AGGÉE
« de Salomon, ce ne serait plus le Sanctuaire dont « Aggée avait prédit qu'il verrait l'avènement du « Désiré des nations. Donc ou Aggée s'est trompé ; et « alors pourquoi les Juifs conservent-ils ses prophéties « parmi leurs livres sacrés ? ou'le Désiré des nations « est venu ; et alors pourquoi les Juifs se refusent-ils « à l'adorer' ? »
On objecte que Notre-Seigneur n'est point entré dans le temple bâti par Zorobabel, mais dans celui d'Hérode. La réponse ordinaire est que le temple de Zorobabel ne fut abattu que par parties et que celui d'Hérode, suivant l'estimation commune des hommes, n'en était pas distinct.
Cette réponse a paru peu concluante à M. J. Gapp, et il en propose une nouvelle tirée du texte original et des Septante. Aggée, daprès lui, ne distingua point minutieusement entre premier et second temple, entre temple de Salomon et temple de Zorobabel. Le Prophète ne voit devant lui qu'un seul temple , le temple du vrai Dieu à Jérusalem, et, à la pensée du Messie qui doit l'honorer de sa présence, il s'écrie : « La gloire future (mot à mot postérieure) de cette « maison sera plus grande que la gloire passée. » Tel est, d'après les Septante, le véritable sens de l'hébreu. Il importe donc peu de savoir si le temple rebâti par Hérode était réellement le même que celui de Zorobabel. Ce qui suffit à l'accomplissement de la prophétie et ce qui est certain, c'est que Jésus-Christ, par sa venue, a remué le ciel et la terre et rempli de gloire le temple de Jérusalem *.
Saint Augustin' et saint Justin* ont aussi entendu cette prophétie du second avènement de Notre-Seigneur.
La prophétie relative à Zorobabel (ii, 21-24) est en-
1 Darras, Hitt. de PÉgl., t. III, p. 47o.
- Cfr Revue des teieneet eeclés., septembre 1871, p. 88-91.
^ De eiv. Dei., iib. XVIII, cap. xxxv et xlviii.
' Dialog. eum TrypU.
tendue par les uns du premier, et par les autres du second avènement de Jésus-Christ. « Nos utrumque « suscipimus ^ , dit saint Jérôme, quia et tune regnavit Xi. curn venu, et posteà regnaturus est. »
II. Étude nio7'ale. — Au point de vue du ministère pastoral, les paroles que Dieu fait adresser aux prêtres par Aggée ne doivent pas être passées sous silence : (( Interroga sacerdotes legem (ii, 12). » Le devoir du sacerdoce, dit saint Jérôme 2, est donc d'expliquer la loi : « Si sacerdos est, sciât legem Domini ; si ignorât « legem, ipse se arguit non esse sacerdoiem; sacerdotis « enim est scire legem, et ad interrogationem respondeve (( de lege. » — Les prêtres trouveront dans le premier chapitre de nombreuses raisons pour exhorter les fidèles à bâtir ou à restaurer la maison de Dieu.
III. Étude littéraire. — Le livre d' Aggée n'a rien d'extraordinaire sous le rapport du style. Il est en prose, et il se recommande surtout par le ton de conviction avec lequel il est écrit. « A cette époque, dit « Cellérier^, le génie poétique a disparu ; mais, à son « défaut, l'exhortation véhémente d'Aggée est encore « pleine de sentiment et de puissance. »