‹ Cours élémentaire d'astronomieChapitre 31 sur 156 · AIN · texte numérisé non relu

AIN

: PACE 4h aUAUL

4h6 MOUVEMENT DIURNE DU CIEL.

dès lors que, si l’on a dirigé l’axe optique de la lunette vers une étoile, que l’on ait fixé le cercle BB à l'axe A A, et qu’on ait mis le cercle DD en rapport avec le mouvement d'horlogerie, ce dernier cercle entraînera avec lui tout linstrument, et l'axe optique de la lunette ne cessera pas d’être dirigé vers la mème étoile. On a ainsi un moyen de vérifier le mouvement uniforme de rotation de la sphère céleste, mouvement auquel nous avons été conduit par une série d'observations faites au théodolite. Mais la vérification ne peut pas se faire exactement, à cause de la présence de l'atmosphère, qui fait voir les astres dans des directions, autres que celles où ils sont réellement. Nous avons pu trouver exactement les lois du mouvement diurne, en nous servant du théodolite, parce que nous avons eu soin de corriger les résultats fournis par cet instrument des effets de la réfraction. Ici, au contraire, à l’aide de l’équatorial, nous observons le mouvement des étoiles tel qu'il paraît à travers l'atmosphère, et nous ne devons pas trouver le même mouvement que si l'atmosphère n'existait pas. Cependant, tant que l’astre observé n’est pas très-près de l'horizon, et que par conséquent l’effet de la réfraction n'est pas très-grand, la lunette de l’équatorial, mue par le mouvement d’horlogerie, suit à peu près l’astre vers lequel on l’a primitivement dirigée; si son axe optique ne passe pas constamment par l’astre, au moins il ne s’en éloigne pas beaucoup, et l’astre reste dans le champ de la lunette.

Nous ne sommes pas encore en mesure maintenant de faire connaître l'usage auquel l’équatorial est destiné. Nous n’en avons fait la description ici qu’en raison de la liaison intime qui existe entre sa disposition et le mouvement de rotation de la sphère céleste, et pour indiquer la vérification approximative qu'il fournit relativement aux lois de ce mouvement. Nous reviendrons bientôt sur cet instrument, et nous verrons à quoi il sert en réalité.

$ 77. La lunette de l'équatorial devant pouvoir se diriger vers les divers points du ciel qui sont situés au-dessus de l'horizon, il est indispensable que l'instrument soit installé de manière à n'être géné en rien par les objets voisins. On le place habituellement à la partie supérieure de l'édifice destiné aux observations astronomiques. Son axe est supporté inférieurement par un massif de maçonnerie L, fig. 132, et supérieurement par une pièce de fonte M, que l'on rend aussi déliée que possible, afin qu’elle ne masque qu’une ” très-petite portion du ciel. Pour garantir l'instrument de l’intempérie des saisons, on le recouvre d’un toit N, auquel on donne habituellement la forme d’un hémisphère. Ce toit présente une ouverture O, longue et peu large, dirigée suivant un plan vertical, et

ÉQUATORIAL. . 447 habituellement fermée au moyen de trappes que l’on peut faire glisser latéralement dans des coulisses. Lorsqu'on a retiré ces trap-

Fig. 132.

pes, de manière à rendre libre l’ouverture O, la lunette peut être dirigée vers les points du ciel qui se trouvent dans le plan vertical mené par le milieu de cette ouverture, depuis le zénith jusqu’à l'horizon, et aussi vers les points situés de part et d'autre de ce plan, jusqu’à une certaine distance. En outre on peut faire tourner le toit N tout entier autour de la verticale menée par son centre. et amener ainsi l'ouverture Ô à être dirigée vers les diverses régions du ciel. Dans ce mouvement, le toit roule sur les galets P, P, qui le supportent; et il est maintenu sur ces galets par d'autres galets horizontaux Q, Q, placés à son intérieur. Le mouvement se produit au moyen d’une manivelle R, qui fait tourner l’axe vertical S, par l’intermédiaire de deux roues d'angle; cet axe S porte un pignon denté T, qui engrène avec les dents adaptées à la base du toit N, intérieurement et sur tout son contour. Au mioyen de ce toit tournant, on

peut diriger la lunette de l’équatorial vers tel point du ciel que l’on veut, sans découvrir complétement l'instrument; et, si l'on veut suivre un astre dans son mouvement diurne, il suffit de faire tourner le toit de temps en temps, à l’aide de la manivelle R, de manière que l’axe optique de la lunette ne cesse pas de se diriger entre les deux bords de l'ouverture O du toit.

L'équatorial de l'Observatoire de Paris, surmonté de son toit tournant, est installé au milieu de la terrasse qui surmonte l'édifice.

$ 78. Pieds parallactiques. — La disposition de l’équatorial, que nous venons de faire connaître, va nous permettre de comprendre sans la moindre difficulté en quoi consistent les pieds parallactiques que l’on adapte aux fortes lunettes.

"Lorsqu'on regarde un astre à travers une lunette, ses dimensions apparentes sont agrandies, et elles le sont d'autant plus que la lunette est plus puissante. Mais l’astre étant en mouvement, la quantité dont il se déplace dans un temps déterminé, est également agrandie par la lunette; c’est-à-dire que sa vitesse apparente est augmentée dans le même rapport que ses dimensions. Le mouvement diurne d’un astre, qui n’est pas sensible à l’œil nu, doit donc & s’apercevoir très-facilement dans les fortes lunettes. C’est ce qui arrive en effet, lorsqu'on emploie un fort grossissement; on voit les astres se déplacer rapidement, et traverser le champ de la lunette en très-peu de temps. Une lunette qu’on amène dans la direction d’un astre, et qu’on laisse immobile dans cette position, ne permet donc de l’observer que pendant un très-court intervalle de temps, et elle a besoin d’être déplacée à chaque instant pour être ramenée vers l’astre, pour peu que l'observation dont on s'occupe doive avoir quelque durée. On conçoit sans peine combien il est pénible de faire des observations dans de telles conditions. Pour y obvier, on a eu l’idée de mettre la lunette en mouvement à l’aide d’un mécanisme d’horlogerie, de telle manière qu'elle suive l’astre dans san mouvement diurne, sans que l'observateur ait'à s’en occuper. Par ce moyen, l'observation se fait aussi facHement-que si le mouvement diurne n'existait pas, et que la lunette restât immobile. Tel est l'objet des pieds de lunette auxquels on donne le nom de pieds parallactiques. Ce nom vient de ce qu’une lunette, montée sur un pareil pied, et mise en mouvement par le mécanisme d’horlogerie qui en fait partie, se dirige successivement vers les divers points d’un mème parallèle céleste.

Qu'on imagine l’équatorial, tel que nous l’avons décrit, avec sa lunette, et le mécanisme d’horlogerie qui le fait mouvoir, et qu'on supprime les deux cercles gradués qui entrent dans sa composition,

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