Première partie, y 1-21. On peut y distinguer trois strophes
a) y 1-8. Action de grâces après une victoire insigne. David voit en son succès une vengeance exercée par le Seigneur, à qui il attribue la ruine de ses ennemis. — Ô)t9-13. C'est aussi un effet et une manifestation des jugements de Dieu, qui veut par là montrer sa domination universelle et souveraine, relever les espérances des justes et publier sa gloire. — e) i 14-21. Le psalmiste étend sa pensée et demande la ruine non seulement de ses propres ennemis, mais de tous les impies, afin de rendre plus éclatante la justice divine. Sa confiance voit la chose déjà faite, et il décrit l'horreur de la perdition où tombent les méchants.
Deuxième partie, y 22-40. C'est un développement poétique des pensées de la première partie. — a) \ 22-33. David fait la description de l'impiété orgueilleuse, de sa malice, de ses tentatives pour opprimer les faibles. — b) \ 34-40. Il termine par un nouvel appel au jugement de Dieu et à sa protection sur les pauvres.
PSAUiME XV
Conserva me, Domine.
I. Titre. — Le titre porte : Tituli inscriptio {iroy^oypa.ficx) psalmus David. Ce que l'on peut traduire : Psaume de Dacid digne d'être fjravé sur un monument éternel.
II. Caractère prophétiijue de ce psaume. — De l'aveu de Rosenmiiller, les quatre derniers versets (y 8, 9, 10 et H) ont été entendus uniquement et véritablement [unicè et verè) de JésusrChrist par saint Pierre (Act.,ir, 25-29) et par saint Vau\{Ibid.,\ui, 34-37). Ce cantiriuc s'applique donc en entier à Jésns-Christ dans le sens
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propre et littéral : car si les derniers versets ne peuvent convenir qu'à lui, tous les autres lui conviennent aussi. 11 ne convient en aucune manière à David; Jésus-Christ seul y parle, Jésus-Christ seul en est le sujet, le héros et le chantre.
III. Sujet. — On ignore à quelle occasion il fut composé. On conjecture que Dieu l'inspira à David pour le consoler, quand ce prince, chassé de sa patrie, était allé chercher un asile dans les cours étrangères. Le souvenir du Messie promis à ses pères, et exilé, loin du ciel, sa patrie, au milieu des pécheurs, son amour pour ses frères, sa confiance en Dieu, sa mort, sa résurrection, gage assuré de la nôtre: toutes ces pensées, en effet, étaient propres à adoucir le sort de David.
IV. Notes explicatives. — l°Les y 2-5 sont assez obscurs et peu liés dans le latin. Dans l'hébreu, ils forment une antithèse : le psalmiste affirme que toute son affection est pour les élus que Dieu compte en son royaume. Quant à ceux (t .3j qui adorent d'autres dieux , leurs idoles peuvent se multiplier : pour lui, il s'éloignera de leurs assemblées, ne voulant que le Seigneur pour héritage. C'est une allusion soit aux Chananéens, soit aux Israélites qui pratiquaient l'idolâtrie, et une annonce prophétique de l'abrogation du culte mosaïque.
2° La résurrection de Jésus-Christ est prédite dans le t 10 : Quia non derelinques animam meam...nec dabis Sanctum tuum videre corruptionem.
Les rationalistes, afin d'enlever aux chrétiens cette prophétie, traduisent par fosse ou sépulcre l'expression hébraïque que les Septante, longtemps avant Jésus- Christ, avaient rendue par Zi-zrfbopù.'j, en latin corruptionem, perdUionem. L'hébreu a quelquefois le sens de fosse ou sépulcre; mais on ne prouvera jamais qu'il n'a pas celui de ruine et de corruption que les Septante et les Apôtres (.\ct., n et xiii) lui ont donné. La racine même du mot justifie cette traduction : elle signifie perdre, consumer, corrompre, etc. Enfin les Juifs, non
EXPLICATION DES PSAXTMES 81
moins intéressés que les rationalistes à ne pas entendre ces paroles de la résurrection du Messie, étaient si persuadés que tel était le véritable sens de cette expression, qu'ils ne trouvaient rien à répondre aux arguments des Apôtres i^Act., xiii, 33). L'interprétation rationaliste, inconnue jusqu'ici et entachée d'une nouveauté d'autant plus suspecte qu'elle s'attaque à une vérité plus importante, n'est donc pas seulement téméraire, elle est certainement fausse.
PSAUME XVII Diligam te, Domine.
I, Ce psaume, très remarquable au point de vue littéraire, est historique. Le deuxième livre des Rois, ( xxii) où il est reproduit en entier, avec de légères variantes, en assigne la composition aux dernières années de David, lorsque, toutes les guerres terminées, ce prince vit son trône consolidé et son royaume agrandi. C'est donc un cantique d'action de grâces. Les Pères et les anciens interprètes y ont reconnu des rapports avec le Messie, ils vont vu notamment sa victoire sur l'enfer, la réprobation des Juifs et la vocation des Gentils. Saint Paul même iflom., xv. 9^ atrouvé celle-ci prophétisée au verset 50 : Confitebor tibi in nationibus Domine et noinini tuo psalmum dicam.
n. Exposition. 1» Fxonie. v 1-4. — Le psalmiste débute par un cri d'amour et de reconnaissance envers Dieu pour les bienfaits qu'il eu a regus. la protection et le secours qu'il a trouvés auprès de lui.
^2" Corps du cantique, v 5-49. — On peut le diviser en trois parties :
a) La premifre, toute descriptive, célèbre les merveilles de la puissance divine et ses jugements contre ses ennemis i,> 5-18.) On peut y remarquer par quelle gradation d'idées le prophète s élève aux plus sublimes images. C'est du sentiment de ses maux^qu'il part; il
rappelle les dangers qu'il a courus, sa détresse, la profondeur de sa misère, et oppose à ce tableau la protection dont il a été environné. Cette pensée lui sert de transition. David prend de là son essor pour dire comment Dieu a manifesté sa puissance, quels ont été les effets de sa justice. Les images sont empruntées aux souvenirs du Sinaï et du déluge. Les foudres qui éclatèrent dans le ciel, les eaux qui débordèrent sur la terre furentla manifestation et les effetsdes jugements divins, destinés à en inspirer la crainte.
b) Deuxième partie (19-30). Le psalmiste se rappelle sa vie passée et les marques de la bienveillance divine. Il laisse courir sa plume au gré de ses sentiments ; sentiments de paix, au souvenir de sa jeunesse qui a été pure; sentiments de confiance, à la vue des faveurs divines étendues sur lui, puis il exalte la justice rétributive de Dieu qui mesure ses dons selon les dispositions du cœur humain.
c) Dans la troisième partie (31-49), David revient aux sentiments qu'inspirent la puissance et la protection de Dieu, et s'anime de courage pour achever de poursuivre ses ennemis et les ruiner. Par ennemis il entend principalement les peuples idolâtres, qui sont aussi les ennemis de Dieu, car en s'opposant aux Israélites et à David ces nations s'opposent à Dieu même et à la vraie religion. — C'est dans cette partie et dans la deuxième que le psaume convient à Jésus-Christ. Lui seul a pu dire qu'il a mérité la protection singulière de Dieu par la sainteté de sa vie; que sa conduite a été pure, digne d'attirer les complaisances du Seigneur. De lui aussi on peut dire avec vérité que ses ténèbres, c'est-à-dire ses humiliations, sont devenues glorieuses; que ses pieds ont été affermis, son royaume étendu; que les peuples étrangers se sont assujettis à sa domination. (Cfr Dellarmin^ Bellenger...)
3" Conclusion (^ 50-54). — C'est une nouvelle action de grâces. Le cantique se termine par une prophétie de
la perpétuité du royaume de David en sa ra^e, en Jésus-Christ.