NOMS NOMBRE NOMS NOMBRE
des mois. de jours. des mois. de jours. des mois.
Janvier, . . .. LEE Septembre. ..
L'ensemble de ces douzé mois forme un total de'365 jours; c’était la durée que devait avoir habituellement l’année civile. Tous les quatre ans, l’année devait contenir un jour de plus : Jules César
décida que ce jour complémentairé serait ajouté au mois de février, et intercalé entre le vingt-troisième et le vingt-quatrième jour de ce mois ; mais, pour ne rien changer aux dénominations des autres jours du mois, comme le vingt-quatrième jour de février s'appelait sexæto-calendas , on donna au jour intercalaire le nom de bis-sextocalendas. C’est de ce nom du jour ajouté au mois de février, que vient le nom d’année bisseætile, pour chaque année composée de 366 jours.
La réforme ainsi introduite par Jules César, dans la manière de déterminer les durées des années civiles successives, est ordinairement désignée sous le nom de réforme julienne; et le calendrier basé sur les règles qu’il a établies, se nomme calendrier julien. La première année dans laquelle ce calendrier ait été suivi, est l’année #4 avant J.-C. Le commencement de cette année fut fixé par Jules César à une époque telle que les principales fêtes arrivassent dans les saisons auxquelles elles devaient correspondre ; il en résulta que l’année précédente, 45 avant J.-C., se composa de 445 jours, ce qui lui valut le nom d'année de confusion.
$ 190. Le calendrier julien fut suivi, sans aucune modification, pendant un grand nombre d'années. Cependant, la valeur moyenne qui avait été attribuée à l’année civile étant un peu différente de l’année tropique, il finit par en résulter un changement notable dans les dates auxquelles arrivaient, chaque année, les commencements des saisons ; en sorte que, si l'on n’y avait pas porté remède, une même saison se serait déplacée peu à peu dans l’année, de manière à commencer successivement dans les différents mois.
Le concile de Nicée, qui se tint en l'an 325 de l'ère chrétienne, adopta une règte fixe pour déterminer chaque année l’époque de la fête de Pâques ; cette règle est basée sur ce que l’on croyait que l’équinoxe du printemps arriverait tous les ans le 21 mars, comme cela avait eu lieu l’année même du concile. C’est ce qui aurait existé en effet, si la valeur moyenne de l’année civile du calendrier julien eùt été exactement égale à l’année tropique. Mais, tandis que la première est de 365;, 25, la seconde se compose de 3656, 242 264 : l'année tropique est donc plus petite que l’année julienne de 0i,007736, ou 41" 85, Il en résulte que, lorsqu'il s’est écoulé une période de quatre années juliennes, l’équinoxe du printemps, au lieu d'arriver à une date de même dénomination, et précisément à la même heure que quatre années auparavant, arrive en réalité trois quarts d'heure plus tôt (0j, 030 944, ou 44" 34%) ; après une nouvelle période de quatre années, cet équinoxe avance encore de trois quarts d'heure, et ainsi de suite. En sorte que, au bout d’un certain
nombre d’années, à partir de l’an 325, l’équinoxe a dù arriver le 20 mars, puis plus tard le 49 mars, puis le 48, etc. Cette avance continuelle de la date de l’équinoxe du printemps, signalée par les astronomes, détermina le pape Grégoire XIII à apporter une nouvelle réforme au calendrier.
‘ C'est en l’an 4582 que la réforme grégorienne fut opérée. Dans l’espace des 4257 ans, qui s'étaient écoulés depuis l’époque du con- - cile de Nicée, l'excès de l’année julienne sur l’année tropique, en s’accumulant d'année en année, avait dù faire avancer la date de l’équinoxe de 4 257 fois 0i, 007 736, ou 9i,'724 : en 4582, l’équinoxe arriva en effet le 44 mars, au lieu du 21. Pour faire disparaître cette avance de 40 jours, que l’équinoxe avait éprouvée depuis l’époque du concile de Nicée, et le ramener à la date primitive du 24 mars, le pape Grégoire XIII décida que le lendemain du 4 octobre 4582 se nommerait, non pas le 5 octobre, mais le 45 octobre. Ce changement de date ne suffisait pas pour détruire l'inconvénient qu'avait présenté l'emploi du calendrier julien ; il fallait encore apporter une modification à la règle qui servait à déterminer les lon-* gueurs des années civiles successives, afin d’éviter pour l'avenir que cette avance progressive de la date de l’équinoxe ne se reproduisit. Aussi le pape décida-t-il en outre que, dans l’espace de 400 années consécutives, il n’y aurait que 97 années bissextiles, au lieu de 400 qu'il devait y avoir d’après le calendrier julien. Cela faisait 3 jours retranchés sur 400 ans, et par conséquent la valeur moyenne de l’année civile se trouvait diminuée de 0i,0075 : cette valeur moyenne de l’année civile, qui était de 3355,25 dans le calendrier julien, fut donc réduite à 365,2425, ce qui est extrêmement peu différent de la valeur de l’année tropique. L'année grégorienne ainsi obtenue est encore plus grande que l'année tropique de 0,000 236 ; la date de l’équinoxe du printemps doit donc encore tendre à avancer peu à peu, en vertu de cet excès : mais il est aisé de voir qu’il faudrait plus de 4000 ans pour que cette date avançât d’un jour. On doit donc regarder la réforme grégorienne comme pouvant suffire pour un très-grand nombre de siècles.
Voici maintenant en quoi consiste la règle d’après laquelle on intercale les 97 années bissextiles dans l’espace de 400 ans. Dans le calendrier julien, les années bissextiles se trouvaient être celles dont les numéros, comptés à partir de l’ère chrétienne, étaient exactement divisibles par le nombre 4. Les années séculaires, telles que 4460, 4500, 4600, étaient donc toutes des années bissextiles. On décida que l'on continuerait à mettre 366 jours dans les années dont les numéros seraient divisibles par #4; mais que, sur quatre années
séculaires consécutives, il y en aurait trois qui feraient exception à la règle : sur ces quatre années séculaires, la seule qui dut rester bissextile, fut celle dont le numéro se compose d’un nombre de centaines exactement divisible par 4. Ainsi l’année 1600 a dù être bissextile ; 4700 et 1800, ont été des années communes ; 4900 sera également une année commune, 2000 sera bissextile, et ainsi de suite. Par ce moyen, dans l’espace de 400 ans, trois années qui seraient bissextiles dans le calendrier julien, deviennent des années communes ; et par conséquent il ne reste plus que 97 années bissextiles, au lieu de 100.
Le calendrier grégorien fut adopté promptement en France et en Allemagne ; plus tard, l'Angleterre l’adopta à son tour. Maintenant, il est en vigueur chez tous les peuples chrétiens d'Europe, excepté en Russie, où l’on suit encore le calendrier julien. Il résulte de là que les dates de la Russie ne s'accordent pas avec les nôtres. En 1582, la réforme grégorienne établit une différence de 40 jours entre les dates du calendrier julien.et celles du nouveau calendrier ; l'année séculaire 4600 étant restée bissextile dans le calendrier grégorien, cette différence de 40 jours se conserva jusqu’à la fin du xvir siècle ; l’année 1700 ayant été bissextile dans Le calendrier julien, et commune dans le calendrier grégorien, la différence des dates prises dans les deux calendriers fut de 44 jours pendant tout le xvure siècle ; enfin, par la même raison, la différence augmenta d’un jour en 4800, et elle est actuellement de 42 jours. Le jour que l'on appelle en Russie le 5 avril 4853, est en France le 47 avril; le 25 avril de la Russie correspond à notre 7 mai. Pour éviter toute ambiguïté, lorsqu’on cite une date appartenant au calendrier julien, on prend ordinairement le soin d'écrire au-dessous la date qui lui correspond dans le calendrier grégerien. Ainsi, dans les deux exem-
ples qui viennent d’être pris, on dit le 5 avril 4853, le 2 1853. On se sert aussi quelquefois des mots (vieux style}, mis entre parenthèses à la suite de la date julienne que l’on cite, pour qu'on ne puisse la confondre avec une date grégorienne. |
$ 494. La division de l’année en 412 mois, introduite dans le calendrier par Numa, et conservée par Jules César avec quelques modifications dans la longueur des mois, n’a pas cessé d’être en usage jusqu’à nos jours. Les durées inégales des divers mois dont l’année se compose actuellement, sont exactement celles qui ont été adoptées par Jules César, et qui sont indiquées dans le tableau de la page 353. Les mois ont, les uns 30 jours, les autres 314 jours ; il n’y a d'exception que pour le mois de février, qui contient 28 jours dans les années communes, et 29 dans les années bissextiles.
La répartition un peu irrégulière des mois de 30 jours et des mois de 21 jours, dans l’espace d’une année, fait qu’on est quelquefois
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Fig. 247.
embarrassé de savoir de combien de jours se compose tel ou tel mois. Il ne sera peut-être pas inutile d'indiquer le moyen suivant, pour résoudre la question avec la plus grande facilité. On ferme la main gauche, puis, avec l'index de la main droite, on touche successivement les saillies et les creux qui se trouvent à la naissance des quatre doigts, fig. 246 (le pouce est excepté) ; en méme temps , on prononce les noms des différents mois, dans l’ordre dans lequel ils se succèdent. Ainsi, Janvier correspond à la première saillie, février au premier creux, mars à la deuxième saillie, avril au deuxième creux, et ainsi de suite. Arrivé à la dernière Saillie, qui correspond à juillet, on recommence à toucher les saillies et les creux dans le même ordre, tout en continuant la série des mois, fig. 247; et on ne s'arrête que lorsqu'on a épuisé les douze mois.
Tous les mois qui correspondent ainsi aux saillies, sont de 31 jours : les autres, qui correspondent aux creux, ont 30 jours, à l'exception de février, qui en a 28 ou 29 suivant les cas.
8 492. — Il existe, dans les calendriers, une autre division du temps en périodes de sept jours , ou semaines , dont il est bon de dire un mot. La semaine ne sert en aucune manière à l'indication des dates; elle n’a aucun rapport simple, soit avec l'année, soit avec
le mois. Cette période uniforme de sept jours se succède , sans altération aucune , à travers les mois, les années, les siècles, quelles que soient les durées que l’on attribue à ces grandes divisions du temps. Les sept jours de chaque semaine ont chacun un nom spécial ; en sorte que, non-seulement un jour quelconque a une date différente de celle des autres jours, mais en outre il est désigné par un nom particulier, qui indique la place qu’il occupe dans la semaine à laquelle il appartient.
L'origine de la semaine se perd dans la nuit des temps. Voici comment on explique la succéssion des noms attribués aux jours dont elle se compose. Les anciens ne connaissaient que 7 planètes, y compris le soleil et la lune ($ 60); ils les rangeaient dans l’ordre suivant, d’après les durées de leurs révolutions, et aussi d’après leurs distances présumées à la terre :
ÿ Saturne, Jupiter, Mars, le Soleil, Vénus, Mercure, la Lune.
Ce sont les noms de ces planètes qui ont été attribués aux 7 jours de la semaine, mais dans un ordre évidemment très - différent. D’après un usage suivi anciennement en Égypte , chacune des vingtquatre heures de la journée était consacrée à une planète , et l’on donnait à chaque jour le nom de la planète qui correspondait à sa première heure. On prenait successivement les diverses planètes dans l’ordre dans lequel elles viennent d’être inscrites ; et lorsqu'on était arrivé à la Lune , qui termine la liste, on recommençait à Saturne , pour continuer de même. D’après cela , le premier jour devait prendre le nom de Saturne, et c’est de là que vient le mot samedi. La 2 heure de ce premier jour était consacrée à Jupiter, la 3° à Mars... la 7° à la Lune, la 8° à Saturne, la 9° à Jupiter... la 44° à la Lune ,.... la 21° à la Lune , la 22€ à Saturne, la 23° à Jupiter , et enfin la 24° à Mars. La 1"* heure du jour suivant était donc consacrée au Soleil; aussi le lendemain du samedi était-il le jour du soleil. C’est en effet le nom qu'il porte dans certains calendriers, dans le calendrier anglais, par exemple (sunday) ; notre mot dimanche, qui lui a été substitué, vient de dominica dies. La 2€ heure du dimanche étant consacrée à Vénus, la 3° à Mercure, la 4° à la Lune , et ainsi de suite , on voit que la 24° heure du même jour l'était à Mercure; la 4"° heure du lendemain du dimanche était
donc consacrée à la Lune, d’où le nom de lundi , attribué à ce jour. En continuant de la même manière , on voit que le lendemain du lundi a dù prendre le nom de Mars (mardi) ; que le lendemain du mardi a dù prendre celui de Mercure (mercredi) ; que le jour suivant était le jour de Jupiter (jeudi); et qu'enfin le lendemain du jeudi était le jour de Vénus (vendredi). La 24° heure du vendredi se trouvant consacrée à la-Lune, la 1e heure du jour suivant l’était à Saturne ; en sorte que le lendemain du vendredi prenait de nouveau le nom de samedi , et ainsi de suite indéfiniment.