II. Sujet de cet oracle. — Il a un double objet
Le premier est la ruine de l'Idumée : Cette nation sera détruite parce qu'elle a pris parti contre ses frères et s'est alliée avec leurs ennemis (y 1-16).
Le second est la restauration des Juifs (t 17-21) : « La maison de Jacob sera comme un foyer ; celle de « Joseph une flamme ; celle d'Ésaii, une paille ; et les « habitants de cette dernière seront incendiés et « réduits en poudre. C'est en vain qu'on en cherchera « quelques vestiges ; car le Seigneur a parlé.
« Et ceux qui sont au couchant auront la montagne « d'Ésaii pour héritage , et ceux qui sont dans les « vallées posséderont les champs des Philistins ; ils « auront aussi les régions d'Éphraïm et celle de Sa- « marie; et Benjamin sera maître de Galaad.
« Et les restes de l'armée d'Israël, traînés en exil, « occuperont tout le pays de Chanaan jusqu'à Sarepta ; « et ceux des enfants de Jérusalem qu'on aura emme- « nés vers Séphora s'établiront dans les cités de l'Oc- « cident.
« Et alors ceux qui auront délivré la nation sainte « élèveront un tribunal sur la montagne de Sion; ils « jugeront Ésaii, et le Seigneur régnera sur le monde « {i! 18-21). »
ARTICLE II
EXPLICATION d'aBDIAS
Ce livre, malgré sa brièveté, n'est pas sans intérêt. On peut l'étudier au double point de vue de la doctrine et du style.
I. Étude doctrinale. — La fin de cette prophétie est un oracle messianique qui a trouvé son accomplissement dans les conquêtes des Apôtres par la prédication de l'Évangile : « Jpse Salvatori, dit saint Jérôme*, Aposto-
« Comm. in Abd., col. 1116.
366 COURS d'écriture sainte
« los suos^ mundi esse volultsalvatores, qui ascendere spe- « culam montis Fcclesiœ, et déponentes superbiam Juda>- « cam, universorumque montium, qui adversum scientiam a Dei erigebanlur, regnum Deo paraverunt. »
Le même Père a vu dans les Iduméens une belle figure des hérétiques, de leur orgueil et de leur impuissance. « 6/ dtdicimus /listoriam, àit-\V , sequamur « intelligentiam spii ilualem. Licet tibi, o hœretice, ma- (( gnus esse videaris, et contemnas Ecclesiœ paucltatem; « tamen parvus es in gentibus, et contemptihilis, et non « solùm contemptibilis, sed et,., valdè contemptibilis. Su- K perbia cordis tui extulit te. Quis enim hœreticorum non « in superbiam extollitur, Ecclesiœ simplicitatem parvi- « pendens, et fidem imperitiam reputans, habitanlem in « scissuris petrae, et exaltantem solium suum ? Pel7'a « quanquàm fréquenter vel in personà Christi, vel in soU- « ditale ponatur..., tamen et in contrariam partem frc- « quenter accipitur... maximèque hic, abi non dixit, habi- <( tantem super petram, in quâ prudens œdificator domum « suam exstruit ; sed in scissuris petrœ, ut hxreseon à pelrâ « Christo et ab Ecclesiâ significet scissiones. Porrù quod « sequitur : Exaltantem solium suum : Et^ qui dicit in « cordo suo : Quis detrahet me in terram? tumorem (( hœreticœ mentis ostendit, confîdentium. sibi in mi/steriis a et in secretis suis, et quantxim in ipsis est {hyperbolic(' « autem hoc accipere debemus) repromittunt sibi régna « cœlorum. Undè ad hujusce modi homines scribit Aposto- « lus : Jam sine nobis regnatis, atque utinàm regna- '< retis, utetnosvobiscum regnaremus...(ICor.,iv-8.)» « Si exaltati ergà fuennt ut aquila {nàm et ipsi aquilarum (t sibisimilitudinem polliceniur, quœ soient adcaduver Doif. minicum congregari), et si inter média sidéra posueriut K nidum suum, indè detraham eos, dixit Dominus. »
II. Etude littéraire. — Le style d'Abdias, autantqu'on en peut juger par un seul chapitre, se rapproche de celui de Jérémie. On admire la hardiesse de l'expres-
' Lvc. cit., col. 1103.
sion et la vivacité des pensées. L'ode antique n'a rien de comparable au début {\l); cette apparition de l'ange envoyé pour soulever les nations est sublime. Le portrait de l'Idumée, se retranchant vainement dans ses montagnes, et de son orgueil (t 3 et 4) est de la plus grande beauté. On peut donc regretter qu'un plus grand nombre des prophéties d'Abdias ne soient pas arrivées jusqu'à nous.