LONGITUDES ET LATITUDES GÉOGRAPHIQUES
cale d’un lieu ($ 41) est nécessairement perpendiculaire à la surface des mers, au point où elle perce cette surface; si donc on admet que la surface des mers est sphérique, la verticale doit être dirigée suivant un des ravons de la sphère : il en résulte que le plan mené par la verticale et l'axe du monde, coupe précisément la sphère terrestre suivant un grand cercle passant par ses deux pôles. Ainsi, dans l'hypothèse de la sphéricité de la terre, le plan d’un dés cercles que l’on nomme méridiens, coïncide avec le plan méridien d’un quelconque des lieux de la terre situés sur ce cercle.
$ 95. Longitudes et latitudes géographiques. — Nous avons vu comment on définit la position d'un astre sur la sphère céleste, à l’aide de son ascension droite et de sa déclinaison ($ 79); c’est par un moyen entièrement analogue qu'on définit la position d'un lieu sur la terre, en se servant des cercles dont nous venons de parler.
Soit À, fig. 151, le lieu dont il s’agit.
Si l'on mèné le méridien P AQ,. la distance du point M où il coupe l’équateur EE, à un point fixe O Pris sur cet équateur, se nomme la longitude géographique, ou simplement la longitude du point A : la distance À M du point A à l'équateur, comptée sur le méridien P À Q se nomme @ sa latitude géographique, ou simple-
ment sa latitude. Ces distances s’évaluent en degrés, minutes et secondes, comme les ascensions droites et les déclinaisons.
La latitude d'un lieu, commie la déclinaison d’un astre, se compte de 0° à 90°; elle ‘est boréale ou australe, suivant que le lieu se trouve dans l'hémisphère boréal ou dans l’hémisphère austral de la terre. ;
Quant à la longitude, elle ne se compte pas tout à fait de la même manière que l’asçension droite d’un astre; au lieu de la compter toujours dans un même sens, et de 0° à 360°, on la compte d'un côté ou de l’autre de l’origine O des longitudes, de telle manière qu'elle ne dépasse pas 480c. Il est indispensable dés lors d'indiquer le sens dans lequel se compte la longitude de chaque lieu : c'est ce qu'on fait en faisant suivre la valeur numérique de cette longitude de la lettre E ou de la lettre O, suivant qu’elle est prise à l'est ou à l’ouest de l’origine des longitudes.
L'origine fixe, à partir de laquelle on compte les longitudes géo-
Fig. 151.
graphiques, peut être choisie arbitrairement sur l'équateur, terrestre, de même que l’origine des ascensions. droites pouvait l'être sur l'équateur céleste. Ainsi que nous l'avons déjà dit, tous les astronomes s’accordent à prendre un même point du ciel pour origine des ascensions droites ; mais il n’en est pas de même pour les longitudes géographiques. Le ciel est un terrain neutre où le choix de tel ou tel point comme origine des ascensions droites importait fort peu à l’amour-propre des nations; sur la terre, Au contraire, chaque peuple veut faire partir les longitudes du point où l’équateur terrestre est coupé par le méridien d’un des lieux principaux de son pays. C’est en vain que pendant longtemps on a cherché à faire adopter par tous les peuples, le méridien de l'île de Fer (la plus occidentale des îles-Canaries ) comme point de départ pour les longitudes ; l’amour-propre national l’a emporté. En France, les longitudes se comptent à partir du méridien de l'Observatoire de Paris ; en Angleterre, on les compte tantôt du méridien de l’Observatoire de Greenwich, tantôt de celui de l'église de Saint-Paul de Londres.
Le mot géographique, que l’on ajoute souvent aux mots longitude et latitude, a pour objet de distinguer les longitudes et latitudes, telles que nous venons de les définir, des longitudes et latitudes célestes dont nous parlerons plus tard. On n’emploie les mots longitude et latitude seuls, que lorsqu'il ne peut pas y avoir d’incertitude sur l’espèce de longitude ou dé latitude dont on véut parler.
Il n’est peut-être pas inutile d'indiquer l'origine des mots longitude et latitude. Les Romains. d'où nous viennent ces dénominations, ne connaissaient qu'une petite partie des continents qui existent sur la terre ; cette partie était beaucoup plus étendue dans le sens de l'équateur et des parallèles terrestres, que dans le sens des méridiens : de là le mot de longitude (longitudo, longueur) pour une distance qui se comptait dans le sens de la plus grande dimension du monde connu, et le mot de latitude (latitudo, largeur) pour une distance qui se comptait dans le sens Ce sa plus petite dimension.
$S 96. Mesure des latitudes géographiques, — La détermination de la latitude d’un lieu ne présente pas de difficultés. Soient A, fig. 452, le lieu que l’on considère, P EQ E’ son méridien, EE’ l’intersection de l'équateur avec ce méridien, et PQ la ligne des pôles de la terre. C’est l'arc A E, ou, ce qui revient au même, l’angle AOE, qui représente la latitude cherchée. L’angle P O E étant droit, €ette latitude est le complément de l'angle A OP ; mais l'angle À O P n’est autre chose.que la distance zénithale Z A P’ du pôle de la sphère céleste, pour un observateur placé au point À, puisque PQ est une