers le centre de la plus grande des deux portions de cette dernière nébuleuse, verrait la partie annulaire qui l’environne se projeter dans le ciel, en prenant exactement l'apparence que nous présente la voie lactée ; la bifurcation qui existe dans un tiers du contour de la voie lactée, n’y manquerait même pas.
C’est en s'appuyant sur ces notions si grandioses, relatives à la distribution générale des étoiles par groupes constituant les nébuleuses résolubles, que M. Laugier a été conduit à s’occuper d’un travail immense, ayant pour objet de déterminer le mouvement de translation de notre système planétaire, autrement qu'on ne l’a fait jusqu’à présent. S'il est vrai que le soleil et les diverses étoiles isolées que nous apercevons dans le ciel appartiennent à une de ces nébuleuses, le mouvement de translation du soleil, déterminé par l'observation des mouvements propres d’un certain nombre d'étoiles, ne peut être qu’un mouvement relatif; le mouvement d'ensemble que la nébuleuse tout entière pourrait posséder dans l’espace, ne se fait sentir, en aucune manière, dans la comparaison des positions que ses diverses parties occupent successivement, les unes par rapport aux autres ; les recherches que l'on a faites jusqu’à présent, ct d'après lesquelles le soleil se meut vers la constellation d’Hercule ($ 328), ne peuvent faire connaître que le déplacement de cet astre à l'intérieur de sa nébuleuse, sans rien indiquer sur le déplacement de la nébuleuse dans l’espace. Pour arriver à constater le mouvement de cette nébuleuse, dont le soleil fait partie, et à déterminer la grandeur et la direction de la vitesse avec laquelle ce mouvement s'effectue, il est nécessaire de prendre des points de repère en dehors de la nébuleuse elle-même : or, les diverses nébuleuses résolubles, que l’on aperçoit de tous côtés dans le ciel, satis-
font bien à cette condition, puisqu'elles constituent des systèmes d'étoiles analogues à celui dont on veut trouver le mouvement, et isolés les uns des autres dans l’espace. C’est pour cela que M. Laugier s'occupe activement de construire un catalogue de nébuleuses, avec toute l’exactilude que comportent actuellement les observations astronomiques. La comparaison de ce catalogue avec ceux qui pourront être faits plus tard, permettra de déterminer les mouvements propres des nébuleuses sur la sphère céleste; et, par suite, on en déduira, relativement au mouvement du soleil dans l’espace, des notions plus complètes que celles que l’on a pu obtenir à l’aide des mouvements propres des étoiles. |
8 334. Transformation des nébuleuses en étoiles. — L’observation très-attentive des nébuleuses proprement dites a conduit Herschel à penser que la matière nébuleuse dont elles sont formées se condense peu à peu, et que, par cette condensation , elle donne naissance à des étoiles. L'extrême lenteur avec laquelle doit s’effectuer une pareille transformation, fait qu’on ne peut pas espérer être témoin de la production de changements appréciables dans la disposition relative des diverses parties d’une nébuleuse ; mais on remarque facilement, dans beaucoup de ces corps, des circonstances qui indiquent que la transformation dont nous parlons a commencé à se produire.
Plusieurs des nébuleuses, à forme plus ou moins bizarre, telles que celles que représentent les figures 365 et 366, présentent, dans quelques-unes de leurs parties, des accumulations évidentes de matière nébuleuse autour de certains points, qui sont comme des centres d'attraction. D'un autre côté, un grand nombre de nébuleuses affectent une forme arrondie, avec une condensation marquée vers leurs centres de figure. Cette concentration de la matière nébuleuse autour du centre d'attraction, se montre d’ailleurs à des degrés d'avancement plus ou moins prononcés, dans les différentes nébuleuses dans lesquelles on l’observe ; en sorte que, par le rapprochement des apparences diverses qu’elles présentent, on a, pour ainsi dire, une image des transformations qu’une nébuleuse doit subir successivement pour passer complétement à l’état d'étoile.
A l'inspection des quatre figures ci-jointes, fig. 375 à 378, ne semble-t-il pas qu'on voie la matière d'une nébuleuse globulaire se concentrer peu à peu en son centre, jusqu’à ce qu'une étoile se forme à ce centre même? Il n’y a plus qu’à suivre, par la pensée, cette condensation progressive au delà de l’état qu’indique la fig. 378, pour voir l'atmosphère immense qui environne l'étoile centrale, se resserrer peu à peu en diminuant d'intensité, et enfin disparaître