‹ Cours élémentaire d'astronomieChapitre 26 sur 156 · SPHÈRE CÉLESTE · texte numérisé non relu

SPHÈRE CÉLESTE

rien ne nous indique si l’une des deux est plus près ou plus loin de

nous que l’autre. Pour simplifier lés choses, on ramène ordinaire-

ment, par la pensée, toutes les étoiles à une même distance du lieu

de l'observation, en laissant chacune d’elles dans la direction sui- ., vant laquelle on laperçoit :

/'E ainsi, fig. 142, les diverses

"4 étoiles E, E’,E”...., seront sup

ge LA poséesètre placéesene, e’,e’",.…

sur les lignes E O, E’O, E” 0...

qui vont de leurs positions

7 réelles au lieu O de l'obser-

vation ,' et à des distances

eO,e'O,e'” O,..... de ce lieu

égales entre elles. Par là, ces

astres se trouveront ramenés

tous sur la surface d’une même

sphère ayant pour centre le

: - point O. Le rayon de cette

Fig. 112 sphère, que l'on nomme la

sphère céleste, peut être pris de

telle grandeur qu’on veut ; on

le suppose ordinairement très-grand.

D'après les apparences que présente le mouvement des étoiles, et conformément à la Convention que nous venons de'faire de les ramener toutes à une même distance de nous, nous pourrons supposer que la sphère céleste est une sphère solide, creuse, une sphère de cristal, par exemple, à laquelle les étoiles sont toutes fixées; et que cette sphère est animée d'un mouvement qui, en se transmettant à chacune d’elles, lui fait parcourir la ligne que nous lui voyons décrire réellement. Cette idée d’une sphère solide; de cristal, à laquelle les étoiles sont attachées, date de la plus haute antiquité ; les astronomes grecs la regardaient même comme étant l'expression de la réalité. Mais, pour nous, ce ne sera qu'une fiction, qui aura le double avantage de nous rappeler constamment l’immobilité des étoiles les unes par rapport aux autres, et de nous permettre de représenter simplement leur mouvement d'ensemble.

$ 64. Classification des étoiles. — 1! sûffit d’un coup d’œil jeté sur le ciel pour voir que les étoiles ne sont pas toutes également brillantes. Tandis que quelques-unes sont douées d’un éclat très-vif, d’autres sont tellement faibles qu'on a peine à les apercevoir ; la plus grande partie des étoiles visibles à l'œil nu, sont comprises entro ces deux limites extrêmes, et présentent, pour ainsi dire,

toutes les nuances d'éclat que l’on peut concevoir pour passer insensiblement de l’une à l’autre de ces deux limites. Il y a, en outre, un nombre considérable d'étoiles que l’on ne peut voir qu’à l’aide des lunettes ou des télescopes, et qui ont également des éclats trèsdivers, depuis celles que les observateurs, doués d’une excellente vue, peuvent apercevoir à l’œil nu, jusqu’à celles que l’on voit à peine à l’aide des instruments les plus puissants.

Pour faciliter l'indication de l'éclat d’une étoile, on a classé tous ces astres par ordre de grandeur. Ainsi on dit qu’une étoile est de are, de 2°, de 3°... grandeur, suivant qu ‘elle est plus ou moins brillante. Le mot grandeur, employé ici, ne se rapporte, bien entendu, en aucune manière aux dimensions réelles de l'étoile; maïs il correspond à l'apparence qui résulte pour nous de ces dimensions réelles, combinées avec la distance à laquelle se trouve l’étoile, ainsi qu'avec son éclat intrinsèque. Ainsi une étoile de 4re grandeur peut être beaucoup plus petite qu'une éfaile de 6e grandeur ; il suffit qu’elle soit notablement plus rapprorhée de nous, pour que son éclat nous paraisse plus grand.

On conçoit sans peine tout ce qu’il y a d’arbitraire dans une semblable classification des étoiles par ordre de grandeur ; aussi n’estil pas surprenant que les astronomes ne soient pas complétement d'accord sur le nombre des étoiles à placer dans chaque ordre. Imaginons qu’on ait fait la liste de toutes les étoiles visibles des divers points de la terre, soit à l'œil nu, soit à l’aide des lunettes et des télescopes, en les rangeant d' après leur éclat, et commençant par * . la plus brillante, pour finir par la plus faible; il suffira de faire des coupures dans cette liste générale pour former la qre, la 2e, la 3e... grandeur. Or, rien n'indique la place où chaque coupure doit être faite ; telle étoile, que l’on considère comme là dernière d’une classe, pourrait tout-aussi bien être prise pour la première de la classe suivante. Nous allons donner quelques indications, pour faire connaître la classification, telle qu'elle est généralement adoptée.

On compte ordinairement 15 à 20 étoiles de 4r° grandeur, 50 à 60 de 2: grandeur, environ 200 de 3€ grandeur, et ainsi de suite. La 6° grandeur comprend les étoiles les plus faibles parmi celles qui sont visibles à l’œil nu. On évalue à environ 5000 le nombre total des étoiles des 6 premièrès grandeurs, c’est-à-dire de celles qui pos être vues sans le secours des lunettes et des télescopes. Les étoiles plus faibles, qu'on désigne souvent sous le nom d'étoiles télesropiques, composent encore 40 grandeurs, depuis l1 7e jusqu’à la 46° dans ‘laquelle on range les plus petites étoiles que l’on ait pu observer jusqu'à présent à l'aide des lunettes et des télescopes.

CONSTÉELLATIONS. 123

Le nômbre des étoiles que contient chacun de ces ordres de gran-

deur augmente très-rapidement à mesure que son numéro est plus

élevé; pour qu'on s’en fasse une idée, il suffit de dire que l’on range environ 43009 étoiles dans la 7e grandeur, 40000 dans la 8e, et 440000 dans la 9e,

$ 65. Constellations.—On ne peut désigner chaque étoile en particulier, qu'autant qu’on lui attribue un nom qui la rappelle sans qu'on puisse la confondre avec aucune autre. Ce nom peut être choisi arbitrairement, ainsi qu'on l’a fait pour un certain nombre des étoiles les plus brillantes : Sirius, la Chèvre, Rigel, Aldébaran, Wéga, etc., sont autant de noms qui désignent des étoiles dont les astronomes connaissent bien la position dans le ciel. Mais on con-. çoit qu’il n’est pas possible de donner ainsi un nom différent à chacune des étoiles contenues dans les 16 ordres de grandeur dont nous avons parlé ; et lors même que l’on aurait trouvé des noms pour. toute cette multitude d'étoiles, la mémoire des astronomes ne suflirait pas pour les retenir. Aussi a-t-on eu recours à un autre moyen, . qui date de l'antiquité, et qui a été conservé jusqu’à nos jure Voici en quoi il consiste.

On a imaginé que la surface entière de la sphère céleste soit couverte de figures d'hommes, d'animaux, et de divers objets. Ces figures, contiguës les unes aux autres, ont divisé la sphère en autant de compartiments, de diverses grandeurs, et de formes plus ou moins irrégulières. L'ensemble ‘des étoiles contenues dans chacun de ces

<ompartiments a formé un groupe particulier, ou, suivant l’expres-

sion consacrée, une constellation ; et l’on a donné à cette constellation le nom de la figure qui en avait déterminé les contours. C'est ainsi qu’il y a les constellations d’Orion, du Cocher, du Lion, de la Grande Ourse, du Scorpion, de la Lyre, etc., etc.

L’indication de la constellation dont une étoile fait partie, fait connaître immédiatement la portion du ciel où elle est placée. Pour la désigner complétement, il n'y a plus qu’à la distinguer des autres étoiles qui entrent dans la même constellation. Quelques étoiles, placées d’une manière toute particulière par rapport aux figures qui ont servi à définir les constellations, ont reçu des noms qui rappellent leurs positions spéciales. Il y a l'Œil du Taureau, l'Épi de la Vierge, le Cœur du Scorpion, etc. Mais ce n’est qu'exception-

” nellement que ce mode de désignation d’une étoile peut être :em-

ployé. Baver avant publié en 41603 des cartes ‘célestes sur lesquelles les lettres grecques «, 6, 7... étaient placées à côté des diverses étoiles d'une même. constellation, les astronomes suivirent son exempie, et conlinuèrent à désigner les étoiles, soit par des let-

tres, soit par des numéros. Bayer avait attribué la lettre x à l'étoile la plus brillante de chaque constellation, la lettre 6 à celle qui était la plus brillante après.la première, et ainsi de suite. A mesure que le nombre des étoiles, enregistrées dans les diverses constellations, devint plus grand, on suivit la même marche ; l'alphabet grec ayant été bientôt épuisé, on prit les lettres ordinaires a, b, c,.... en les attribuant, de la mème manière, aux diverses étoiles, d'après l’ordre de leur éclat ; enfin ce second alphabet étant employé en entier, on se contenta d'inscrire les étoiles dans des catalogues avec un numéro d'ordre. Les numéros qui servent habituellement à désigner les étoiles auxquelles on n’a pas pu attribuer de lettre de l’un ou de l’autre des deux alphabets, sont ceux de l’ancien catalogue de. Flamsteed (1), connu sous le nom de catalogue britannique Lorsque le numéro affecté à une étoile n’est pas pris dans ce catalogue, on a soin d'indiquer à quel autre catalogue il appartient.

$ 66. Lorsqu'on veut étudier l'astronomie, il est bon de s'exercer a reconnaître les constellations, ainsi que leurs positions relatives dans le ciel. Nous allons indiquer la marche que l’on peut suivre pour cela, en se servant de cartes célestes sur lesquelles les étoiles les plus brillantes soient représentées; et nous en profiterons pour faire connaître les principales constellations situées dans la partie du ciel que l’on voit en Europe.

Fig. 113.

La constellation de la Grande Ourse sera reconnue avec la plus grande facilité, par là disposition des sept étoiles brillantes qui la

(1) Astronome anglais né en 1646,. mort en 1719. Il fut le premier directeur de l'observatoire de Greenwich, près Londres, cn 1676. ,

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